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37 défenseurs battus par Toulon, le Leinster en finale : le paradoxe en chiffres

Leinster en finale, Toulon éliminé de justesse : on a épluché toutes les stats du match pour comprendre les clés de la victoire irlandaise et les leçons pour Bilbao.

Thibault Perrin 02/05/2026 à 18h36
Leinster en finale : ce que les chiffres disent vraiment du match face à Toulon. Credit : EPCR ©INPHO/Ben Brady
Leinster en finale : ce que les chiffres disent vraiment du match face à Toulon. Credit : EPCR ©INPHO/Ben Brady

Victoire serrée du Leinster sur Toulon, 29-25, en demi-finale de Champions Cup ce samedi à l'Aviva Stadium. Si la logique a été respectée. Les Varois peuvent nourrir de gros regrets. Avec une réaction toulonnaise en fin de match (Serin à 69e, Dréan à 75e) insuffisante. Les hommes de Pierre Mignoni auraient pu (dû) faire mieux.

Des Toulonnais dans le match

À la mi-temps, Toulon est mené 11-14 mais domine sur plusieurs indicateurs clés : 15 défenseurs battus contre 9, 3 franchissements contre 2, 591 mètres au pied contre 447, et deux pénalités transformées par Jaminet qui maintiennent les Varois dans le match. Et ce, alors que les locaux ont écopé de deux cartons jaunes consécutifs (Porter à 35e, Byrne à 36e). Le Leinster joue à 13 pendant plusieurs minutes et on se dit alors que le RCT va en profiter pour faire la différence. En surfant sur la dynamique de l'essai de Tuicuvu avant les citrons.

Il n'en sera rien. Les chiffres finaux exposent crûment ce qui s'est passé : Toulon termine avec 37 défenseurs battus contre 19, 8 franchissements contre 2, 316 mètres ballon en main contre 248, 8 passes après contact contre 4. Sur le papier, c'est l'équipe varoise qui a dominé le jeu dans cette première demi-finale. Mais sur le pré, l'histoire a été bien différente.

Une reprise fatale

Dès la reprise, les hommes de Mignoni ont subi. Avec un taux de réussite global au plaquage de 81% contre 67% pour le Leinster, on pourrait croire que la défense toulonnaise a été sereine. Mais ce pourcentage masque la réalité du jeu : Toulon a raté ses premiers plaquages sur les porteurs irlandais au moment critique, entre la 40e et la 65e minute.

Résultat : Ringrose à 43e, Doris à 66e. Deux essais irlandais nés de brèches dans une défense pourtant plus active en volume. 150 plaquages réalisés contre 111, c'est significatif : Toulon a défendu énormément, trop. Quand tu défends autant, les plaquages manqués coûtent cher. Surtout que Toulon a aussi été sanctionné avec un jaune.

Côté Leinster, la mêlée a été un secteur de domination progressive : 6 mêlées gagnées contre 3, à 86% de réussite. La discipline a aussi posé problème : 8 pénalités concédées côté irlandais, 13 côté toulonnais. Un écart qui illustre la pression physique des Varois mais aussi leur tendance à aller trop loin. Un manque de maitrise qui s'est aussi traduit dans les passes à l'image de ce dernier geste de Dréan que Tuicuvu n'a pas réussi à contrôler. Ou encore de cette percée où Serin a été oublié. Quand on a aussi peu d'occasions, il faut être clinique. Les Irlandais l'ont été. Pas les Toulonnais.

Le Leinster retrouve la finale... pas sa sérénité

Le Leinster retrouve la finale après son élimination face aux Saints l'an passé en demi. Un match riche d'enseignements majeurs pour Bordeaux ou Bath. Premier point : la ligne défensive irlandaise est perméable quand l'adversaire casse les lignes en vitesse. 8 franchissements concédés, 37 défenseurs battus. Bath avec Arundell et Russell, ou l'UBB avec Bielle-Biarrey et Rayasi, ont clairement la capacité d'exploiter cela.

Deuxième point : en mêlée et en rucks, le Leinster est solide. 100% de réussite dans les rucks, 86% en mêlée. Une équipe qui veut les battre devra imposer un rythme élevé et éviter la bataille frontale. Pour Toulon, ce 29-25 laissera des traces. Les stats montrent une équipe largement capable de rivaliser en seconde période. Mais le match s'est notamment joué dans ce couloir de dix minutes après la pause où les premiers plaquages ont lâché au pire moment. Et dans cette incapacité à faire la différence ballon en main pendant 70 minutes.

noComment
noComment

c'est quand même presque un miracle que le rct joue une 1 / 2 européenne si on se penche sur le jeu pratiqué depuis cette saison en top 14 et europe, jeu qui n'a rien d'enthousiasmant! et sur ce match opposé au leinster qui n'a plus rien d'un jeu brillant, le rct a montré ses limites offensives et tactiques.
les stats sont bonnes mais il n'y a pas de continuité de jeu! ils ont cru arriver avec une grosse mêlée face à une mêlée minée par les absences et ils n'ont pas su imposer leur supériorité.
C'est déjà bien de faire ce parcours et de jouer la demi-finale!


dusqual
dusqual

en soi oui, on est pas loin du miracle
maintenant, s'être offert une demie en étant allé battre glasgow en écosse c'est pas donné à tout le monde, je t'apprends rien.
et quand tu vois que sur un match, s'ils jouent un tout petit peu moins bêtement, ils sont dans les clous pour s'offrir le leinster (chez eux aussi).
en plus, si le leinster n'a plus rien d'un jeu brillant, ils sont tout de même en finale en ayant pas perdu un seul match de la compet cette année.
je les trouve moins fringuants qu'ils ont pu l'être, mais les faits, c'est 4 finales sur les cinq dernières, c'est pas si mal...


donc ouais, au vu du déroulé de la saison en top 14, de burn out de mignoni, c'est un peu un miracle.
mais en terme de niveau, au final, ils peuvent rivaliser avec les plus grands.
que leur jeu soit pas le plus éblouissant, pour moi, c'est pas ce qui compte (même si je préfère quand c'est le cas),

ils auraient eu bilbao, ça aurait pas été si déconnant.


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noComment
noComment

on est d'accord, ce n'est pas le match le plus réussi de la compét entre deux équipes qui ont eu un tableau plus accessible et qui ont sorti les matchs pour arriver en 1/2 et en finale pour le leinster en quête de renouveau!


dusqual
dusqual

dans l'ensemble, c'est vrai que cette partie de tableau était plus cool parce qu'il n'y avait ni ubb, ni stade, ni les deux gros clubs anglais à savoir bath et northampton.


mais en vrai le parcours du rct était pas si facile. les stormers, c'était pas un cadeau et ensuite glasgow et leinster.
franchement, ils ont tout mon respect parce qu'il fallait le faire et ils sont pas passé loin d'aller jusqu'à bilbao...


pour le leinster par contre c'est en effet un peu une ballade de santé, ils montent en régime gentiment sans trop de difficultés.


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gilbertgilles
gilbertgilles

Toulon qui joue 10 mn à 15 contre 13 et qui, non seulement n'en profite pas, mais se prend un essai ! Tout le match est là! Et, comme le souligne @O'Livey, quand tu as une arme fatale à l'aile et que tu t'en sers à la 70em, c'est du gâchis pur! Les stats, ce n'est que des chiffres que l'on peut tordre dans tous les sens, ça n'a jamais fait gagner un match. Par contre, au rugby tordre son adversaire dans le combat, ça peut te faire gagner, çà oui! Le Leinster ne m'a pas beaucoup impressionné, mais je me suis demandé où était passé la mêlée de Toulon?!


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O'Livey
O'Livey

Ouais, cette reprise à la mi-temps, franchement c'est là qu'ils perdent le match. Je comprend ce qu'ils ont voulu faire. Ils sont à 15 contre 13, ils ont le ballon dans leur 22, ce qui veut dire que le Leinster est obligé de mettre des joueurs dans leur 3e rideau, 2 au strict minimum, potentiellement plus. Ca veut dire que sur le 1er rideau défensif, Toulon a un avantage numérique à 15 contre 11, peut-être même moins. Les deux premiers temps de jeu dans leur 22, dans ce sens, quoique très inhabituel, sont, dans ce contexte, plutôt très bien pensés. Le problème c'est qu'ils sont mal réalisés, du coup on retourne sur la sortie normale, ie le jeu au pied. Le problème, c'est que celui-ci est tellement mal réalisé qu'ils offre au Leinster cette rampe de lancement, qui fini avec cet essai+CJ qui est LE tournant du match, alors que le Leinster avait la tête au fond du sceau en fin de 1ere période.
Côté individuel, je mentionne dans mon message initial Kpoku qui fait un non match, et Sinckler qui se fait ouvrir en mêlée (dès qu'ils sort, curieusement la mêlée toulonnaise va tellement mieux qu'elle roule sur celle du Leinster et récupère une pénalité contre son introduction), mais dans la catégorie des énormes gaffes, y'a aussi celle de Tuicuvu sur le 2e essai du Leinster, qui au lieu de faire un marque se fait pousser en touche et offre une rampe de lancement dans les 22 toulonnais au Leinster, opportunité qu'ils vont convertir d'un essai.


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O'Livey
O'Livey

Y'a pas de paradoxe, Toulon a pas joué au rugby avant la 68e, ils n'ont commencé qu'après le dernier essai du Leinster. C'est un miracle qu'ils soient restés aussi longtemps au contact d'ailleurs. Un miracle qui ne doit qu'au fait que le Leinster était aussi particulièrement moyen. Face à ce Leinster, y'avait la place. Le problème c'est que quand tu te rappelles que ta meilleure arme offensive (Dréan) existe seulement à la 70e, ça marche pas terrible. Quand tu te fais dominer comme ça en mêlée par le Leinster, qui est pourtant loin d'être réputé pour ça, alors que toi tu es réputé pour cette tenue en mêlée, pareil, c'est compliqué. On note la sortie de Sinckler, qui au moment où il sort doit pas être loin de se prendre un jaune pour faute répétée, la mêlée d'après les Toulonnais toulent sur sur le Leinster, sur leur propre introduction. Idem, White fait pas un bon match, et le tournant du match, cette reprise en 2nde mi-temps désastreuse qui amène le CJ et l'essai, sont pour sa pomme avec ce jeu au pied complètement foireux, quand Serin rentre tout de suite ça a l'air d'aller mieux. Abadie qui fait une solide rentrée aussi, avec Kpoku qui lui m'a semblé hors sujet. Globalement les remplaçants m'ont semblé faire un bien meilleur match que ceux qu'ils ont remplacé. Je note le très bon match de Jaminet au passage.


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dusqual
dusqual

ouais assez d'accord dans l'ensemble. c'est clairement un match qui était à leur portée, et pour moi, ils l'ont carrément foiré.