Ecrit par vous !
AFRICA GOLD CUP : le Maroc (très) proche de l'exploit face au Kenya
Échos d’Afrique : le Maroc proche de l’exploit contre le Kenya en Africa Gold Cup, tournoi de qualification à la Coupe du monde 2019. Photo : Quentin Didier
En cette fin d’après-midi du samedi 23 Juin, la seconde journée de l’Africa Gold Cup prend fin avec un Maroc – Kenya qui, sur le papier, semble déséquilibré.

Les Lions de l’Atlas font figure de « petits » de la compétition en leur qualité de promu. Lors de la journée précédente, ils ont cependant sérieusement accroché les Sables du Zimbabwe, en revenant d’Harare avec un match nul (23 à 23). Les Simbas kényans ont déjà une solide réputation sur la planète ovale, en particulier grâce aux excellents résultats de leur équipe à 7. Ils font figure d’outsider le plus sérieux pour les Namibiens, qualifiés pour les dernières Coupes du monde et qui ont - le jour même - atomisé la Tunisie 118 à 0.

VIDEO. Rugby Africa Gold Cup. La Namibie atomise la Tunisie et entrevoit la Coupe du monde

Aux alentours de 15h, les Marocains arrivent au stade. Les visages sont fermés, les joueurs silencieux. Ils sont dans leur match alors que les tribunes sont encore vides. Dans la pénombre du vestiaire, trois beaux bébés accrochent avec du sparadrap le drapeau rouge à étoile verte du royaume du Maroc.

« - Les mecs, il est à l’envers.

- Ha merde ! »

Même ce cocasse petit incident n’arrache que de timides sourires. La concentration est déjà là, l’évènement est pris très au sérieux. 

Deux salles, deux ambiances

Quelques minutes plus tard, les Simbas débarquent. Deux salles, deux ambiances. Haut parleur sur l’épaule, grosses basses de reggae kényan bien grasses, combo tongs chaussettes, les Kényans prennent possession de leur vestiaire. Légèreté ? Excès de confiance ? Non, rien de tout cela, c’est juste un comportement normal : détendus jusqu’à ce que les choses sérieuses commencent. D’autant plus que l’échauffement est huilé, studieux, et même impressionnant tant les gabarits sont imposants.

Au moment du toss, Hocine Arabat, capitaine du Maroc, qui est déjà un colosse rend une tête et quelques kilos au capitaine du Kenya, Davis Chenge, alors qu’ils jouent au même poste de n°8.

Tri-Nations du Maghreb - Hocine Arabat (Maroc) : ''L'appétit vient en mangeant''

Au coup d’envoi, malgré les cinq nouveaux capés du côté des Kényans, ce sont eux qui frappent les premiers avec un essai de l’excellent arrière Biko Adema qui s’engouffre dans un trou pour filer derrière la ligne de craie. A ce moment là, au vu de la vitesse, de la fluidité, de la facilité et de la précision des Simbas, on imagine déjà un scénario à la France / Nouvelle-Zélande pour les Marocains.

Sauf que cette équipe du Maroc a un mental solide et un collectif solidaire, et petit à petit, les Marocains reviennent dans la partie avec leurs armes et grâce à la performance des avants. Ils gagnent systématiquement les mêlées, mettent au supplice leurs adversaires sur des groupés très pénétrant, et perturbent les lancements en touche malgré les double-mètres kényans. A la mi-temps, le Maroc mène 10 à 7 grâce à deux essais. Les Lions pourront néanmoins regretter les points laissés en route sur des fautes techniques qui annihilent au moins deux autres essais. Ce sont les fameux petits détails du haut niveau.

La révolte kényane

En seconde période, les Marocains repartent sur le même rythme, celui qui leur convient bien, des touches suivies de mêlées, et des mêlées suivies de touches. Ils marquent alors un nouvel essai pour porter le score à 17 à 7. Mais ce troisème essai a la vertu (ou le malheur, selon les points de vu) de réveiller les Kényans qui profitent alors d’un trou d’air physique des locaux. La défense est moins agressive, le Kenya se remet à jouer, est plus précis, conserve la gonfle, et accélère vers les extérieurs. A l’heure de jeu, il marque un doublé, et la révolte du Maroc tarde à venir. Le score est alors de 21 à 17.

Le Kenya inscrit même son ultime essai pour mener 28 à 17. On pense alors que les jeux sont faits, mais les Lions ont un mental d’acier et reviennent dans la partie avec un bel essai, l’essai de l’espoir. A 28 – 24, avec 10 minutes à jouer, tout est encore possible. Les Lions poussent, marquent même l’essai de la gagne qui est très justement refusé pour une passe en-avant dans le dernier geste.

Fin du match, les Kényans lèvent les bras au ciel, mais restent mesurés dans leurs célébrations. Ils ont dû s’employer, ont eu chaud, et y ont laissé pas mal d’énergie. Dans les deux camps, les joueurs sont lessivés. La solidarité marocaine s’affiche encore avec l’équipe qui se regroupe dès la fin du match, se serre et se parle. Une belle manifestation d’un groupe qui visiblement « vit bien ».

Pas encore l'élimination... mais le maintien dans la ligne de mire

Pour leur entrée dans la compétition, le Kenya est passé à deux doigts d’une désillusion qui aurait hypothéqué leurs chances d’aller au Japon en 2019. Prochain examen de passage à domicile samedi 30 Juin contre le Zimbabwe. Quand au Maroc, ils engrangent de précieux points qui compteront assurément pour le maintien en Gold Cup. Ils ne sont pas mathématiquement éliminés, mais seul un exploit complètement fou et des circonstances favorables pourraient leur permettre d’espérer. Un exploit qui doit commencer par une victoire contre la Namibie ce samedi 30 Juin à Casablanca.

A Casablanca, le 23/06/2018

Score final : Maroc 24 – 28 Kenya

mi-temps : Maroc 10 – 07 Kenya

Terrain du COC rugby, temps gris, 25°, pelouse souple.

Découvrez le résumé vidéo : 

Crédit vidéo : Rugby Afrique

Quentin Didier
Quentin Didier
Cet article est rédigé par Quentin Didier, un grand merci pour sa contribution ! Vous pouvez proposer des textes de deux manières :
  • Racontez-nous la vie de votre club en devenant référent Rugbynistère pour votre équipe : cliquez ici.
  • Ecrivez sur le sujet de votre choix en devenant contributeur au Rugbynistère, pour ce faire contactez-nous !
Vous devez être connecté pour pouvoir participer aux commentaires

ça fait du bien d'avoir des news des autres sélections nationales. Les résultats permettent aussi de voir que, si l'écart avec les 12-13 premiers du classement IRB semble encore trop important, d'autres pays commencent à se développer à vitesse grand V : Allemagne, Belgique, Espagne, Kenya, Maroc, Hong Kong, Philippines pour ne citer qu'eux.

Derniers articles

News
News
Vidéos
News
News
News
News
News
Vidéos
News
News