Hong Kong : la belle aventure de Thomas Lamboley, devenu pro et international à l'autre bout du monde

Hong Kong : la belle aventure de Thomas Lamboley, devenu pro et international à l'autre bout du monde
Thomas Lamboley sous le maillot de Hong Kong. Crédit photo : scmp
Entretien avec le Tricolore Thomas Lamboley, récemment capé sous le maillot d'Hong Kong, en lice pour se qualifier pour le Mondial 2019.

En France, tout le monde connaît son frère Grégory, multiple champion de France avec le Stade Toulousain et international français à quatorze reprises. Pourtant, Thomas Lamboley est également international : lui aussi 3e-ligne, c'est le maillot de Hong Kong qu'il défend depuis... la semaine dernière. Entretien avec le tout jeune international, qui nous raconte son aventure.

Salut Thomas ! Peux-tu nous décrire ton parcours avant ton arrivée à Hong Kong ?

J’ai commencé le rugby à l’âge de 6 ans à Saint-Maur-des-fossés, dans la région parisienne. A l’âge de 15 ans, j’ai déménagé sur Toulouse avec mes parents, où j’ai commencé à jouer pour le Stade Toulousain en cadets. Après avoir obtenu mon Bac S, je continue mes études à l'ESC Toulouse au programme Bachelor puis en Mastère Spé. Dans le cadre de ces études, j’ai eu la chance de partir un an en Irlande, à Dublin, et de jouer pour le club de Saint Marys (l'ancien club de Trevor Bennan) en moins de 20 ans. Après mon retour en France, je réintègre le Stade Toulousain en équipe Espoir pour une saison. Je suis ensuite parti jouer au FCTT en Féderale 3 une saison, avant de partir à Hong Kong. 

Pourquoi Hong Kong ?

Je suis arrivé à Hong Kong le 20 août 2013 exactement. Ce n'était pas du tout quelque chose de prévu. C’est Philippe Spanghero qui m’a contacté, car sa société Team One Groupe organisait la Natixis Cup à HK - Match de gala entre le Stade Toulousain et le Racing Metro 92 - et ils avaient besoin d’aide pour l’organisation de cette évènement. Je suis donc rentré en contact avec Jean-Baptiste Aldigé, qui était le responsable de la société Team One Asia sur Hong Kong, pour organiser mon départ et mon arrivée. C’était la première fois que je mettais un pied à Hong Kong et en Asie en général, donc le changement a été assez radical.

L’acclimatation n’a pas été très dure mais j’ai mis un peu de temps à trouver mes repères. J'ai eu la chance d’avoir un club de rugby dès mon arrivée, donc ça a aidé pour l’intégration. Il y a également une très forte communauté d’expatriés et de Français donc ça aide.

Raconte-nous un peu tes débuts dans le rugby local avec ta nouvelle équipe... Quelles ont été les grosses différences par rapport à ce que tu avais connu auparavant ?

Je joue pour l’équipe de Valley RFC. Dès le début, j’ai été surpris par le niveau. Il y a des joueurs d’un peu partout dans le monde dans notre équipe : Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Angleterre, Australie, France... C’est un rugby très propre, aucun mauvais geste : ça fait 3 ans que je joue et j’ai pas vu une seule bagarre sur le terrain. Quand tu arrives de Féderale 3, ça fait bizarre ! 


La plus grosse différence, c’est surtout de jouer sur des terrains synthétiques. Comme Hong Kong est une ville très humide, l’entretien des terrains est très compliqué. Il y a donc très très peu de terrains en herbe, et toutes les équipes du championnat jouent sur synthétique.

Tu es sous contrat avec la Fédération désormais, ça signifie que tu as le statut professionnel ? 

Le championnat Hong Kongais n’est pas professionnel, tous les joueurs ont un travail à côté, ne s’entraînent que quelque fois par semaine et ne sont pas payés pour jouer. Cependant, la Fédération de Hong Kong a démarré en 2015 un programme professionnel à XV dans l’optique d’obtenir sa qualification pour la coupe du monde 2019 au Japon. Ils ont donc contacté quelques joueurs, dont moi. Aujourd'hui, nous sommes 35 joueurs pro à XV sur Hong Kong. On s’entraine toute la semaine avec l'équipe nationale, plus deux entrainements avec notre club et le match du week end avec notre club.

Sur les périodes de matchs internationaux, on joue pour Hong Kong sous réserve d’être sélectionné dans l’équipe. Il y a également une programme professionnel à VII, mais qui existe depuis beaucoup plus longtemps. 

Justement, qu'est-ce que tu peux nous dire sur la situation et la popularité du rugby là-bas ?

Le rugby est très populaire sur Hong Kong et le niveau est de plus en plus intéressant. Il y a plus de quarante équipes de rugby seulement sur Hong Kong, réparties dans sept divisions. En première division, nous ne sommes que six. On s’affronte trois fois chacune avant les phases finales. Le championnat est donc très court, ça démarre en septembre et se termine en mars.

Depuis mon arrivée, j’ai vraiment vu une augmentation du niveau et on peut dire aujourd’hui que le championnat se rapproche de plus en plus de la Fédérale 1. La Fédération souhaite vraiment développer au maximum le championnat pour avoir une équipe nationale la plus compétitive possible. C’est aussi une des raisons pour laquelle ils ont démarré ce programme pro à XV.

Comment as-tu fini par devenir international ? Raconte-nous un peu tes premiers pas dans cette équipe !

Il y a trois façons de pouvoir pour Hong Kong : soit tu es né à Hong Kong, soit tu as un passeport Hong Kongais, soit tu as vécu trois ans consécutif à Hong Kong et tu n’as aucune selection pour une autre équipe nationale... ce qui est mon cas. J’ai joué mon premier match contre le Zimbabwe dans le cadre de la Cup of Nations que nous avons gagné 34 à 11.


L’intégration est plutôt facile vu que l’équipe est formée majoritairement de joueurs qui sont dans le programme à XV avec moi.

On imagine bien l'émotion que tu as dû ressentir.

Oui, c’était un moment assez fort en émotion. Certes, ce n’est pas une sélection en équipe de France, mais ça reste un match international et tu représentes tout un pays. J’ai essayé de ne pas trop me mettre la pression mais quand j’ai su que j’étais dans le groupe et titulaire en 8 pour ce match, j'ai eu du mal à penser à autre chose. Je me suis forcé à apprendre l’hymne - c’est le même que l’hymne chinois - mais chanter en Mandarin n’est pas mon fort. J’ai fait de mon mieux mais heureusement qu’il n’y avait pas un micro à côté de moi. Je pense avoir été un peu meilleur contre la Russie quelques jours après (Sourire).

Vous disputez la Nation's Cup. Tu peux nous dire deux mots sur cette compétition et sur vos résultats ?

La Cup of Nations est un tournoi organisé par Hong Kong depuis deux ans maintenant. La première année, le Portugal, le Zimbabwe et la Russie étaient invités. Hong Kong a terminé deuxième avec seulement une défaite contre la Russie. Cette année, le Portugal a été remplacé par la Papouasie Nouvelle Guinée. La Russie nous a battu une nouvelle fois et nous terminons donc encore seconds. (Résultats : Hong Kong / PNG: 56 - 8 ; Hong Kong / Zimbabwe: 34 - 11 ; Hong Kong / Russie: 0 - 27).

Vous êtes en course pour aller à la Coupe du monde 2019, le Japon étant qualifié d'office. Quelles sont vos chances réelles ? Et comment va se passer le processus de qualification ? 

Hong Kong souhaite en effet se qualifier pour la Coupe du monde 2019 mais la route est encore longue. Les qualifications se feront en 2018. Tout les ans, Hong Kong joue l'ARC (Asia Rugby Championship) contre le Japon et la Corée du Sud. Si pendant l’édition 2018, Hong kong termine 1er de ce tournoi, on sera directement qualifiés pour la Coupe du monde mais ça reste très improbable car cela signifie qu’il faut battre le Japon. En revanche, si on finit 2ème, on se qualifie pour un match de barrage pour se qualifier pour le dernier tournoi qualificatif à la CDM.

Ce match de barrage se jouera contre le vainqueur de l'Oceania Rugby Cup (certainement une des raisons de l’invitation de la Papouasie Nouvelle Guinnée cette année). Et le vainqueur du tournoi qualificatif se qualifie pour le Mondial. Dans ce tournoi, on retrouvera une équipe européenne, une équipe africaine et une équipe américaine. La route est encore très longue et les chances sont assez minces mais il nous reste encore deux ans pour travailler et progresser. Ça fait un peu plus d'un an que la fédé à démarré ce programme pro à XV et on commence déjà à voir une nette progression dans notre jeu et organisation. On travaille dur chaque jour pour mettre toutes les chances de notre côté et obtenir ce dernier ticket pour la Coupe du monde

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