Une annonce qui claque comme un plaquage offensif
La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre au pays du long nuage blanc. Et ce, même si certains avaient fléré l'annonce depuis plusieurs semaines. La Fédération néo-zélandaise de rugby a officialisé la fin des fonctions de Scott Robertson comme sélectionneur des All Blacks, deux ans seulement après sa prise de poste.
Scott Robertson has departed as Head Coach of the All Blacks. We wish Razor all the best with his next steps.
— All Blacks (@AllBlacks) January 15, 2026
A process will commence immediately to recruit a new Head Coach. pic.twitter.com/WWDtsox5ed
Un contrat initialement prévu jusqu’en 2027, stoppé net à l’issue de la revue de fin de saison 2025. Le tout à moins de deux ans de la Coupe du monde en Australie. Le communiqué est limpide : la NZR estime qu’il est “dans l’intérêt de l’équipe” que Robertson se retire.
Une décision forte, prise dans un contexte déjà tendu, marqué par les départs successifs de plusieurs adjoints, Leon McDonald, Jason Holland et plus récemment Mike Anthony, parti vers le football à Brighton.
Le communiqué officiel de la NZR, sans détour
“Scott Robertson a quitté son poste d'entraîneur-chef des All Blacks à la suite de la revue de fin de saison 2025. […] À mi-parcours du cycle de la Coupe du monde de rugby, il est opportun d'examiner les progrès des All Blacks au cours des deux premières saisons.” Le président de la fédération, David Kirk, insiste sur un calendrier 2026 chargé et sur la nécessité d’aligner toutes les planètes avant 2027.
“La NZR et Scott s'accordent à dire qu'il est dans l'intérêt de l'équipe qu'il quitte son poste d'entraîneur principal.” Un message policé, mais qui confirme une cassure réelle entre la fédération et son sélectionneur.
Un bilan loin d’être honteux… mais sans titre
C’est là que le débat commence, et il mérite mieux que des réactions à chaud. Avec 20 victoires en 27 matchs, soit 74,1 % de succès, Scott Robertson n’est clairement pas le plus mauvais sélectionneur de l’histoire des All Blacks. Le tableau historique le montre : plusieurs de ses prédécesseurs ont fait bien pire en termes de résultats bruts.
Mais en Nouvelle-Zélande, le rugby se juge moins à la calculatrice qu’à l’armoire à trophées. Sous ses ordres, les Blacks n’ont remporté aucun titre majeur malgré une invincibilité préservée à l'Eden Park. À ce niveau d’exigence, ça ne pardonne pas. D’autant que des échos persistants faisaient état de tensions internes et d’un vestiaire moins soudé qu’à l’accoutumée.
Autrefois létaux et capables d'enfoncer leurs adversaires ou de décrocher des victoires au forceps, les Blacks sous Robertson ont toujours alterner le chaud et le froid. Ne sachant pas vraiment vers où aller. Tant dans le fond que dans la forme. Concédant des défaites historiques face à l'Argentine et l'Afrique du Sud. Et ce ne sont pas les trois succès face à une équipe de France remaniée et rajeunie en 2025 qui ont sauvé sa tête.
Quand le parallèle avec Novès s’impose
Difficile, côté français, de ne pas penser au “sack” de Guy Novès en 2017. Même scénario, ou presque. Un entraîneur ultra titré en club, attendu comme le messie, débarque avec un projet des objectifs ambitieux. Et repart deux ans plus tard, sur fond de désaccords internes, malgré un statut respecté.
La grande différence ? Le bilan chiffré. Là où Novès quittait les Bleus avec 33 % de victoires, Robertson affiche plus du double. Mais dans les deux cas, la fédération a estimé que la trajectoire ne menait pas assez vite vers le Graal mondial. Preuve que dans le rugby international moderne, le temps long est devenu un luxe.
Robertson, entre fierté et amertume
Le principal intéressé a lui aussi prend la parole, dans un message fort, empreint d’émotion. "Entraîner les All Blacks a été l'honneur de ma vie. […] Ma priorité a toujours été le succès des All Blacks et, après des discussions avec New Zealand Rugby, je pense qu'il est dans le meilleur intérêt de l'équipe que je me retire." Robertson parle de fondations solides, de jeunes talents lancés, mais ne cache pas sa déception : "Comme vous pouvez l'imaginer, je suis vidé par ce résultat. Je tiens profondément à cette équipe." Une sortie digne mais qui laisse un goût d’inachevé.
Un chantier XXL à moins de 2 ans du Mondial
Sportivement, c’est un virage majeur. Les All Blacks vont devoir reconstruire un staff, une vision et peut-être une méthode, alors que le Championnat des Nations arrive dès juillet en Nouvelle-Zélande. Le temps presse et il ne sera pas facile de relancer la machine.
Le successeur ? Les pistes sont rares et toutes complexes. Joe Schmidt, déjà passé par là avant de prendre l’Australie, Steve Hansen en pompier de service avec ses 86,9 % de victoires, ou des profils plus “maison” comme Dave Rennie ou Vern Cotter. Une chose semble acquise : ce sera un Néo-Zélandais, tant la culture et la pression du poste sont spécifiques.
Mais les rumeurs tendent vers Jamie Joseph, ancien sélectionneur du Japon et actuellement chez les Highlanders. Selon la presse locale, l'actuel coach de l'attaque des Springboks et ancien adjoint de Joseph, le Kiwi Tony Brown pourrait être démarché par la fédé.
En se séparant de Scott Robertson, la NZR envoie un message clair : l’objectif, et rien d’autre que l’objectif, c’est 2027. Peu importe le CV, le pourcentage de victoires ou le capital sympathie. Reste à savoir si ce nouveau virage ne coûtera pas encore plus cher en stabilité. Car une chose est sûre : chez les All Blacks, même l’excellence n’est parfois pas suffisante.

Jak3192
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91948 pointsMe demande si la cas Noves peut être un parallèle avec le cas Robertson... 🤔
Le cas Noves, est réellement particulier. Il n'a pas été brillant, peut-être n'avait-il pas le niveau... Mais surtout, la planche lui a été bien savonnée par ...
L'EdF était à reconstruire total, avec un effectif à renouveller qui n'avait pas alors de grands leaders, et les résultats des années antérieures etaient pitoyables.
Tout cela n'est pas le cas des AB à la prise de fonction du Coach limogé.
Donc la comparaison, hors mis un résultat désastreux, s'arrête là.
Enfin, c'est mon avis
P243151
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21771 pointsC’est sur que c’est pas comme à la FFR …… je pense que là bas après un1/4 de finale perdu à la maison quel que soit le sélectionneur il n’aurait pas continué