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“Difficile et déchirant” : Le Super Rugby perd encore une équipe… Moana Pasifika en victime

Le Super Rugby va perdre une nouvelle équipe. Mais avec Moana Pasifika, c’est toute une identité, une culture et une mission qui risquent de s’effacer.

Thibault Perrin 15/04/2026 à 10h20
Derrière l’annonce de la fin de Moana Pasifika se cache une réalité brutale : celle d’un projet ambitieux rattrapé par des contraintes économiques implacables.
Derrière l’annonce de la fin de Moana Pasifika se cache une réalité brutale : celle d’un projet ambitieux rattrapé par des contraintes économiques implacables.

Clap de fin pour Moana Pasifika

C'était dans les cartons. C'est désormais officiel. Moana Pasifika, la franchise du Pacifique de Super Rugby, sera dissoute à l’issue de la saison 2026, au terme de cinq exercices dans la compétition. Dans son communiqué, la présidente, le Dr Kiki Maoate, parle d’une décision “difficile et déchirante”. Laquelle découle d'un examen des réalités financières, opérationnelles et stratégiques du projet.

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Plus qu’une équipe, un symbole

L’histoire de Moana Pasifika ne se résume pourtant pas à un bilan comptable. Le projet est né en 2020 autour d’un match vitrine face aux Māori All Blacks, avant d’obtenir sa place en Super Rugby Pacific à partir de 2022. L’idée était claire, offrir une scène professionnelle à des talents et à une identité rugbystique du Pacifique longtemps sous-exposés dans l’écosystème néo-zélandais et international.

Moana Pasifika n’était pas seulement une franchise de plus dans le tableau. C’était un porte-voix. Un point de ralliement. Un espace où les communautés du Pacifique pouvaient se reconnaître, voir leurs joueurs, leur culture et leur énergie exister à haut niveau. Le Dr Maoate a d’ailleurs insisté sur l’héritage laissé par les programmes rugby, de formation et d’action communautaire menés autour du club.

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Un modèle difficile à tenir

Sur le fond, le message est limpide. Le modèle n’est plus viable dans sa forme actuelle. Plusieurs sources néo-zélandaises évoquent des coûts annuels élevés pour faire vivre la franchise et l’arrêt du soutien de l’actionnaire principal au-delà de 2026. Des sources rapportaient déjà avant l'annonce que les propriétaires cherchaient une solution ou un nouveau soutien financier pour éviter cette issue.

Ce que ça change pour le Super Rugby

Sportivement, la disparition de Moana Pasifika réduirait le Super Rugby Pacific à 10 équipes en 2027, après la disparition des Melbourne Rebels fin 2024. Sans oublier le départ des franchises sud-africaines pour l'Europe. Cela dit, tout n’est pas totalement fermé. New Zealand Rugby a indiqué rester ouverte à des discussions si un projet financièrement viable émerge pour prolonger l’aventure.

Des joueurs à replacer, un héritage à défendre

Pour les joueurs et le staff, l’enjeu est immédiat. Il faut finir la saison avec dignité, tout en préparant l’après. Pour le rugby du Pacifique, le vrai sujet est encore plus large, comment préserver une passerelle d’élite pour ces talents sans perdre l’âme du projet. Parce que Moana Pasifika s’arrête peut-être, mais l’idée qu’elle portait, elle, mérite clairement de survivre.

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Il est probable qu'une partie des joueurs se proposent sur le marché des transferts très rapidement. On ne serait pas surpris de voir débarquer certains éléments au sein des championnats comme le TOP 14, la Premiership voire la PRO D2. Pour rappel, Moana Pasifika compte dans ses rangs des joueurs comme Laumape (33 ans), passé par le Stade Français. Ou encore l'ancien briviste Jackson Garden-Bachop (31 ans). Ainsi que de nombreux internationaux du Pacifique dont la carrière est loin d'être terminée.

Barraka
Barraka

Triste après leur bonne saison l'année dernière, même si c'était prévisible vu les joueurs perdus à l'intersaison.
Après le départ des franchises sudafs, es jaguares, et maintenant les difficultés que rencontrent des franchises du pacifique (les Druas squattent aussi les fonds de classement), le super rugby n'a pas l'air de trouver une formule fiable.


GoReyBoy
GoReyBoy

J'ai l'impression que cette franchise ne jouait plus le rôle de développement pour les équipes des Tonga et Samoa.
Elle semblait se concentrer sur le développement des joueurs Néo-Zélandais d'origine d'un pays du Pacifique (Hors Autralie, New-Zélande, voir Fidji).
On dirait une sixième franchise Néo-Zélandaise.