Coupe du monde - Uruguay. La mystérieuse retraite internationale de Rodrigo Capo Ortega

Coupe du monde - Uruguay. La mystérieuse retraite internationale de Rodrigo Capo Ortega
La mystérieuse retraite internationale de Rodrigo Capo Ortega.
Le Castrais Rodrigo Capo Ortega se faisait une joie de participer à la Coupe du monde en Angleterre. Sa récente défection soulève de nombreuses interrogations. Le 20 septembre prochain l’Uruguay débutera sa Coupe du monde avec un match face au Pays de Galles. Une entrée en matière relevée pour les Sud-américains à l’image des quatre autres matchs de poules qui les attendent. Sans vouloir manquer de respect aux Teros, ils ne devraient pas peser lourd contre l’Angleterre ou encore l’Australie. Il faut dire que la très grande majorité du groupe est amateure. Seuls quelques éléments possèdent une plus grande expérience à l’instar de Rodrigo Capo Ortega. Le deuxième ligne est une des pierres angulaires de la sélection uruguayenne, et son apport sera indéniable lors des rencontres. Sauf que le Castrais a soudainement annoncé qu’il ne participerait pas au mondial et ce, pour des raisons personnelles. Avant lui, l'Anglais David Strettle avait également choisi de tirer un trait sur le XV de la Rose pour se concentrer sur son nouveau club, l'ASM.Coupe du monde - Uruguay. La mystérieuse retraite internationale de Rodrigo Capo OrtegaCoupe du monde - Angleterre. David Strettle renonce au mondial au profit de l'ASM

Capo Ortega a-t-il subi des pressions de la part de son club ?

Prendre sa retraite internationale à 34 ans n’a rien de surprenant. Mais on ne peut s’empêcher de rester dubitatif face à ce choix alors que Capo Ortega avait récemment montré un grand enthousiasme à l’idée d’affronter la crème du rugby mondial en Angleterre. À l’heure actuelle, difficile d’en savoir plus. Sa fédération n’a pas eu de nouvelles depuis deux semaines. « A chaque fois que nous avons parlé avec lui, il n’a cessé de dire qu’il était impatient de jouer et qu’il voulait jouer », confie un représentant de la fédé uruguayenne au Telegraph. Selon un porte-parole de son club, « ce n’est pas à cause de Castres. C’est une décision personnelle ». Le site anglais fait cependant le rapprochement avec les récentes déclarations du Samoan Dan Leo. Il y a quelques semaines, l’international a en effet révélé que certains clubs (notamment du Top 14) exerçaient régulièrement des pressions pour que leurs joueurs représentant les nations du Pacifique tirent un trait sur leur sélection nationale sous peine de voir leur salaire baisser sérieusement. Ce ne serait pas le cas avec Capo Ortega d’après le Castres olympique. D'autres raisons peuvent expliquer cette décision comme le fait que sa femme soit enceinte ou bien qu'il ait subi plusieurs commotions cérébrales récemment.Coupe du monde - Uruguay. La mystérieuse retraite internationale de Rodrigo Capo OrtegaDan Leo balance : les joueurs du Pacifique forcés d'arrêter leurs carrières internationales par leurs clubs

Les nations mineures, dernière roue du carrosse

Malgré tout le doute demeure et il n’a guère un effet positif sur l’image de la Coupe du monde. L’absence de Rodrigo Capo Ortega ne changera pas la donne pour l’Uruguay, amené à perdre une partie voire tous ses matchs de poule. Mais si on considère que la Coupe du monde doit permettre aux meilleurs joueurs de s’affronter, il faut que chaque pays dispose de ses cadres pour avoir non seulement sa chance, mais aussi pour inspirer les prochaines générations et faire de ce mondial une grande compétition. À l’heure actuelle, l’article 9 du règlement de World Rugby oblige les clubs à libérer leurs internationaux. L’instance internationale peut agir s’il n’est pas respecté, mais seulement dans le cas où le ou les joueurs se sont plaints. Ce que peu font sous peine de représailles de la part d'un employeur qui veille sur ses intérêts.

Toujours est-il que ce sont les nations mineures du rugby mondial qui en pâtissent une fois de plus. Si World Rugby est fière de ses 74 millions d’aide sur quatre ans, elle pourrait faire plus alors que Coupe du monde en Angleterre devrait remporter plus de 200 millions d’euros. Le président du syndicat des joueurs Rob Nichol propose ainsi de reverser une partie de cette somme aux petits pays comme elle le fait avec les gros (10 millions par pays). Ce qui pourrait notamment leur permettre de payer leurs joueurs. Mais ce n’est pas le seul problème : on pense également au temps de récupération inégal entre les matchs durant le mondial ou encore à la règle qui permet aux nations majeures de « piller » certains pays.