Leigh Halfpenny raccroche. L’ancien arrière du Pays de Galles et des Lions britanniques a annoncé qu’il mettrait fin à sa carrière professionnelle à l’issue de la saison, à 37 ans, après près de deux décennies passées à traverser le rugby européen avec son casque, son pied droit et cette discrétion presque désarmante.
Halfpenny, c'est au total 101 sélections avec le pays de Galles et 801 points marqués, mais aussi 4 tests avec les Lions Britanniques, 2 Tournois des 6 Nations, un Grand Chelem et une place parmi les plus grands buteurs de son époque.
Mais au moment de refermer le livre, une statistique nous revient en tête. Une de celles qu’on avait presque oubliées, tant le profil du Gallois a évolué avec les années. Avant d’être ce métronome face aux perches, ce numéro 15 ultra-sûr, ce joueur propre au point d’en devenir parfois presque ordinaire, l’enfant de Swansea était aussi une fusée. Une vraie.
Plus rapide que Bolt au démarrage
En octobre 2010, alors qu’il n’avait que 21 ans et vivait seulement sa 2ème saison internationale, Halfpenny avait été chronométré en 1,56 seconde sur 10 mètres, lors d’un stage avec le pays de Galles. Soit un temps plus rapide 27 centièmes que celui d’Usain Bolt lors du démarrage de son record du monde 100m en 2009 à Berlin.
Sur la phase de poussée pure, Halfpenny était donc capable de battre les meilleurs sprinteurs mondiaux, là où d'autres rugbymen comme Caleb Clarke (1,57 seconde) ou Ange Capuozzo (1,62 seconde) ont également su le faire lors de l'exercice de sprints organisé par World Rugby en 2022.
Une donnée qui raconte quelque chose de très vrai sur le Leigh Halfpenny du début des années 2010 : avant de devenir le symbole du jeu au pied gallois, il était vu comme l’un des joueurs les plus explosifs du pays, dans une génération où il fallait pourtant exister à côté de Shane Williams, Tom Prydie ou George North.
Un passage à Toulon contrasté
Ce n’est pas un hasard si les Lions l’avaient embarqué très jeune. Halfpenny avait seulement 20 ans lors de la tournée 2009 en Afrique du Sud, même s’il avait dû composer avec les blessures, avant d'être élu joueur de la séries de tests de 2013 en Australie. Preuve qu'à son prime,il n’était pas seulement un pied fiable, mais plus largement un joueur complet dans son registre.
Puis le rugby a fait son œuvre. Les blessures, notamment au genou, la prise de masse, l’évolution du poste d’arrière et celle de son propre jeu ont peu à peu transformé le joueur. Le Halfpenny supersonique des débuts est devenu un Halfpenny de contrôle. Moins d’étincelles balle en main, moins de vitesse, mais une sûreté rare sous les ballons hauts, une vraie fiabilité défensive et cette capacité presque mécanique à sanctionner la moindre faute adverse.
40 essais en 69 matchs : où se situe Gaël Dréan dans l’histoire des marqueurs du RCT ?C’est aussi ce profil qui avait séduit le grand Toulon de Mourad Boudjellal et Bernard Laporte en 2014, pour remplacer Jonny Wilkinson dans le rôle de buteur. Sur la Rade, pourtant, son passage restera pas éternel, avec un dernier épisode qui fit grincer des dents son président : son forfait pour la finale de Top 14 2017, puisque réquisitionné par les Lions pour la tournée en Nouvelle-Zélande.
Avant de rejoindre les Scarlets, d'enchaîner blessures et retours, et de terminer sa carrière dans un certain anonymat, vu de France.
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