Toulouse – Montauban : attention, terrain miné pour le promu
Ce samedi 28 février, le Stade Toulousain reçoit Montauban dans le cadre de la 18e journée de Top 14. Sur le papier, l’affiche pourrait sembler déséquilibrée entre le leader et la lanterne rouge du championnat. D'autant que l’histoire récente n’invite pas franchement à l’optimisme côté montalbanais. Car quand Toulouse déroule à Ernest-Wallon, ça peut vite tourner à la démonstration, voire à la punition collective. Même si les Rouge et Noir seront privés d’une partie de leurs cadres retenus ou protégés avec le XV de France pour le 6 Nations 2026, les chiffres parlent d’eux-mêmes.
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Depuis 2012, le Stade Toulousain a infligé des écarts vertigineux en championnat. Le record reste ce 83-6 contre Pau en 2018-2019, soit +77 avec 13 essais inscrits. On trouve aussi le 59-3 passé à l’Union Bordeaux-Bègles en finale 2023-2024 (+56, 9 essais), seule rencontre de ce top 10 disputée sur terrain neutre.
Plus récemment, le 57-5 face à Toulon en 2024-2025 (+52), le 59-12 contre Castres en 2025-2026 (+47) ou encore le 60-14 infligé à La Rochelle la même saison (+46) ont rappelé la capacité toulousaine à appuyer là où ça fait mal.
À noter que des scores pourtant marquants comme le 47-7 contre Perpignan en 2019 (+40) ou le 41-0 face à Castres en 2021 (+41) ne figurent même pas dans ce top 10. Autre constante : presque toutes ces démonstrations ont eu lieu à domicile, dans un Ernest-Wallon transformé en chaudron offensif.
Le vrai dénominateur commun
Ce qui frappe, au-delà des scores, c’est la continuité. Aucun joueur n’est présent sur les 10 rencontres (logique, la série démarre en 2012), mais sur la période 2019-2025, deux noms ressortent avec une régularité troublante : Thomas Ramos et Rodrigue Neti, présents sur 9 des 9 plus gros cartons récents. Mieux encore, Ramos est titulaire à chaque fois.
Autour d’eux, on retrouve souvent un noyau dur : Jack Willis, Alexandre Roumat, Thibaud Flament, sans oublier la colonne vertébrale internationale composée de Antoine Dupont, Romain Ntamack, François Cros, Julien Marchand ou Peato Mauvaka.
Attention toutefois à ne pas tomber dans la causalité facile. Ce n’est pas “Ramos = carton”. C’est plutôt la stabilité d’un système, d’une ossature et d’automatismes parfaitement huilés. Toulouse, dans ces matchs-là, étouffe d’abord par la conquête, accélère après contact, puis finit par submerger sur les extérieurs quand les défenses sont disloquées. Le score s’emballe souvent dans les 20 dernières minutes, quand la profondeur de banc fait la différence.
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Un autre élément saute aux yeux : la quasi-totalité de ces corrections ont été infligées à la maison. À Ernest-Wallon, le Stade Toulousain impose un rythme infernal. Jeu debout, rucks ultra-rapides, alternance au près/large, pression permanente au pied. L’adversaire défend beaucoup, fatigue, concède des pénalités, puis finit par craquer mentalement.
La finale 2024 contre Bordeaux-Bègles fait figure d’exception géographique, mais pas stratégique : sur terrain neutre, Toulouse avait reproduit exactement la même recette, avec une intensité supérieure dès l’entame.
2026, même scénario ?
Évidemment, le contexte du 6 Nations 2026 rebat les cartes. Une grande partie du noyau dur est protégée avec les Bleus : Ramos, Neti, Flament, Cros, Dupont, Marchand, entre autres. Cela signifie que Toulouse ne présentera pas son XV “premium”. Mais l’histoire récente montre que le système dépasse les individualités. Comme à Paris lors de la 17e journée, avec un succès au forceps. Les jeunes et les doublures sont formatés dans le même moule.
Pour le promu, le défi sera d’abord mental : tenir le premier quart d’heure, ralentir les sorties de balle, casser le tempo. Car une fois que Toulouse enchaîne 3 ou 4 séquences à haute intensité, le score peut vite prendre une ampleur difficile à contenir.
A l'échelle du TOP 14, ces écarts rappellent aussi la capacité du Stade Toulousain à creuser des différences au classement grâce au bonus offensif et à la différence de points, des détails qui pèsent lourd en fin de saison.
Toulouse plus clinique, Toulon décroché : le comparatif 24/25 vs 25/26 interpelle (déjà)Faut-il vraiment craindre une nouvelle “fessée” ?
Le promu arrive sans complexe, et Toulouse sera privé de plusieurs cadres. Sur le papier, l’écart devrait être réduit. Mais les précédents invitent à la prudence. On sait à quel point le champion de France est performant durant les (faux) doublons. Quand les Rouge et Noir sentent le sang, ils ne lèvent pas le pied. Reste à savoir si, ce samedi, Ernest-Wallon sera le théâtre d’un simple succès maîtrisé… ou d’un nouveau score qui viendrait s’ajouter à une liste déjà longue et douloureuse pour leurs adversaires.
On pourrait arrêter avec le terme "humiliation" qui ressort à chaque victoire d'envergure ?
ça reste un match de rugby avec un gagnant et un perdant, et le respect de l'adversaire est de le jouer à fond du début à la fin, il ne faut y voir aucune volonté d'humilier l'adversaire.