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Toulouse "à un joueur du forfait" ? Mola se confie sur les galères du Stade

Mola l'admet : Toulouse ne fait pas tout bien en ce moment. Mais il rappelle aussi ce que le club a fait l'an passé dans les mêmes conditions.

Thibault Perrin 04/04/2026 à 13h45
Toulouse était à un joueur du forfait avant d'aller gagner au Stade Français. Crédit image : Canal +
Toulouse était à un joueur du forfait avant d'aller gagner au Stade Français. Crédit image : Canal +

Si le Stade Toulousain peut se targuer d'avoir l'un des plus beaux effectifs de club au monde. Il n'est pas pour autant à l'abri de tuiles. Avoir autant d'internationaux dans son groupe, c'est aussi devoir jongler avec leurs absences et leur état de forme. Sans parler des blessures qui n'épargne personne. On pourrait croire le triple champion de France habitué. Mais chaque saison est différente. Et avec elle, son lot d'incertitudes, de questions et parfois de galères.

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Comme après chaque Tournoi, on sait que Toulouse doit gérer l'équation des retours d'internationaux. On ne savait pas à quel point la situation avait frôlé le chaos la saison passée. Interrogé par le Midi Olympique à l'orée du 8e de finale de Champions Cup face à Bristol, Ugo Mola a lâché une anecdote qui en dit long.

Pour vous donner un ordre d’idées, et ce n’est pas pour se plaindre, on avait préparé le déplacement au Stade français avec onze joueurs professionnels. Nous étions à un joueur du forfait.

Avant le déplacement au Stade Français le 20 avril 2025 dans le cadre de la 21e du Top 14, le staff toulousain n'avait que onze joueurs professionnels disponibles. Jérôme Cazalbou avait déjà contacté Éric Bayle pour préparer le programme de remplacement du dimanche soir. Toulouse était à un joueur du forfait, pour reprendre les mots du technicien. Le club a tenu. Et a même gagné, 21-27 à Jean-Bouin.

Onze joueurs pros pour jouer un match de Top 14

En avril 2025, le 6 Nations venait de se terminer. De Ramos à Kinghorn en passant par Capuozzo, Toulouse avait libéré une grosse partie de son groupe pour les sélections. Ces joueurs rentrent fatigués, parfois blessés comme Dupont, toujours décalés physiquement. Mola le dit sans détour : "Ça représentait plus d'une quinzaine de joueurs pour nous." Les règles prévoient un délai de réintégration. Tandis que le médical impose souvent plusieurs jours de bilan avant toute reprise compétitive.

Résultat : entre les absents sur blessure, les internationaux non disponibles et les jeunes pas encore prêts, le contingent utilisable fond très vite. La feuille de match confirme l'étendue du 'bricolage' : Naoto Saito à la mêlée, Matias Remue à l'arrière, Léo Banos en flanker. Une compo loin d'être ridicule cela dit puisqu'il y avait tout de même Mauvaka au talon ou encore Chocobares, Lebel ou encore Mallai en 10.

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"On sait qu'on a ce sas de quinze jours, un mois"

"Derrière, on sait qu'on a ce sas de quinze jours, un mois, avant de retrouver une forme de cohésion et d'expérience collective afin de nous permettre de jouer des matchs couperets. Malheureusement, les matchs couperets tombent là." Cette année encore, le Stade n'est pas épargné. Le calendrier ne laisse aucune marge. Les internationaux reviennent du Tournoi 2026, le staff tente de les remettre en jambes, et la Champions Cup frappe à la porte sans attendre. "On va essayer de gagner du temps avec certains, d'en ménager d'autres", confie-t-il. Ce n'est pas un aveu de faiblesse. C'est une gestion des hommes assumée avec son lot de certitudes, et de questions sur l'avenir.

Toulouse toujours dans l'apprentissage

Si le Stade continue de dominer les débats en TOP 14 et de jouer les premiers rôles en Champions Cup, il n'a pas la science infuse pour autant. "Aujourd'hui, on ne fait pas tout bien. Il y en a qui nous le rappellent. Mais on essaie de se concentrer sur notre capacité à former et à remettre en scène nos joueurs internationaux." Toulouse est conscient de ses lacunes actuelles et ne cherche pas à les masquer.

"Pour gagner des matchs couperets, tu es obligé d'avoir tes gros joueurs. Ou, en tout cas, tu as envie d'avoir tes gros joueurs à leur niveau, chose qu'on n'a pas réussi à faire certaines fois." Sous-entendu : certains ne seront peut-être pas au maximum samedi. Ce n'est pas une excuse. C'est le contexte dans lequel les Rouge et Noir vont jouer leur 8e de finale. Voire un quart qui s'annonce très relevé la semaine prochaine en cas de victoire sur les Bears.

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La résilience toulousaine, un marqueur identitaire

Mola ne se plaint pas. Il constate. Et rappelle que la saison passée, dans ces mêmes conditions dégradées, Toulouse a quand même remporté le titre. "L'année dernière aussi, ils avaient gagné et ça ne nous avait pas empêchés de remporter un titre, aussi." Avant de conclure : "J'espère que ça va continuer et qu'on aura la chance de jouer un tour de plus." Comme souvent, Toulouse ne promet rien malgré ses énormes ambitions. Il essaie juste de faire tourner la machine encore une fois.

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