Ce point de règlement que très peu de supporters connaissent
Montpellier a battu Pau 26-18, mais la fin de match a laissé un drôle de goût côté béarnais. Pour rappel, Loïc Credoz a inscrit un essai à la 79e minute et 54 secondes. Pau voulait alors refuser la transformation pour obtenir un dernier renvoi et tenter d’arracher le bonus défensif. Joe Simmonds a finalement tenté et réussi le coup de pied. Derrière, plus de temps. Rideau.
Piqueronies assure que Pau avait travaillé ce scénario
Après la rencontre, Sébastien Piqueronies a expliqué via le Midi Olympique que la Section connaissait ce cas de figure. Le manager palois a rappelé une règle simple, mais rarement utilisée : une équipe n’est pas obligée de transformer un essai. Selon lui, Joe Simmonds a tenté de le signaler à l’arbitre Luc Ramos, mais la communication n’a pas été comprise comme Pau l’espérait.
La règle officielle est claire
Et là, surprise pour beaucoup de supporters. Le réglement de World Rugby confirme bien cette possibilité dans la règle 5.8 : une équipe qui marque un essai peut choisir de tenter ou de ne pas tenter la transformation. Ce n’est donc pas une interprétation paloise. C’est écrit noir sur blanc. La règle 8.7 ajoute qu’un essai “permet” de tenter une transformation. Il permet. Il n’oblige pas.
Le détail qui change tout
Mais il y a une condition importante. Le joueur qui a marqué l’essai doit indiquer à l’arbitre qu’il ne veut pas de transformation, en disant “pas de transformation”, après validation de l’essai. Dans ce cas, si le choix est fait avant la fin du temps réglementaire, l’arbitre fait reprendre le jeu par un renvoi. Autrement dit, le chrono, le bon interlocuteur et les bons mots comptent.
Pourquoi Pau voulait s’en servir
La logique paloise était limpide. À 26-16 avant la transformation, Pau avait surtout besoin d’un dernier ballon. En renonçant aux deux points, la Section pouvait espérer récupérer le renvoi, remonter le terrain et marquer l’essai du bonus défensif. C’est rare. Mais c’est exactement le genre de scénario que les staffs modernes travaillent à l’entraînement.
Une petite règle, un vrai sujet
Cette séquence rappelle une chose : dans les dernières secondes, la règle ne suffit pas. Il faut aussi la transmettre clairement. Pour les joueurs, le message doit être direct. Pour l’arbitre, il faut comprendre l’intention dans un moment de bruit, de fatigue et de pression. Pas simple. Mais au très haut niveau, six secondes peuvent valoir un point au classement.
Pau ne s’est donc pas inventé une faille. La Section a tenté d’utiliser une règle officielle, méconnue et stratégique. Elle n’a simplement pas réussi à la faire appliquer comme elle le voulait. Comme souvent au rugby, le détail était minuscule. Son impact, lui, ne l’était pas.
"Le joueur qui a marqué l’essai doit indiquer à l’arbitre qu’il ne veut pas de transformation"
Et c'est qui qui l'a signalé à l'arbitre ? Si c'est Simmonds, ça marche pas, si j'ai bien compris. C'est Credoz qui est censé le faire.