''Maximum 2 joueurs non européens'' en Champions Cup ? On explique la règle !
''Maximum 2 joueurs non européens'' en Champions Cup ? On explique la règle !
Les clubs ne sont pas autorisés à aligner plus de deux joueurs non européens en coupe d'Europe.

Cette règle fixée par l’EPCR peut faire tourner la tête de nombreux observateurs de la compétition, tant elle voit des joueurs non européens sur les pelouses. Pas de panique, on vous explique pourquoi cette règle - qui semble pourtant simple - ne l’est pas du tout !

Avant l’analyse précision exactement la règle :

Chaque club a le droit d’avoir un maximum de deux « joueurs non européens » figurant sur chaque feuille de match pour la saison 2019/2020. A noter qu’un joueur ressortissant du Royaume-Uni sera considéré comme joueur européen.

Notez les guillemets utilisés pour l’expression  « joueurs non européens ».

Les accords de l’Union Européenne

Vous allez comprendre pourquoi on trouve autant de Sud-Africains et de Fidjiens dans nos championnats. Les habitants de la zone ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) bénéficient des accords de Cotonou qui permettent aux travailleurs issus de ces pays d’être traité comme un Européen. Une compétition sportive n’étant pas au-dessus des lois européennes, elle est obligé de se soustraire à cette réglementation.

Vous pourrez constater dans la liste la présence de pays comme l’Afrique du Sud, les Fidji, les Tonga, ou les Samoa.

Il existe également des accords importants avec la Géorgie qui bénéficie des accords de Malaja  (extension de l’arrêt Bosman) comme ces pays : Algérie, Arménie, Azerbaïdjan, Bélarus, Bulgarie, Estonie, Hongrie, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Maroc, Moldavie, Ouzbékistan, Pologne, République Tchèque, Russie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Tunisie, Turquie, Ukraine.

Les “pays du rugby” qui ne bénéficient pas d’un accord

Parmi les bastions traditionnels du rugby, on retrouve la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Argentine (on peut rajouter le Japon !). On peut analyser les compositions de certaines équipes de la semaine dernière en coupe d’Europe.

Les règles internes de l’EPCR

La règle 6.23.2 de l’EPCR explique qu’un joueur ayant passé 36 mois consécutifs de résidence dans le pays de son club sort des quotas “non européens”. Par exemple, le Néo-Zélandais Carl Axtens (Stade Toulousain) est désormais dans la liste des “Européens”.

Analyse des compositions d’équipes

Quelques compositions d’équipe pour mieux comprendre la sélection des joueurs.

Compo Clermont vs Ulster :

  • Hors Europe : Ulugia (Aus - NZ) - McIntyre (NZ)
  • Hors Europe mais avec accords : Timani - Moala - Uhila (Tonga) - Toeava (Samoa) - Naqalevu (Fidji) - Zirakashvili (Géorgie)

Compo Toulouse vs Connacht

  • Hors Europe :- Kaino (NZ) - Arnold (Australie)
  • Hors Europe mais avec accords : Ahki - Faumina (Néo-Zélandais mais en possession de passeports Samoans)

Compo Toulon vs Scarlets

  • Hors Europe : Messam - Heem (Nz)
  • Hors Europe mais avec accords : Gorgodze - Gigashvili (Géorgie)

À mi-parcours, quel bilan pour les clubs français en Champions Cup ?À mi-parcours, quel bilan pour les clubs français en Champions Cup ?

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Voila pourquoi on ne peut empecher ou limiter l embauche de joueurs etrangers en top 14. La nationalite ne peut etre la motivation d exclusion avec les accords de Cotonou, l UE et le reste. La notion de JIFF est un artifice pour tenter de contourner. Une charte entre les presidents seraient plus efficace mais on aura toujours des brebis ... . Bref ce n est pas pour demain.

Voila pourquoi on ne peut empecher ou limiter l embauche de joueurs etrangers en top 14. La nationalite ne peut etre la motivation d exclusion avec les accords de Cotonou, l UE et le reste. La notion de JIFF est un artifice pour tenter de contourner. Une charte entre les presidents seraient plus efficace mais on aura toujours des brebis ... . Bref ce n est pas pour demain.

  • gjc
    5779 points
  • il y a 3 mois

La LNR devrait proposer à ECPR l'élimination de ces quotas européens qui n'apportent rien par rapport aux quotas JIFF, sinon de la complexité.
Avec Brexit le Royaume-Uni ne sera plus soumis à ces règles européennes, c'est le bon moment pour rouvrir le dossier.

@gjc

Les quotas JIFF incitent à faire jouer des joueurs formés en France. La règle mentionnée limite le nombre d'étrangers. Les deux sont compatibles et logiques ensemble.

Personnellement, si ce n'est pas déjà le cas, je serai pour imposer une règle type JIFF à tous les clubs, comme cela existe au football. Ça ne devrait pas gêner les Britanniques et ça permettrait à tout le monde en Europe d'avoir les mêmes règles. Il est temps de retrouver des clubs avec une identité pour sauver le rugby.

Bien sûr, pour le Salary Cap, c'est impossible d'uniformiser mais le fair-play financier comme au foot est un pas dans la bonne direction pour limiter les abus (à condition que ce soit correctement contrôlé et sanctionné).

  • gjc
    5779 points
  • il y a 3 mois
@Bitch Bucannon

Je voulais dire qu'en pratique les JIFF sont surtout des Français et des Fidjiens, donc exempts du quota ECPR. Comme la plupart des clubs français sont proches du quota ça veut dire que leur nombre de Français (et Fidjiens) n'est pas affecté par les quotas ECPR. Ces quotas n'affectent que la nationalité des étrangers, pas leur nombre, et rendent d'abord service aux All Blacks, aux Pumas et aux Wallabies!

Pour ce qui est d'harmoniser en Europe, comme nous avons plus d'étrangers en Top14, ce serait d'abord à nous de nous harmoniser...

@gjc

Personnellement, je ne suis pas favorable à lutter contre les étrangers. En tant que français, nous avons la chance de pouvoir travailler à peu près partout dans le monde avec beaucoup de facilités. Il n'y a pas de raison d'empêcher les étrangers qui en ont l'opportunité d'en faire de même chez nous.

Plus que des quotas pour les étrangers (qui ont leurs limites comme on le comprend), je préfère promouvoir la formation.

Si la France n'est pas assez stricte, l'ECPR peut nous obliger à l'être. Comme en politique, ça permettra aux dirigeants français de dire que ce n'est pas de leur faute mais celle de l'Europe (même si eux aussi ont voté pour). Après, bien sûr, l'idéal serait de renforcer les mesures autour des JIFF, notamment en intégrant un minimum de joueurs formés au club comme au football.

En s'inspirant du football, sur 41 joueurs, on pourrait imposer 14 joueurs formés localement (33%), dont minimum 7 formés au club. Même si ça ne parait pas très contraignant, ce serait déjà intéressant.

  • Ahma
    90893 points
  • il y a 3 mois
@gjc

Sûr, si les équipes britanniques sont obligées de jouer avec une majorité de JIFF, ce sera une excellente affaire pour les clubs français.
Plus sérieusement, vu que des dizaines de pays situés sur d'autres continents ont passé ces accords avec l'UE, rien n'empêchera le Royaume-Uni d'en conclure également.

  • gjc
    5779 points
  • il y a 3 mois
@Ahma

bien spur mais ça risque de prendre un moment, donc il y a une fenêtre pour avoir cette discussion

Ce fameux arrêt Bosman a révolutionné le football ! Je n'avais jamais su pour l'Accord de Cotonou qui concerne quand même 79 pays. En même temps, au pays du ballon rond, les Sud Américains, Argentins et Brésiliens en tête, sont les principales victimes des limitations (4 joueurs de mémoire), beaucoup jouant sur une double nationalité (Espagne/Portugal) pour passer entre les mailles du filet.

Comme au football, est-ce qu'il ne faudrait pas aussi favoriser la formation ? Est-ce qu'il y a des règles concernant les joueurs formés au club / dans le pays ?

À titre de comparaison, les clubs qualifiés en Ligue des Champions au football doivent présenter 8 joueurs formés localement. C'est un peu plus poussé que les JIFF, il s'agit de :
- Joueurs licenciés au club pendant trois saisons entre 15 et 21 ans (minimum 4) ;
- Joueurs licenciés dans un autre clubs de la même association pendant trois saisons entre 15 et 21 ans (maximum 4).

C'est une vraie contrainte pour les clubs de football, la Juventus en a souffert cette année. Est-ce que c'est suffisant pour les inciter à miser sur la formation ? Non mais c'est déjà un pas dans la bonne direction.

Donc à quoi sert cette restriction tant les dérogations et exceptions sont nombreuses ? L'Epcr se donnerait elle bonne conscience ?
Merci pour ces infos.

  • Ahma
    90893 points
  • il y a 3 mois
@Passovale

Le simple fait que la Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Argentine ne soient pas concernées pas ces exceptions fait déjà une énorme différence. Par ailleurs, les dérogations sont des lois européennes, l'EPCR n'a tout simplement pas le choix (sauf, je suppose, sur la règle des 36 mois, qui doit être de son fait).

  • to7
    14178 points
  • il y a 3 mois
@Ahma

à l'arrivée c'est quand même un poil ridicule et la règle des 36 mois vient enfoncer le clou
que les législation européennes soient contraignantes et empêchent dans une certaine mesure l'application de la règle, c'est un fait mais que l'EPCR juge nécessaire de venir ajouter au mille feuille une exception de plus c'est franchement risible

  • Ahma
    90893 points
  • il y a 3 mois
@to7

Note que sans les 36 mois, un joueur étranger pourrait être sélectionné en équipe nationale dans son pays de résidence mais serait compté comme étranger en coupe d'Europe, ce qui serait quelque peu paradoxal (quoique une telle situation puisse exister en Top 14 avec les JIFF).

  • to7
    14178 points
  • il y a 3 mois
@Ahma

oui on avait vu ça avec scott spedding

John Ulugia joue depuis 2013 en France...... du coup il est quand même hors europe???

Encore un casse tête pour nos amis les personnels administratifs.
Remarquez, ça leur fait toujours du boulot. Merci à l'EPCR qui permet de faire diminuer les statisques du chomage.

Super. Ça va faire avancer les choses...

  • Ahma
    90893 points
  • il y a 3 mois

Ne chipotons pas à l'excès sur un simple lapsus, qui je crois ne nuit pas à la compréhension. L'article est utile, clair et complet (pour ma part, je ne connaissais pas la règle des 36 mois).

  • Kalou
    4703 points
  • il y a 3 mois

"Une compétition sportive n’étant pas au-dessus des lois européennes, elle est obligé de se soustraire à cette réglementation".
Le terme "soumettre" devrait remplacer "soustraire" pour que ce soit compréhensible et sensé.
Un "Petit Robert" pour Noël ?

@Kalou

Là-dessus, on rajoute un "e" à "obligé", et on est bon. Voire on reformule toute la phrase parce que ça n'a pas de sens de dire qu'une compétition se soumet à la réglementation (elle la respecte, elle est en conformité avec celle-ci, etc.). Et là, vraiment, on est bon.

  • CEVEN
    167327 points
  • il y a 3 mois

«Une compétition sportive n’étant pas au-dessus des lois européennes, elle est obligé de se soustraire à cette réglementation.»

=> "soustraire" ?!

  • WebDiv
    17297 points
  • il y a 3 mois

L'article ne mentionne pas la sanction en cas de non respect de la règle : "Chaque club qui arrive à ne pas respecter cette règle devra jouer en tutu le match suivant. Son président devra se déguiser en homme des cavernes et chanter à la mi-temps."

(quitte à faire dans la règle inutile et ridicule, autant faire de même pour la sanction)

  • Yonolan
    69337 points
  • il y a 3 mois

Les exceptions qui confirent la règle sont tellement nombreuses qu'elles la rende complètement inutile..et inopérante comme dirait notre cher présidente
De l'art de la cosmétologie . et de la façade ..

Y'a la meme chose au foot avec les joueurs extra-communautaires, c'est loin d'etre un cas inedit dans le monde du sport

  • vevere
    50058 points
  • il y a 3 mois

Belle hypocrisie de l'EPCR...un peu comme sa Commission de discipline!!!

Dans le genre "règle inutile" on en tient une bonne là.

Le pire serait qu'un club se fasse avoir là-dessus et perde un match sur tapis vert...

Bref cette règle ne sert à rien quoi...

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