Deux matchs pour la première fois sous O’Gara
À La Rochelle, l’été 2026 ressemble assez peu aux précédents. Pour la première fois depuis l’arrivée de Ronan O’Gara en 2021, les Maritimes ont programmé deux rencontres de préparation : Bordeaux-Bègles à Marcel-Deflandre, puis le Munster sept jours plus tard. Autre évolution notable, le ballon a retrouvé le chemin des entraînements beaucoup plus tôt. Midi Olympique évoquait dans son édition de vendredi une préparation désormais davantage tournée vers le rugby et moins vers les longues séances physiques sans ballon qui avaient marqué les précédents stages à La Plagne.
Le changement concerne aussi les hommes qui pilotent cette intersaison. Adrien Vachon, présent au club depuis près d’une décennie, a été promu responsable de la préparation physique. Il travaille désormais avec Evan Courties, ancien préparateur des Espoirs, et Ludovic Girard, arrivé du Racing 92. Une cellule remodelée au moment où le Stade Rochelais cherche à retrouver de la continuité après une saison où son effectif a beaucoup fréquenté l’infirmerie.
Après les blessures, une méthode différente
Le raccourci serait facile : davantage de travail physique sans ballon, puis davantage de blessures musculaires. Aucun élément ne permet pourtant d’établir ce lien de causalité. La Rochelle ne présente d’ailleurs pas cette nouvelle méthode comme la correction d’une erreur. Le constat reste néanmoins intéressant : après un hiver particulièrement perturbé physiquement, le staff a choisi de modifier plusieurs paramètres de sa préparation.
Et le ballon occupe désormais une place centrale. Sébastien Boboul expliquait au Midi Olympique qu’il était utilisé depuis deux semaines dès le début août, avec une volonté de privilégier « les séquences terrain avec le ballon » plutôt que les séances en salle ou la course pure. Une manière d’intégrer la dimension athlétique directement au rugby. Plutôt que d’empiler d’abord les kilomètres avant de ressortir les passes.
Deux matchs pour remettre progressivement la machine en route
Même logique dans le calendrier. Sous O’Gara, La Rochelle s’était jusqu’ici contentée d’un seul galop d’essai avant la reprise. Cette fois, l’UBB puis le Munster offrent deux étapes pour augmenter progressivement l’intensité. Cela permet aussi de répartir les minutes et d’éviter de demander immédiatement soixante ou quatre-vingts minutes à certains joueurs. Un détail qui compte après plusieurs mois où composer une feuille de match ressemblait parfois à un exercice de Tetris.
Le premier test contre Bordeaux est arrivé après cinq jours de stage à Loudenvielle, dans les Pyrénées. Le résultat reste secondaire (victoire 40 à 38, ndlr.), mais la manière a donné déjà quelques indices : état physique du groupe, vitesse des replacements, capacité à répéter les courses et surtout fraîcheur sur la durée. Parce qu’une préparation se juge rarement sur un chronomètre accroché au mur de la salle de musculation.
VIDEO. 12 essais à Deflandre, 9 entre Brive et le Racing : les attaques sont déjà lancées, les défenses beaucoup moinsUne saison où La Rochelle ne peut plus perdre de temps
À quelques semaines de la reprise du Top 14, La Rochelle cherche surtout à remettre ses cadres sur les rails et à construire une base plus stable. Deux matchs, davantage de ballon et une cellule physique remaniée ne garantissent évidemment pas une saison sans blessures. Mais ils racontent une chose très concrète : après un exercice haché, le club a décidé de ne pas refaire exactement le même été.
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