À deux journées de la fin de la phase régulière, le TOP 14 2025/2026 offre un drôle de tableau. Toulouse a pris une option très sérieuse sur les demi-finales directes, mais derrière, tout reste à écrire. Les hommes de Mola pourraient valider leur billet face à Lyon au Wallon, et c'est bien ce qu'ils entendent faire. Montpellier, Pau et le Stade Français se tiennent en un point pour la deuxième place.
Plus bas, Bordeaux, Clermont, le Racing 92 et La Rochelle jouent gros autour de la ligne du top 6. Depuis la saison annulée pour cause de Covid, a-t-on déjà connu un tel bazar ? Réponse : oui et non. Et c’est justement ce qui rend ce sprint final aussi savoureux.
Deux courses, un même embouteillage
À l’orée de la 25e journée, le Stade Toulousain mène la danse avec 82 points. Derrière, Montpellier est 2e avec 74 points, juste devant Pau et le Stade Français, tous deux à 73. Pour le ticket direct vers les demi-finales, rien n’est donc totalement figé, même si Toulouse a évidemment les deux mains sur le volant.
La vraie bagarre commence derrière les Rouge et Noir. Montpellier, Pau et Paris sont dans un mouchoir. Et Bordeaux, 5e avec 68 points, n’est pas complètement rayé de l’équation du top 2, même si le chemin est évidemment plus étroit.
Pour le top 6, c’est encore plus lisible : Bordeaux 5e, Clermont 6e, Racing 92 7e, La Rochelle 8e. Entre l’UBB et les Rochelais, il n’y a que cinq points. Une victoire bonifiée, un bonus défensif laissé en route, un carton rouge au mauvais moment, et la photo peut changer.
La donnée brute est simple : le TOP 14 2025/2026 n’offre pas forcément le plus grand nombre d’équipes encore concernées par la qualification, mais il concentre énormément de pression sur deux zones stratégiques : la 2e place et la 6e place.
Ce que dit l’histoire récente
Depuis la saison 2019/2020 arrêtée par la crise sanitaire, la 24e journée est souvent un bon thermomètre du chaos à venir. Et ces dernières années, le TOP 14 nous a déjà servi quelques fins de saison franchement irrespirables.
En 2020/2021, La Rochelle et Bordeaux étaient à égalité à la 2e place après 24 journées, avec 72 points chacun. Derrière, Racing 92 et Clermont restaient à portée pour la qualification directe. Dans le même temps, le Stade Français, 6e, était à égalité avec Toulon, 7e, tandis que Lyon et Castres n’étaient qu’à deux points. Difficile de faire plus compressé.
En 2021/2022, rebelote. Montpellier était leader avec 69 points, l’UBB et Castres suivaient à 67, le Racing 92 pointait à 66. Là encore, la deuxième place se jouait à rien. Plus bas, La Rochelle, 6e, et Toulouse, 7e, étaient à égalité avec 62 points. Oui, le Stade Toulousain était hors du top 6 à deux journées de la fin. Ambiance.
En 2022/2023, en revanche, le top 2 semblait beaucoup plus verrouillé : Toulouse et La Rochelle avaient dix points d’avance sur le Stade Français, 3e. La bataille était surtout concentrée sur les barrages, avec Bordeaux 6e à 58 points et Toulon 7e à 57.
En 2023/2024, Toulouse et le Stade Français avaient également pris une belle option sur les deux premières places. Mais derrière, Clermont, Racing 92, Pau et Castres se tenaient encore dans un espace réduit pour les dernières places qualificatives.
En 2024/2025, enfin, Toulouse était très loin devant, Bordeaux possédait une avance de cinq points sur Toulon pour la 2e place, mais la lutte pour les barrages restait très ouverte : La Rochelle 6e avec 57 points, Clermont 7e avec 53, Montpellier et Pau à 52.
Alors, cette saison 2025/2026 est-elle vraiment historique ?
Si on parle uniquement de la course au top 6, la réponse est plutôt non. On a déjà vu plus large, plus flou, plus indécis. En 2020/2021, quatre équipes se tenaient en deux points entre la 6e et la 9e place. En 2021/2022, Toulouse était 7e à égalité avec La Rochelle. En 2024/2025, plusieurs clubs pouvaient encore croire aux barrages à deux journées de la fin.
Cette année, la lutte pour la 6e place paraît plus resserrée, mais aussi plus limitée. Elle concerne surtout Clermont, le Racing 92 et La Rochelle, avec Bordeaux juste au-dessus. C’est dense, oui. Mais ce n’est pas forcément le plus grand bazar de l’ère récente.
En revanche, si l’on regarde le championnat dans son ensemble, avec la qualification directe pour les demi-finales, le tableau devient beaucoup plus intéressant. Car la deuxième place est encore totalement ouverte entre Montpellier, Pau et le Stade Français. Et pendant que certains rêvent d’éviter les barrages, d’autres tremblent à l’idée de ne même pas les jouer
C’est là que cette saison se distingue : elle ne propose pas une seule course, mais deux sprints parallèles.
En haut, Montpellier, Pau et Paris se battent pour s’offrir une semaine de repos, éviter un barrage toujours piégeux, et filer directement dans le dernier carré. Plus bas, Clermont, Racing 92 et La Rochelle jouent leur survie dans le top 6. Bordeaux, lui, se trouve dans une position hybride : encore capable de regarder devant, mais pas totalement à l’abri derrière.
La 25e journée peut tout faire basculer
Le calendrier ajoute encore un peu de piment. Montpellier reçoit Pau, soit un duel direct pour la 2e place. Clermont accueille le Racing 92, autrement dit un match qui peut peser très lourd dans la course au top 6. Le Stade Français reçoit Bayonne, Bordeaux va à Toulon, La Rochelle se déplace à Montauban, et Toulouse reçoit Lyon.
Autrement dit, plusieurs concurrents directs vont se croiser. Et à ce moment-là de la saison, ce ne sont plus seulement des points que l’on prend. Ce sont des positions que l’on arrache aux autres.
Un Montpellier-Pau peut redessiner la lutte pour les demi-finales directes. Un Clermont-Racing peut transformer le top 6 en champ de mines. Une victoire de La Rochelle à l’extérieur peut remettre les Maritimes dans le bon wagon. Une contre-performance de Bordeaux peut relancer tout le monde.
C’est aussi ça, le charme du TOP 14 : un classement peut sembler clair un samedi matin, puis partir en confettis le dimanche soir.
Pourquoi le top 2 change tout
On parle souvent du top 6 comme d’une ligne magique. Être dans les six, c’est exister au printemps. C’est vrai. Mais dans le rugby moderne, la différence entre terminer 2e et terminer 3e est énorme.
Le 2e file directement en demi-finale. Il évite un barrage à haute tension, une semaine de préparation raccourcie, une possible casse physique, et une soirée où tout peut basculer sur une touche perdue, une mêlée sanctionnée ou un ballon tombé dans les 22 mètres.
Le 3e, même à domicile, doit rejouer. Et face à une équipe classée 6e qui arrive souvent avec l’énergie du mort de faim, ce n’est jamais une formalité. L’histoire récente du TOP 14 l’a assez montré : les barrages ne récompensent pas toujours la hiérarchie de la saison régulière, mais l’équipe la plus prête le jour J.
C’est pour ça que Montpellier, Pau et le Stade Français ne jouent pas seulement une place au classement. Ils jouent une économie d’énergie, une meilleure gestion des internationaux, une semaine de récupération, et probablement une chance supplémentaire d’aller au Stade de France.
À l’inverse, pour Clermont, le Racing 92 et La Rochelle, l’enjeu est plus brutal : entrer dans les six ou regarder les phases finales à la télévision. Dans un championnat où les budgets, les effectifs et les ambitions sont aussi élevés, la frontière est fine entre saison réussie et immense frustration.
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Alors, ce TOP 14 2025/2026 est-il le plus indécis depuis la saison Covid ? Pas si l’on regarde uniquement la 6e place. Les saisons 2020/2021, 2021/2022 ou même 2024/2025 offraient une bataille plus large autour des barrages.
Mais si l’on additionne les deux enjeux majeurs — la qualification directe en demi-finale et la présence dans le top 6 — alors oui, cette fin de saison coche beaucoup de cases.
Toulouse a pris une belle avance, mais la deuxième place reste brûlante. Bordeaux n’est pas encore totalement à l’abri. Clermont, le Racing 92 et La Rochelle vont jouer très gros. Et les confrontations directes de la 25e journée peuvent tout redistribuer.
Ce n’est peut-être pas le top 6 le plus ouvert de l’ère post-Covid. Mais c’est peut-être l’une des fins de saison les plus piégeuses, parce que tout le monde ne court pas après la même chose. Certains veulent une demi-finale directe. D’autres veulent simplement rester vivants.
Et dans le TOP 14, à deux journées de la fin, c’est souvent là que les jambes commencent à trembler.
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