Un remake très attendu à Chaban
''L’ouvreur le plus spectaculaire d’Europe'', la presse anglaise se mêle au débat Jalibert/NtamackCe dimanche, l’Union Bordeaux-Bègles reçoit Northampton pour la 3e journée de Champions Cup. Une affiche déjà décisive, mais surtout un remake brûlant de la dernière finale européenne, remportée par l’UBB face aux Saints (28-20). Les deux équipes arrivent lancées, avec deux victoires en deux matchs et 10 points au compteur. Northampton est leader de la poule, Bordeaux juste derrière. À Chaban-Delmas, devant un public qui n’a pas oublié Londres, les Girondins auront l’occasion de confirmer leur statut de champions en titre face à une équipe anglaise revancharde et statistiquement très solide.
Bordeaux frappe fort, Northampton installe la pression
Les chiffres des deux premières journées racontent déjà beaucoup. L’UBB est l’équipe la plus prolifique de la compétition avec 15 essais inscrits et 96 points marqués. En face, Northampton n’est pas loin (13 essais, 85 points), mais se distingue surtout par sa capacité à garder le ballon. Les Saints dominent la Champions Cup au nombre de possessions (115) et de séquences jouées dans le camp adverse (50). Bordeaux, à l’inverse, se montre plus clinique, avec moins de ballons joués mais un rendement maximal. Deux philosophies s’affrontent : l’efficacité bordelaise contre la pression continue anglaise.
Jalibert et Bielle-Biarrey, les moteurs girondins
Individuellement, l’UBB peut s’appuyer sur des cadres en feu. Matthieu Jalibert réalise un début de campagne européen de très haut niveau, avec 28 points inscrits, 27 courses balles en mains et surtout 8 passes après contact, un record dans la compétition. Il symbolise parfaitement ce jeu bordelais fait de vitesse d’exécution et de prises d’initiative. À ses côtés, Louis Bielle-Biarrey confirme qu’il est bien plus qu’un finisseur : 3 essais, 177 mètres parcourus ballon en main, et une menace permanente dans les intervalles. Bordeaux n’a peut-être pas le volume de jeu de Northampton, mais il a des joueurs capables de faire basculer un match sur une seule accélération.
Northampton, puissance et volume avant tout
Côté Saints, la force collective saute aux yeux. Northampton est la meilleure équipe de la compétition en mètres gagnés à la course (1137) et en plaquages dominants (32). Le pack impose un gros défi physique, emmené par JJ van der Mescht, très actif après contact. Derrière, George Hendy est l’homme fort : 4 essais, 187 mètres parcourus, 9 défenseurs battus. Northampton gagne du terrain, use l’adversaire et finit souvent par trouver la faille. Mais cette intensité a un prix : les Anglais affichent aussi 26 plaquages manqués et 39 turnovers concédés. Face à une UBB opportuniste, la moindre approximation peut coûter cher. Surtout avec les flèches qu'il y a derrière.
Le jeu au sol et la défense, clé numéro 1 du match
S’il y a un secteur où Bordeaux peut faire la différence, c’est bien en défense. L’UBB affiche le meilleur taux de réussite au plaquage de la compétition (85,2 %) et concède moins de ballons de récupération que Northampton. Surtout, les Girondins excellent dans le jeu après contact, avec 39 passes offloads, un chiffre qui témoigne d’un collectif très bien huilé. Si Bordeaux parvient à ralentir les sorties de balle anglaises et à gagner la bataille des soutiens, il pourra empêcher Northampton d’installer son jeu de pression. À l’inverse, si les Saints imposent leur rythme, l’UBB pourrait passer une longue soirée à défendre.
Chaban, un avantage qui compte vraiment
Les dynamiques récentes renforcent encore l’avantage bordelais. À domicile, l’UBB est sur une série impressionnante, avec plus de 50 points inscrits face aux Scarlets en Champions Cup et des démonstrations en Top 14 contre Toulon et le Racing. En moyenne, Bordeaux marque 50 points à Chaban en Europe. Northampton voyage plutôt bien, mais reste plus irrégulier loin de Franklin’s Gardens. L’historique récent parle aussi pour les Girondins, vainqueurs des deux dernières confrontations, dont la finale. Dans un match aussi serré sur le papier, ce contexte peut peser lourd.
Bien plus qu’un match de poules
Ce choc n’est pas seulement un remake, c’est déjà un tournant potentiel de la compétition. Le vainqueur prendra une option très sérieuse sur la première place de la poule et sur un 8e puis un quart de finale à domicile. Pour l’UBB, c’est l’occasion d’envoyer un message clair à l’Europe : le titre 2025 n’était pas un accident. Pour Northampton, c’est une chance de prendre une revanche symbolique et de s’affirmer comme un prétendant crédible. Une chose est sûre : au vu des stats, ce dimanche, la Champions Cup va très vite, très fort… et très haut.

pascalbulroland
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91890 pointsJe viens d'apprendre que Lucu a une entorse du genou, son absence serait de 4 à 6 semaines.
pascalbulroland
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91890 pointsAttention aux touches de Northampton, ils sont très bons sur cette base de lancement.
Avec plus de réussite face à Pau , le score contre les Béarnais aurait été beaucoup plus large.
Pour moi, c'est THE match de cette journée de CC...
Uther
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5774 pointsEt c'est là où on voit le format absolument débile de cette compétition.
Avec un format en match aller/retour, chaque équipe aurait eu la chance de jouer à domicile contre chaque adversaire. Là, c'est un pur hasard de recevoir/se déplacer. L'histoire serait différente si le match avait lieu à Northampton et c'est vrai aussi dans d'autres poules pour d'autres équipes.
Et le pire, c'est que ça a un impact majeur sur la suite de la compétition.
Ça vaut aussi pour les voyages en Afrique du Sud.
Bref...
potemkine09
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47525 pointsCa vaut aussi pour les matchs à Glasgow 😊
C'est vrai que ce format est difficilement compréhensible, injuste et mal foutu. Mais il a un avantage, il réduit le nombre de matchs. On ne peut pas imposer encore plus de matchs aux joueurs (particulièrement ceux jouant en France) alors qu'au contraire il faudrait en diminuer le nombre
Uther
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5774 pointsOui, ça vaut aussi pour les matchs à Glasgow ou pour les matchs au Leinster et en fait pour toutes les équipes et tous les matchs, c'est bien ça le problème.
Quant au nombre de matchs, dans ce format, les équipes jouent 4 matchs minimum et 8 matchs au maximum pour les chanceux qui atteignent le finale.
On pourrait très bien imaginé un format avec 8 poules de 3 et on gagnerait déjà un match. On pourrait aussi avoir 4 poules de 4 et on aurait au pire le même nombre de matchs (On pourrait en gagner un si seul le 1er de chaque poule se qualifiait ce qui me semblerait bien plus logique).
Bref, il existe des solutions pour revenir à un format bien plus lisible, bien plus intéressant et plus juste.
Mais comme je le dis à chaque fois : Les dirigeants du rugby ont une capacité sans limite à pondre des formats de compétition plus stupides les uns que les autres. Il n'y a qu'à voir la prochaine CDM.
Ils devraient regarder ce que font leurs collègues du XIII qui pourtant ont encore moins d'équipes compétitives mais qui parviennent à trouver des solutions bien plus intelligentes.