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Et si… Eddie Jones avait été nommé sélectionneur du XV de France en 2015 ?
Et si Eddie Jones était devenu sélectionneur du XV de France ?
Que se serait-il passé si l’Australien avait succédé à Philippe Saint-André à la tête des Bleus ? Retour vers le futur.

Nous sommes le 17 octobre 2015. Humilié par les All Blacks, le XV de France est éliminé de la Coupe du monde, et sort de la compétition par la (très) petite porte. Abattu, Pierre Camou noie son chagrin au bar de l’hôtel en enchaînant les diabolos grenadine. C’est alors qu’il reçoit un coup de fil. Oh put**, c’est Guy ! Le nom de Novès a fuité dans la presse depuis plusieurs semaines. C’est lui qui doit succéder à PSA pour redorer le blason du rugby français. “Salut Pierre. Bon, écoute, faut que je te parle…” La vérité ? Après quelques bières descendues au Ministère, le Toulousain rencontre une diseuse de bonne aventure place du Capitole. Elle lui révèle le pire : sa réputation sera à jamais bafouée par “un chauve à lunettes” s’il accepte le poste de sélectionneur. Novès ne comprend pas : Sergio Parisse n’est pas sélectionnable avec les Bleus, Antoine Burban est toujours blessé et Yannick Bru ne porte pas de lunettes… Mais face aux menaces, il préfère faire marche arrière pour prendre une retraite bien méritée.

Pour Camou, c’est un vrai coup dur : le plan TSG - Tout Sauf Galthié - n’a fonctionné que parce que Novès avait enfin accepté de prendre les rênes. Seuls Jean-Pierre Elissalde et Pierre Berbizier sont sur le marché… Sondé, Jake White refuse de lâcher son contrat mirobolant avec le MHR, mais confie au président de la FFR : “vous devriez appeler Eddie Jones. Il est libre depuis son départ du Japon.” L’Australien monte à Paris (enfin, Marcoussis, mais c’est presque pareil) et Camou le séduit, au nez et à la barbe de la fédé anglaise... Jones accepte de devenir le nouveau sélectionneur du XV de France.

Saison 2015/2016 : Les Invincibles et Super Chouly...

D’entrée, l’Australien s’entoure d’hommes et d’anciens joueurs qu’il connaît bien. Marc Dal Maso est nommé entraîneur de la mêlée, et Steve Borthwick arrive pour la touche : une formule qui a déjà été éprouvée avec les Brave Blossoms. Pour les ¾, c’est Stephen Larkham, côtoyé chez les Wallabies, qui arrive. Enfin, Percy Montgomery s’occupera du jeu au pied. Un staff très “anglo-saxon”, qui ne plaît guère au public français. Sur la page Facebook du Rugbynistère, le CM doit régulièrement faire le ménage et gérer les nombreuses insultes… On réclame même le retour de Philippe Saint-André, “parce que lui au moin, il é franssé !

Mais très vite, le vent tourne, à la faveur de résultats probants dans le Tournoi des 6 Nations 2016. Avec une charnière Paillaugue - Lopez et un Maxime Médard XXL à l’arrière, les Bleus passent 50 points à l’Italie, avant de dominer l’Irlande grâce à un doublé de Teddy Thomas. De retour en sélection et enfin épargné par les blessures, le Racingman est notamment préféré à Virimi Vakatawa, laissé à disposition de France 7 malgré le forcing de la FFR. “Et pourquoi pas prendre Yoann Huget pendant que vous y êtes ? Ils sont fous ces Français,” en rigole Jones sur le plateau de Stade 2.

La révolution s’opère aussi en cuisine. En bon Australien, Eddie Jones impose de mettre de la vegemite © dans tous les plats. Uini Atonio arrête de manger, perd 20 kilos et déloge Rabah Slimani du XV de départ. Mais le joueur qui symbolise le renouveau tricolore s’appelle Damien Chouly. Préféré à Guilhem Guirado pour le poste de capitaine, le Clermontois est totalement réhabilité sous l’ère Jones. A Cardiff, pour le 3ème match du 6 Nations, il vole un nombre incalculable de ballons dans l’alignement gallois, et les Bleus s’imposent à la dernière seconde sur un essai de Djibril Camara, qui récidive la semaine suivante contre l’Ecosse. Le dernier match face à l’Angleterre est celui du Grand Chelem. Le XV de la Rose - entraîné par Nick Mallett - arrive avec des ambitions mais le Sud-Africain ne sait pas comment canaliser ses hommes. Hartley et Haskell sont expulsés. Réduits à 13, les Soldats de Sa Majesté sont battus 21 à 9. La France remporte le Tournoi et les Bleus gagnent un surnom : les Invincibles.

Saison 2016/2017 : Premiers couacs et arrivée de Laporte

La tournée en Argentine a permis de découvrir plusieurs nouveaux joueurs, comme Kevin Gourdon et Baptiste Serin. Et à l’automne, Jones appelle pour la première fois Lamerat, Ollivon ou Fofana, blessés l’année précédente. Battre les Samoa à Toulouse est une formalité. Avant d’affronter l’Australie, le sélectionneur intègre Matt Giteau au staff : le Toulonnais fait travailler les skills, et ça paie. Face à Israel Folau, Maxime Médard réalise le match de sa vie, et son triplé met les Wallabies au tapis. Le Midol le compare à Serge Blanco, Matthieu Lartot déclare qu’il n’a jamais vu un n°15 aussi courageux et la Boucherie Ovalie délaisse Lionel Beauxis pour en faire sa nouvelle coqueluche. Mais même Médard ne peut rien face aux All Blacks, et la France subit sa première défaite sous l’ère Jones.

Dans le même temps, Bernard Laporte a accédé à la présidence de la FFR… Le jour de son intronisation, il assure : “le staff obtient des résultats, il n’est donc pas en danger.” Mais ne peut s’empêcher de remarquer : “déjà qu’on a des étrangers dans l’équipe. Si en plus les coachs de l’équipe de France ne viennent pas de chez nous, comment va-t-on faire rêver le rugby amateur ?” Ambiance...

Le Tournoi 2017 débute par un déplacement en Angleterre. Accueillis comme il se doit à Twickenham, les Tricolores sont concassés et connaissent une deuxième défaite consécutive. En 3ème mi-temps, Louis Picamoles échange des coups avec Steve Borthwick, l’accusant d’être un espion envoyé par la Fédération anglaise. “Le groupe vit bien”, assure Jones en conférence de presse, mais le n°8 de Northampton, victime d’une fracture de la pommette pendant la bagarre © est indisponible jusqu’à la fin du Tournoi. Face à l’Ecosse, le sélectionneur crée la sensation en titularisant… Christopher Tolofua en n°8. “Tolo m’impressionne. Ballon en main, il allie puissance et mobilité. Il a tout pour devenir un 3ème-ligne centre d’envergure internationale. Et comme ses lancers ne s’améliorent pas...” La France bat largement l’Ecosse, et les joueurs du XV du Chardon sortent Rue Princesse à Paris sans l’autorisation de Vern Cotter. Stuart Hogg tombe sur la table de chevet et Finn Russell donne un coup de tête à un lampadaire…

Lancée sur la trace de l’Angleterre, la France s’impose en Irlande grâce à un match monstrueux de Tolofua face à un CJ Stander complètement dépassé. En Italie, l’équipe repart même avec un bonus offensif. Lors du dernier match, la France bat le Pays de Galles après… 100 minutes de jeu grâce à un Uini Atonio monstrueux en mêlée. C’est déjà la deuxième victoire de suite dans le Tournoi ! Un coup dur pour Laporte, qui pensait profiter d’un faux-pas tricolore pour se débarrasser de Jones, dont la cote de popularité n’a jamais été aussi haute. Sur la plage, les slips kangourous font fureur et les enfants réclament tous un boomerang à leurs parents pour remplacer le fameux hand-spinner.

Saison 2017/2018 : un air de déjà-vu

La tournée estivale en Afrique du Sud a laissé des traces. Battus deux fois en trois matchs par les Boks, les Bleus doutent au moment de retrouver les All Blacks au Stade de France. Surtout, les méthodes de l’Australien étonnent : lors d’un entraînement de judo, Benoit Paillaugue se casse le tibia : titulaire du poste depuis deux ans, le Montpelliérain a déjà fini sa saison. Guilhem Guirado et Wesley Fofana attrapent une pneumonie en s’essayant au surf à la base de loisirs d’Etampes… en plein mois de novembre. Quant à Damien Chouly, il se perce le tympan lors d’un concert de didgeridoo organisé par le sélectionneur dans le but de déstresser son groupe. Suppléés par Antoine Dupont, Camille Chat, Damian Penaud et Yacouba Camara, les cadres manquent trop aux Bleus, qui s’inclinent une nouvelle fois face aux Blacks. Au micro de Clémentine Sarlat, Laporte prévient : “si on ne gagne pas les trois prochains matchs, Jones ira faire un tour à pôle emploi.

Las, les Bleus s’imposent à Lyon face aux Blacks bis grâce un doublé de Gabriel Lacroix. Djibril Camara écarté depuis l’affaire du passeport, le Rochelais connaît sa première sélection le samedi suivant, contre l’Afrique du Sud. Mais en coulisses, le match s’est déjà joué. Désireux d’écarter Jones, Bernard Laporte passe un accord avec la SARU : la France perd cette rencontre… et l’organisation du Mondial 2023 revient aux Sud-Africains. Le jour J, plusieurs Tricolores sont pris de violentes diarrhées, et subissent face aux Boks, quatre-vingt minutes durant. Le plan fonctionne, avec une défaite 18 à 0. La semaine suivante, le piège tendu par les Japonais est efficace, et la France ne fait pas mieux qu’un match nul à Lille. (parce que oui, dans ce monde parallèle, les tennismen français ne vont pas en finale de la Coupe Davis). Le lendemain, L’Equipe titre “Le retour de la crise” et les médias français s’en prennent à Jones, pourtant présenté comme le sauveur quelques semaines auparavant.

À la veille de Noël, le couperet tombe : Eddie Jones s’en va, son staff avec lui. Seul Matt Giteau est conservé, “parce que Matt, c’est comme mon fils” explique Laporte. Qui pour le remplacer ? Le favori se nomme Guy Novès, mais très vite, le président de la FFR fait comprendre qu’il ne choisira jamais son ancien rival. Curieusement, les techniciens sont nombreux à vouloir le poste : le XV de France, certes bancal à l’automne, reste sur deux victoires dans le 6 Nations et faire gagner les Bleus n’a rien de la mission impossible qui entacherait un CV. Avec Jacques Brunel pour les avants, et Giteau pour les arrières, le nouveau manager sera finalement Fabien Galthié. Pierre Camou se ressert un diabolo grenadine. Et le public français retient son souffle...

Shinichi Kudo
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  • spir
    17561 points
  • il y a 1 an

Je suis pas sûr de préférer cet autre monde où, à partir de 2018, on doit se taper la purge Galthié !
Je croise les doigts et prends RV avec mon marabout préféré.
Help ! We need somebody, help !

Enfin un monde merveilleux où il n'a pas été question de nombre de matchs, de Top 14, de trop d'étrangers dans le Top 14, de formation à la Française, de French Flair, de French Chatte, du jeu au pied défaillant, de M. Altrad, de M. Boudjellal... Par contre, on a pas échappé à Bernie, mais en fait, qui le pourrait ?

Bernie a bien dû y penser ?
Un étranger sans attaches
le parfait fusible !
Ceci dit cela serait peut-être une solution pour éviter tous les copinages !
Maintenant il y a des entraîneurs Français qui en ont les capacités !

  • spir
    17561 points
  • il y a 1 an
@Reminane

des - noms !

Super docu fiction. J'en suis rarement fan mais là c'est très bien vu et vraiment pas si irréaliste !

  • spir
    17561 points
  • il y a 1 an
@Marc Lièvre Entremont

...surtout la fin, malheureusement ?!
(et les boomerangs, bleu-blanc-rouge, on peut faire confiance aux marchands)

Marrant comment un article-parodie semble pourtant tellement plausible.

Ce qui est moins marrant, c'est ça:
- Eddie Jones à la veille de 2016, c'est une victoire contre les Boks en CdM et une année parfaite avec les Anglais qui suit.
- Novès, c'est l'échec total depuis plusieurs saisons à Toulouse....en Top 14. Et puis deux années pourries au niveau inter dont la plus grande victoire sera un match de tournée estivale isolé et assez accidentel.
Lequel des deux ?... hmmm...............

Si que c'était moi que j'écrivasse des articles, j'y aurais fait plus réaliste et crédible comme :
"UN FRANÇAIS À LA TÊTE DES ALL BLACKS
Sollicité pour prendre la présidence de la FFR après l'incarcération de Bernie Lamagouille le Français Jacquot Dupoil-Soulenet a finalement cédé aux chants des sirènes de la NZRU pour prendre la tête de la sélection nationale après sa cuisante défaite contre Malte. Le technicien français amènera avec lui sa propre équipe de spécialistes :
Thomas sera chargé de faire travailler les passes, (mais Beauxis garde les chistéras), Slimani les liaisons en mêlée, Machenaud la vitesse d'éjection (c'est un éjecteur précoce), Vakatawa les prises de ballons hauts, Guirado la prise d'intervalle après plaquage offensif. Enfin le travail sur lampadaire et table de nuit sera supervisé par Palis et Bastareaud".
Nul doute qu'avec cette fine équipe les All Blacks retrouveront vite leur lustre d'antan".
Ça c'est du journalisme coco !

  • spir
    17561 points
  • il y a 1 an
@lelinzhou

"Machenaud la vitesse d'éjection (c'est un éjecteur précoce),"

Méchante, celle-là ! 😉

"la Boucherie Ovalie délaisse Lionel Beauxis pour en faire sa nouvelle coqueluche"
C'est là qu'on voit que ça tient pas la route votre projection parce que ça risque pas d'arriver.

  • spir
    17561 points
  • il y a 1 an
@Pataquès

"la Boucherie Ovalie délaisse Lionel Beauxis pour en faire sa nouvelle coqueluche"

Ouais, *ça* c pas crédib ! Y zécrivent n'importe naouak, ces journaliss !

Je sais pas ce que vous prenez, mais il vous en reste ? 😀

@Alain Roulant

ben là je pense qu'ils ont dû tout prendre.....

Excellent !
Et presque réaliste.
Seule la phrase "Marcoussis ressemble un peu à Paris" relève de la véritable science-fiction. 😉

@Flanquart St Lazare

Le couplet sur Chouly me parait encore moins réaliste

  • Flowy
    9526 points
  • il y a 1 an
@Richard l'Escroc

Pourtant avec Jones, Chouly aurait été élu meilleur joueur IRB du monde Auvergnat de la France 2015, 2016, 2017 et 2018 dépassant Carter et McCaw.
True story

  • Dodow
    6247 points
  • il y a 1 an

Galthié entraîneur, c'est dans ces moments là qu'on se dit qu'on l'a échappé belle.

Vous imaginez les interview d'après match ? "Hein ? Pardon ? Désolé j'écoutais pas !".... à part s'il est interviewé par Nelson Monfort ça peut être marrant.

Désopilant ! On attend impatiemment la suite de ces fictions : Et si... le moustachu avait été nommé au XV de la rose en 2015 ?

SHINICHI KUDO.... C'est l'anagramme de "retour vers le futur" en haut landais?

Faut retirer les doigts de la prise ce n'est pas bon pour toi, mais ça nous fait bien rire quand même. Toutefois baisse un peu le l'ampèrage tu vas finir par y laisser ta santé.

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