Le constat sans détour d'un sélectionneur lucide
La France vient de remporter le 6 Nations. Certes, les Bleus ont échoué dans la quête du Grand Chelem. Mais ils ont réussi à réaliser un doublé jamais vu depuis presque 20 ans. De quoi être satisfait. En partie. Le champagne n'est pas encore sec que Fabien Galthié a sorti ses tableaux de bord pour livrer un diagnostic sans complaisance sur ce qui a fonctionné. Et au contraire, sur ce qui nécessiter de gros ajustements.
Sur la mêlée, le verdict est brutal : le XV de France termine le Tournoi en fond de tableau. Pas en milieu de peloton. En fond de tableau. Et le sélectionneur va plus loin, posant lui-même la question qui fâche : peut-on être champion du monde sans mêlée dominante ? Sa réponse : non.
Sur la mêlée, on est en fond de tableau. On est en-dessous.
14 points perdus sur deux mêlées, le chiffre qui fait mal
Le match contre l'Angleterre résume tout. Deux mêlées françaises aux 50 mètres. Deux pénalités concédées. Deux pénal-touches anglaises sur la ligne de but française. Deux essais. Galthié le dit clairement : ces deux séquences coûtent 14 points au XV de France. Dans un match gagné, ces points passent presque inaperçus.
Dans un quart de finale de Coupe du Monde face aux Springboks ou aux Anglais, ils peuvent tout changer. Et Galthié le sait mieux que quiconque. C'est précisément ce type de séquence qui avait en partie coûté le match en 2023 face à l'Afrique du Sud. La mêlée anglaise, elle, était la meilleure du Tournoi : sur 10 introductions, elle récupère 6 pénalités. Six. Autrement dit, elle n'en joue réellement que quatre.
"Je ne vois pas comment tu peux y survivre" : Le constat sans appel d’Elissalde sur la défense des BleusPourquoi la mêlée ne se joue plus comme avant
Si les Bleus ont été dans le dur, c'est aussi parce que la mêlée a selon lui changé de nature avec l'évolution des règles. Ce n'est plus un duel de piliers sur l'impact frontal — c'est désormais un problème de back-five, c'est-à-dire des joueurs numéros 4, 5, 6, 7 et 8, et surtout un problème d'après-impact plutôt qu'avant-impact.
La poussée collective, le placement du flanker, la transmission de force depuis le troisième ligne — tout ça prime aujourd'hui sur la seule puissance des premières lignes. Ce glissement tactique explique en partie pourquoi le XV de France, avec un pack composé de joueurs plus mobiles et "légers", se retrouve structurellement en difficulté dans les confrontations directes.
Je suis persuadé qu'il y a une évolution des règles qui font que la mêlée ne se joue pas comme elle se jouait avant. Et on doit changer, on doit travailler, on doit rechercher autre chose, un autre process, une autre procédure.
Un problème de process, pas de joueurs
Galthié insiste sur un point essentiel : la mêlée française n'est pas en crise faute de piliers de talent. Elle est en crise faute de process collectif adapté. Ce n'est pas un problème individuel, c'est un problème de procédures, de synchronisation, de projet commun à huit. Le sélectionneur rappelle qu'il y a des piliers droits français qui jouent régulièrement en Top 14 et en Pro D2. Le vivier existe. Ce qui manque, c'est un nouveau cadre de travail, une nouvelle approche que l'ensemble du staff doit construire ensemble. C'est un chantier, pas une fatalité.
Ce que ça change pour la route vers 2027
Ce diagnostic de Galthié n'est pas anodin dans le calendrier du rugby français. La Coupe du Monde 2027 en Australie approche, et les adversaires potentiels du XV de France en phase finale s'appellent toujours Afrique du Sud, Angleterre, Nouvelle-Zélande ou Irlande. Des nations qui construisent leur domination sur la conquête.
Gagner le Tournoi en additionant des forces offensives pour compenser une mêlée défaillante, c'est possible. Le faire sur la durée d'un mondial, avec cinq matchs à élimination directe en dix-sept jours, c'est une autre histoire. La France doit trouver son équilibre entre l'animation offensive qui fait sa force et une conquête capable de tenir face aux meilleures premières lignes du monde.
Est-ce qu'on pourra être champion du monde sans une mêlée dominante ? Je dirais non.
Si le staff savoure la victoire finale, il assume aussi que tout n'a pas été parfait. C'est la marque d'un staff qui sait exactement où il en est et qui préfère nommer le problème plutôt que de le laisser grossir dans l'ombre. En 2022, après le premier Grand Chelem, l'euphorie avait peut-être masqué certaines failles. En 2026, le ton est différent : on a gagné, et on sait ce qu'il reste à faire. La France est "championne d'Europe". Mais Galthié a déjà les yeux fixés sur 2027 — et il sait que la route passe par une mêlée.
🗣️ "C'est très dur de gagner. Mais c'est encore plus dur de regagner. Dans certains points, on a vraiment progressé, on marque plus. Mais l'attaque a aussi coûté cher à la défense avec les interceptions."
— Super Moscato Show (@Moscato_Show) March 19, 2026
🇫🇷🏆 Fabien Galthié est en direct dans le Super Moscato Show ! pic.twitter.com/tTcFw74B5Y
Ce qui m'étonne dans ce constat, c'est que les mélées des clubs ne sont pas tant en souffrance dans les compétitions européennes.
Après, seuls des experts pourront répondre ce que je ne suis pas !
On verra cela lors des 8 ème de finale de la CC
la mêlée française n'est pas en crise faute de piliers de talent. Elle est en crise faute de process collectif adapté
Rassurez moi, on a un coach de la mêlée chez les Bleus non ?
Est ce à dire qu'il n'est pas au niveau ?
Cette manie qu'a le staff des Bleus à "découvrir" ses lacunes au fil du temps sans anticiper me laisse songeur
Depuis le match face à l'AFS, on aurait du s'inquiéter non ? Voir même dès la tournée en NZ