Six pénalités et un coup de fil à World Rugby
Les All Blacks ont gagné à l'Ellis Park, mais ils n’ont pas oublié les longues minutes passées à reculer en mêlée. Battue 33-16 samedi dernier, l’Afrique du Sud avait obtenu six pénalités dans ce secteur face aux Néo-Zélandais. À l’approche du deuxième Test au Cap, Dave Rennie a confirmé avoir échangé avec World Rugby au sujet de certaines attitudes des Springboks.
À 3 mois de France–Afrique du Sud, les All Blacks viennent d’offrir aux Bleus une piste pour perturber les SpringboksLe sélectionneur kiwi estime notamment que ses adversaires ne restent pas systématiquement dans l’axe et peuvent chercher à progresser latéralement. Pour rappel, la règle 19.19 de World Rugby indique que les joueurs peuvent pousser en mêlée à condition de le faire droit et parallèlement au sol. Une poussée volontairement orientée vers le côté est sanctionnable d’une pénalité.
Une mêlée peut avancer tout en étant fautive
Néanmoins, une mêlée qui avance n’est pas automatiquement celle qui respecte le mieux le règlement. Un pilier peut prendre le dessus frontalement sur son vis-à-vis. Mais il peut également chercher un angle permettant de contourner la résistance adverse. À vitesse réelle, huit hommes contre huit hommes, distinguer le responsable d’une rotation ressemble parfois davantage à une enquête qu’à une simple lecture de puissance. Il en va aussi de l'appréciation de l'officiel.
Le premier Test a justement offert une image intéressante aux spécialistes de la mêlée. À la 55e minute, le pilier sud-africain Gerhard Steenekamp a finalement été sanctionné alors que les All Blacks subissaient depuis plusieurs mêlées. La Nouvelle-Zélande a ensuite obtenu une pénalité à cinq mètres de sa ligne. Un moment que Dave Rennie avait déjà identifié après la rencontre comme un tournant.
Thomas du Toit renvoie la balle
Thomas du Toit rejette pourtant l’idée d’une pratique volontairement illégale. Le pilier des Springboks rappelle que chaque mêlée offre deux lectures possibles et défend surtout la nécessité de présenter à l’arbitre une image propre, avec des liaisons solides et une poussée vers l’avant. Lui sera remplaçant samedi, face notamment à George Bower, très bon en sortie de banc, et Xavier Numia.
23 ballons perdus : le plan « 100 % légal » que les All Blacks avaient ''caché'' aux SpringboksSon discours raconte assez bien la vieille guerre psychologique des premières lignes. Avant un gros rendez-vous, parler publiquement de la mêlée permet aussi d’installer une image dans la tête de l'homme au sifflet. On est loin des envolées de Quade Cooper : ici, quelques degrés dans l’orientation d’une épaule peuvent valoir trois points et cinquante mètres de terrain.
Angus Gardner déjà sous la loupe
La mission appartient finalement à Angus Gardner. L’Australien a été désigné jeudi à la place de Nika Amashukeli, malade, pour diriger ce deuxième Test au Cap. Il devra départager une mêlée sud-africaine qui avait dominé physiquement à l'Ellis Park et des All Blacks désormais beaucoup plus attentifs à la direction de cette poussée.
Parce qu’après six pénalités concédées, la Nouvelle-Zélande ne veut plus seulement mieux résister. Elle veut que chaque centimètre gagné par les Springboks le soit plein axe. Et samedi, avant même le premier ballon envoyé au large, les regards seront déjà braqués sur les épaules des piliers.
je ne pense pas que cela soit très nouveau, cette mêlée qui ne pousse pas droit ... déjà à la CM il y a eu des mêlées discutables de la part des sud afs ...