Eddie Jones a plus d'un tour dans son sac. Le technicien a encore trouvé une image que personne n’avait vraiment vue venir. Après la courte défaite du Japon face à l’Australie à Osaka, 35-32, le coach des Brave Blossoms a ciblé les soutiens. Avant la revanche de samedi à Townsville, il a montré à ses joueurs des vidéos d’oies volant en formation. Farfelu ? Pas tant que ça.
Le porteur du ballon comme point de repère
Jones compare l’oie placée devant au porteur du ballon : c’est lui qui donne la direction et les autres doivent s’adapter à son déplacement. Sa formule résume l’idée : « le porteur est roi ». Le soutien ne doit donc pas courir selon un schéma figé, mais réagir à ce que fait celui qui avance.
Le Japon sait créer, moins bien accompagner
C’est là que le Japon a laissé des points à Osaka. Les Brave Blossoms ont imposé du rythme, eu des sorties rapides et fait des passes capables d’étirer la défense australienne. L’Australie avait même concédé neuf franchissements en première période. La première fissure existe donc déjà. Le chantier consiste à envoyer assez de monde derrière pour l’agrandir.
Un franchissement sans soutien perd vite de sa valeur. Le porteur peut s’isoler, ralentir ou simplement laisser au rideau défensif le temps de se reconstruire. À l’inverse, un partenaire dans l’épaule intérieure, un autre à l’extérieur et un soutien proche du contact multiplient les options. C’est la différence entre casser la ligne et réellement mettre le feu à la défense.
L’image des oies sert surtout à simplifier cette lecture. Jones ne demande évidemment pas à quinze joueurs de courir en V. Il veut que chacun lise la trajectoire du porteur et se replace en conséquence. En cyclisme, on parlerait presque du train d’un sprinteur : la vitesse compte, mais elle devient plus dangereuse quand tout le monde arrive au bon moment.
Sept points entre les deux équipes
Ce réglage compte d’autant plus que l’écart s’est resserré entre les deux nations. En octobre 2025, l’Australie s’était imposée 19-15 à Tokyo. Puis seulement trois points ont séparé les équipes à Osaka. Sur leurs deux dernières confrontations, les Wallabies ne possèdent donc qu’une marge cumulée de sept points sur le Japon.
Samedi à Townsville, Jones ne cherche pas forcément une révolution. Son équipe sait déjà accélérer, déplacer le ballon et trouver des espaces. Elle doit surtout éviter de laisser son porteur partir seul dans la brèche. Si les Brave Blossoms réussissent à « voler en formation », l’Australie pourrait découvrir que l’histoire des oies était beaucoup moins folklorique qu’elle n’en avait l’air.
Qui dit oies, dit Capitole. Qui dit Capitole, dit Toulouse...