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Le tank anglais Ben Earl dragué par le rugby à XIII ? L’Angleterre en sueur

Deux clubs majeurs de Super League rêvent de faire basculer Ben Earl vers le XIII après la Coupe du monde 2027. Une transition difficile tant ces deux disciplines sont si différentes.

Nathan Renaux 08/05/2026 à 14h03
Ben Earl a le regard tourné vers le rugby à XIII après la coupe du monde 2027. ©INPHO/Steve Haag Sports/Steve Haag (EPCR)
Ben Earl a le regard tourné vers le rugby à XIII après la coupe du monde 2027. ©INPHO/Steve Haag Sports/Steve Haag (EPCR)

Le rugby à XIII anglais veut frapper un grand coup. D’après le média britannique, City AM, les Warrington Wolves, 3e cette saison, et les Wigan Warriors, 5e, suivraient attentivement la situation de Ben Earl. Le troisième ligne international anglais, pièce maîtresse des Saracens, aurait ouvert la porte à un changement de discipline après la Coupe du monde 2027.

À 28 ans, Earl est encore sous contrat jusqu’en 2029 avec les Sarries. Mais ses déclarations autour d’un possible test en rugby à XIII ont forcément attiré les grosses cylindrées de la meilleure ligue européenne, toujours à la recherche de profils capables d’attirer le public et les investisseurs. Ce recrutement pourrait mettre un coup derrière la tête à la fédération anglaise qui perdrait donc un cadre de sa sélection.

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La Super League aime séduire les stars du XV

L’intérêt des clubs anglais n’a rien de nouveau. Depuis plusieurs saisons, la Super League tente d’attirer des noms issus du XV grâce à une règle avantageuse. Les joueurs qui n’ont jamais évolué en rugby à XIII de façon professionnelle bénéficient d’un allégement dans le salary cap. Ce détail est loin d’être anodin pour Ben Earl, puisque son salaire s'approcherait des 600 000 livres annuelles grâce à son contrat fédéral avec l’Angleterre. Pour des clubs comme Wigan ou Warrington, l’opération devient donc financièrement envisageable et alléchante.

Avant cela, la venue de Christian Wade avait déjà montré cette volonté d’ouverture. L’ancien ailier de Gloucester avait rejoint Wigan l’an passé pour une courte pige avant de revenir au XV. Même logique pour Luther Burrell, passé par Warrington entre 2019 et 2020. Si Ben Earl franchissait le pas, il pourrait rejoindre une liste prestigieuse de joueurs qui ont brillé dans les deux disciplines, comme Jason Robinson, Sonny Bill Williams, Jonathan Davies ou encore Chris Ashton.

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Un défi physique colossal pour le troisième ligne

Sur le papier, le profil explosif et ultra-mobile de Ben Earl semble compatible avec le XIII. Mais la transition reste plus compliquée qu’on ne l'imagine. Derrière les points communs entre ces disciplines, les exigences physiques diffèrent énormément. Au rugby à XV, le temps de jeu effectif est d’environ 35 minutes. Entre les mêlées, les touches, les pénalités et les décisions arbitrales, les séquences sont régulièrement coupées.

En rugby à XIII, le rythme est beaucoup plus intense. Pas de touche, quasiment pas de mêlée et aucun ruck pour ralentir le jeu. Après un plaquage, le ballon est libéré immédiatement, la défense recule de dix mètres et le jeu repart sans arrêt. Après cinq tenus, le ballon change de camp et on repart à l’attaque. Les efforts sont plus continus, les courses répétées et l’endurance poussée à l’extrême. Une adaptation parfois violente pour des joueurs issus du XV. Christian Wade notamment, n’avait jamais réellement réussi à s’imposer en Super League.

Alors qu’il aura presque 30 ans après la prochaine Coupe du monde, Ben Earl devra donc mesurer le risque sportif d’un tel pari. Mais dans un rugby à XIII anglais en quête de lumière et potentiellement soutenu par de futurs investissements de la NRL australienne, son arrivée ferait forcément énormément de bruit.

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