- La bataille des rucks
On le sait, c’est un secteur clé du rugby moderne. Encore plus à ce niveau-là, entre deux équipes qui ont besoin de sorties de balles rapides pour imprégner leur rythme et développer leur jeu.
Fin mars dernier, le Stade Toulousain avait d’ailleurs chahuté les Bordelais dans ce secteur en première période (3 ballons grattés par Willis notamment), avant de baisser en intensité dans le jeu au sol et de voir l’UBB dérouler en seconde mi-temps (44 à 20). Ce dimanche, entre 2 équipes qui ont décortiqué leurs affrontements de l’an dernier cette semaine, il devrait donc y avoir une grosse explication de textes entre les Poirot, Woki et consorts d’un côté, Willis, Marchand ou Jelonch de l’autre…
- Le gain de la ligne d’avantage
L’an dernier à pareille époque, en demi-finale de Champions Cup, Toulouse avait été dominés dans les collisions par des Bordelais survitaminés. A l’image de ces nombreux impacts gagnés par les Girondins tout au long de la partie.
Pourtant, les Rouge et Noir avaient maintenu la possession (57%) et l’occupation (54%) sur l’ensemble du match, mais ils s’étaient heurtés à un rideau défensif hermétique (160 plaquages), solidaire comme jamais pour rattraper les coups, malgré 10 franchissements stadistes loin des zones d’affrontement. Même s’ils avaient su rectifier le tir 2 mois plus tard, en étant beaucoup plus frontaux et brutaux en finale du Top 14.
"Il faudra beaucoup courir, et ne surtout pas compter ses efforts de la première à la dernière minute. La seule certitude, c’est que l’UBB sera au top devant son public. Il n’y a qu’à voir tous ses matchs en Champions Cup cette saison, surtout quand les conditions sont réunies. Là-dessus, il n’y aura pas de surprise. On va affronter une équipe très dangereuse, avec un gros paquet d’avants, et des trois-quarts qui vont très vite. On les connaît tous." - Jelonch pour Midi Olympique
- Le réalisme
Ce qui avait frappé en demi-finale de Champions 2025, c’était aussi la capacité des coéquipiers de Matthieu Jalibert de frapper en 2 en 3 mouvements. Parmi les 5 essais bordelais, nous reviennent notamment celui de Pete Samu, sur une perte de balle d’Alexandre Roumat à 70 mètres de sa ligne. Ou celui de Bielle-Biarrey, sur le coup d’envoi de la 2ème période, sur une contre-attaque made comme on n’en voit normalement que sur PlayStation, de l’UBB.
Sous la chaleur étouffante du Matmut Atlantique, les Girondins avaient usé d’une dépossession magistrale, parfaitement orchestrée par l’utilisation du pied du tandem Lucu/Jalibert pour obliger les Toulousains à partir de loin. Eux qui, une fois n’est pas coutume (rappelons les absences de Dupont et Ramos), avaient grandement manqué de précision et de réalisme lors de ce match non abouti, qui les avaient beaucoup marqués.
"Ils ont été hyper-réalistes, chaque fois qu’ils sont rentrés dans notre camp, ils ont marqué des points, des essais ou des pénalités. Nous, non. C’est la différence aujourd’hui. Ils sont loin d’être au-dessus de nous mais ils ont été plus réalistes que nous, c’est ce qui fait la différence.", déclarait à chaud Romain Ntamack, au micro de France 2.
- Serrer les bras et couper les transmissions en défense
Avec des attaques pareilles, cherchant en permanence à maintenir le ballon en vie, nul doute que ce sera l’un des momentums de ce quart de finale joué sous un soleil de plomb sur les bords de l’Atlantique. Chose qui se vérifie souvent, lors des UBB/Toulouse.
Sur les traces d’un nouveau record, Louis Bielle-Biarrey peut-il faire (encore mieux) qu’en 2025 ?Lors de leur affrontement en Champions Cup l’an dernier, les Toulousains avaient été dépassés par la vitesse et l’impact mis par les Bordelais, terminant la rencontre avec 70% de réussite au plaquage seulement (91/118).
- "Discipliiiiiine"
On pourrait vous parler des animations autour de Matthieu Jalibert, de l’utilisation des jeu au pieds croisés des Bordelais ou de la chasse à Antoine Dupont (autour des rucks) qui pourrait avoir lieu dans cette partie. Mais de manière plus générale et plus laconique aussi, on l’avoue, on sait que les matchs de ce niveau-là se jouent bien souvent sur des détails. Et donc sur la discipline.
La dernière finale de Top 14, remportée 39 à 33 par Toulouse après 100 minutes d’un rude combat, en fut l’illustration même. Certes, les Bordelais dominaient toutes les statistiques individuelles et l’essentielle des collectives. Mais les 17 fautes concédées avaient permis aux coéquipiers de Paul Graou de réinvestir facilement le camp adverse, et d’inscrire aussi 24 points au pied…
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