Le modèle Antoine Dupont pourrait bientôt se dupliquer. À partir de la saison 2026-2027, France 7 disposera d’un réservoir beaucoup plus large au sein des clubs professionnels. La nouvelle convention FFR/LNR 2026-2031 autorise la Liste « Objectif 2028 » à compter jusqu’à trois joueurs par club, dans le respect d’un temps global de sollicitation de douze semaines par saison et par club. Pas trois appelés systématiquement partout, donc, mais beaucoup plus de possibilités pour préparer Los Angeles.
La passerelle existait déjà. En 2025-2026, 17 joueurs issus de 17 clubs de Top 14 et de Pro D2 figuraient sur cette liste, avec un maximum de douze semaines — 84 jours — à disposition de France 7. On y retrouvait notamment Nelson Épée, Temo Matiu, Esteban Capilla, Jefferson-Lee Joseph ou Yerim Fall. La nouveauté consiste désormais à pouvoir aller chercher plusieurs profils intéressants au sein d’un même effectif.
Et passer du XV au 7 ne consiste évidemment pas simplement à retirer huit joueurs de la pelouse. Les espaces, les replacements, les duels et surtout l’enchaînement des efforts à haute intensité imposent une vraie adaptation. France 7 aura donc intérêt à identifier tôt les profils possédant déjà la vitesse, l’explosivité, la polyvalence ou le moteur nécessaires, puis à leur donner suffisamment de temps pour digérer les exigences spécifiques de la discipline.
Paris 2024 a justement servi de laboratoire grandeur nature. À l’époque, le sélectionneur pouvait retenir un joueur professionnel maximum par club, hors cas particuliers liés aux conventions de formation, et jusqu’à trois habitués du XV de France. Antoine Dupont avait emprunté cette passerelle, participé au circuit mondial puis terminé l’aventure avec l’or olympique autour du cou. Difficile de trouver meilleure publicité pour le système.
Et le dispositif va encore monter d’un cran à l’approche de Los Angeles. À compter de janvier 2028, certains joueurs de la Liste « Objectif 2028 » pourront être mis exclusivement à disposition de France 7 sur certaines périodes. Plus fort encore, la convention permet d’intégrer des joueurs appartenant au groupe « Élite » du XV de France. Ces mises à disposition resteront toutefois soumises à l’accord de la FFR, du joueur et de son club, évidemment, tandis qu'une partie des salaires des membres de la liste LA 2028 est déduite du salary cap...
Pour les formations de Top 14 et de Pro D2, l’équilibre sera forcément à surveiller. Perdre ponctuellement deux ou trois éléments capables d’entrer dans les rotations peut peser au cœur d’une saison. Mais le cadre posé jusqu’en 2028 permet aussi d’anticiper ces absences plutôt que de bricoler une préparation olympique au dernier moment. Et pour certains jeunes encore barrés à XV, le 7 peut également devenir une formidable rampe de lancement, à l'image de Nelson Épée, en manque de temps de jeu à Toulouse.
VIDEO. + 37km/h en ''trottinant'' : qui est cet Argentin plus rapide que Louis Bielle-Biarrey ?Los Angeles 2028 paraît encore loin, mais sa préparation a donc déjà commencé. Après avoir transformé Dupont en arme olympique et décroché l’or à Paris, le rugby français ne range surtout pas la recette dans un tiroir. Il élargit au contraire la passerelle entre Top 14, Pro D2, XV de France et France 7. Avec, cette fois, beaucoup plus de joueurs susceptibles de l’emprunter. Tout en rêvant de Louis Bielle-Biarrey...
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