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De Clichy-La-Garenne à la Légion d'honneur, que deviens-tu, Serge Betsen ?
Serge Betsen récompensé pour son engagement.

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Après une carrière au plus haut niveau qui l'a vu arborer à 4 reprises le brassard de capitaine du XV de France, Serge Betsen s'est vu décerner la Légion d'honneur en récompense à son engagement humanitaire.

Serge Betsen, c'est trois titres de champion de France, trois Tournois pour deux Grands Chelems et un trophée Yves-du-Manoir. Mais Serge Betsen, c'est aussi des associations caritatives, un programme de coaching en rugby pour les jeunes de Londres, plusieurs livres, un poste de consultant, une position de vice-président (2012-2014) à Provale... Et si « la faucheuse » a cessé de martyriser ses adversaires avec sa science du plaquage, c'est parce qu'il continue à donner de sa personne sur d'autres fronts, abattant un travail considérable partout où il passe. En digne représentant de valeurs rugbystiques trop souvent oubliées. Discret et besogneux sur les terrains comme dans la vie, voici le portrait du guerrier devenu Chevalier.

Un honneur inestimable

Même à plusieurs centaines de kilomètres et à travers l'écran de l'ordinateur, la voix posée, Serge Betsen reste impressionnant. Probable qu'il lui faille plus qu'une simple interview pour l'émouvoir et le voir se départir de son calme, lui qui vient de se voir octroyer rien de moins que la Légion d'honneur. Évidemment surpris et très ému d'être ainsi distingué, il ne cache cependant pas une certaine forme de fierté, tout en reconnaissant que cette décoration le dépasse un peu, dans la mesure où cette très bonne nouvelle n'était absolument pas prévue au programme, ou du moins à son programme. Il n'empêche, cette distinction - qu'il accueille avec humilité - n'est pas pour lui déplaire, surtout qu'elle lui permet de porter haut ses couleurs : un savant mélange de ce qu'il a été dans son sport, et de ce qu'il est désormais dans ses activités. Et ça, "ça n'a pas de prix."

Du joueur choqué à l'homme engagé : ses actions humanitaires

Après le rugbyman vient l'homme engagé. Celui qui, à la faveur d'un retour sur sa terre natale du Cameroun, en revient choqué et fermement décidé à offrir au plus d'enfants possible la chance qu'il a eu de pouvoir quitter l'Afrique. D'avoir l'opportunité de vivre dans un contexte différent. Alors joueur à Biarritz, il se rend compte que les valeurs du rugby sont tout à fait transposables dans le cadre d'une initiative de développement de ce pays marqué par la pauvreté, à l'accès à l'éducation et aux traitements plus que difficiles et réservés à une poignée de privilégiés. De cette prise de conscience naît la Serge Betsen Academy, qui fait de l'éducation et de l'accès aux soins pour les jeunes Camerounais le centre de son action. Comme il le dit lui-même à propos du faible accès aux traitements médicaux, « quand on a pas les moyens, on meurt dans l'heure qui suit ».

Depuis treize ans, l'ancien Biarrot s'attaque à ce projet à bras le corps, bien secondé par ses adjoints Odile Prévot-Mussat ou Sébastien Lovy (trésorier) ou sur le terrain par le docteur Elisabeth Ngamy, qu'il ne manque pas de saluer, ainsi que la myriade de bénévoles qui apportent dans l'ombre leur pierre à l'édifice. Avec des résultats plus que probants, puisque chaque année, ce sont environ 500 jeunes qui sont ainsi encadrés et accompagnés. La Serge Betsen Academy leur offre non seulement les moyens matériels d'étudier et de se soigner, mais également un suivi sans lequel tous ces efforts seraient vains, et leurs rêves réduits en poussière.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : entre les 75/80% de résultats positifs et les cinq centres ouverts à travers le Cameroun, l'opération est un franc succès, dont l'objectif est désormais de maintenir ce cap en continuant à mobiliser les gens. Le tout dans l'ambiance rugbystique qu'y a instauré l'ancien flanker tricolore, utilisant à bon escient le prisme du rugby pour créer un climat chaleureux et familial, dans lequel les enfants peuvent évoluer et grandir en toute sérénité. Imitant celui dans lequel il a débuté le rugby à Clichy-La-Garenne, et auquel il est encore aujourd'hui reconnaissant. C'est également ce même état d'esprit qu'il essaie de recréer à Londres à travers Serge Betsen Rugby, le programme de coaching en rugby qu'il a créé il y a deux ans, et qui reçoit le soutien de nombreuses écoles françaises de la capitale britannique.

En marge de la Serge Betsen Academy, il fonde les French Legends, association d'anciens internationaux, l'occasion de se retrouver pour des matchs de gala dont les fonds sont reversés à des associations, tout en donnant un autre sens au rugby. Nul doute que ces engagements, ajoutés à sa carrière internationale, ont pesé lourd au moment de lui accorder la Légion d'honneur.

>> Serge Betsen continue de donner de ses nouvelles en p. 2 <<

Quel avenir pour le rugby français ?

Vient le moment de parler rugby. Entre l'arrivée de Guy Novès à la tête du XV de France, l'élection de Bernard Laporte, le Tournoi qui se profile et l'évolution du rugby professionnel, il y a de quoi faire. Avec son livre, « Les 7 plaies du Rugby Français », qui oppose les modèles français et anglo-saxons, Betsen - qui souligne le très fort potentiel de la France - est l'interlocuteur privilégié de ce genre de discussion. Pour lui, il faut entretenir l'identité du rugby français. Ce que Guy Novès, à son sens, a très bien su faire dès son arrivée, redonnant un coup de fouet au XV de France, garant d'un jeu qui a fait de Toulouse la plus grande équipe d'Europe. Serge Betsen de souligner l'engouement que suscite à nouveau le XV de France, emmené par un Guilhem Guirado qui cristallise la débauche d'énergie des Tricolores, qui n'ont plus "qu'à se régler offensivement afin de concrétiser leurs efforts et s'installer définitivement dans le haut du panier". Avant de rajouter qu'il compte bien chambrer les Anglais, chez qui il vit depuis 8 ans, confiant dans la capacité des Bleus à contrecarrer les plans d'Eddie Jones le 4 février prochain, à Twickenham.

À la mention de Bernard Laporte et de sa récente élection à la tête de la Fédération, la tonalité de sa voix change, se fait moins enthousiaste ou du moins plus mesurée, empreinte du respect pour celui qui représente beaucoup, pour lui et le rugby français. Car même s'il est confiant en la capacité de l'ancien sélectionneur à faire bouger les choses, il rappelle non sans justesse qu'il faut "laisser le temps au temps", avant de commencer à spéculer sur les réformes envisagées par le nouvel homme fort de la FFR. Avant de suggérer, un brin taquin, d'envoyer son livre à la Fédération pour les aider dans cette tâche.

Quant au paysage professionnel en pleine transformation avec les naufrages de certains clubs historiques comme Biarritz, Perpignan ou Tarbes, et l'émergence de promus comme Vannes ou Soyaux-Angoulême, son constat est lucide : la concurrence pour exister à l'échelon professionnel est impitoyable, notamment pour ceux qui n'ont pas les moyens de se mettre à niveau. Il rappelle qu'il devrait cependant être du devoir de la FFR de sauvegarder des clubs formateurs tels que le FCAG, qui alimente le Top 14 et la Pro D2 en joueurs de qualité, mais qui peine à exister. C'est selon lui un autre des challenges que doit relever Laporte.

Le Sécateur en questions

- Les joueurs qu'il aimait rencontrer sur le pré...

Peter Stringer, Ronan O'Gara, Johnny Wilkinson, Fabien Galthié, Jérôme Cazalbou, David Skrela... et Dimitri Yachvili.

- Et poste pour poste ?

Richie McCaw, Richard Hill, Lawrence Dallaglio et Thierry Dusautoir.

Avec qui préférait-il jouer ?

Les mecs du 5 de devant

Contre qui détestait-il jouer ?

Jona Lomu, Tana Umaga ou Isitolo Maka, sans oublier les Christophe Dominici, Jason Robinson et consort.

Biarritz ou les Wasps ?

Biarritz ! Plus bière que thé, et plus ferias que pubs londoniens.

Isabelle Ithurburu de Clémentine Sarlat ?

Clémentine Sarlat, pour son aisance dans la langue anglaise. 

Rémy DOUTRE
Rémy DOUTRE
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belle action

Superbe interview !

super article! Et c'est cool d'avoir des nouvelle de "la faucheuse".

  • dusqual
    31803 points
  • il y a 3 ans

je vois pas jules plisson sur les bancs de l ecole. ceci explique cela...

Très bel article.
Un reproche tout de même, la "chance de pouvoir quitter l'Afrique". Là je dis non, non, non et non. Ce n'est pas comme ça que ce continent s'en sortira.
À l'image d'un Tiken Jah Fakoly qui prône la fierté d'être africain, la vraie solution est de permettre à ses jeunes de faire relever la tête au plus beau continent du monde. Ils ne doivent pas s'exiler mais faire fasse.
Cest là que Betsen peut apporter son expérience et ses connaissances.

@Marc Lièvre Entremont

Le plus beau continent du monde, c'est la Bretagne.

  • epa
    36984 points
  • il y a 3 ans
@Marc Lièvre Entremont

là je dis si, si, si ..... Quand on est européen, c'est une chance de pouvoir quitter l'Europe et je cite l'article "D'avoir l'opportunité de vivre dans un contexte différent" c'est vrai pour tous les habitants de tous les continents. Vivre dans une autre culture permet de s'enrichir et si il peut le faire partager OUI OUI OUI.

@epa

J'imagine que tu titilles, parce-que tu ne quittes pas l'Afrique pour les mêmes raisons que tu quittes l'Europe.

  • epa
    36984 points
  • il y a 3 ans
@Marc Lièvre Entremont

Oui, je titille. Et tu as raison en général mais le général ne s'applique pas au particulier. Et puis c'est toujours une chance de quitter son chez soi pour aller voir ailleurs et si c'est vrai pour un européen, c'est vrai aussi pour un africain même si tu considères que l'Afrique est le plus beau continent du monde. Il faut faire attention de ne pas se croire trop différent... 😉

@epa

C'est juste qu'on fait miroiter aux Africains que l'herbe est plus verte ailleurs.
C'est en partie vrai, car il n'y a pas d'herbe en Afrique en ce moment, mais si on forme les jardiniers, ce sera un oasis.
Tout ça est très imagé, mais assez clair j'espère.

Fan du joueur qu'il a été et fan de l'homme actuel, il mérite beaucoup de respect.

Simplicité, humilité, altruisme bosseur .... cet homme inspire le respect et mérite cette décoration !
Je me souviens de ses matchs toujours pleins, à l'énergie totale pour son equipe, il est le même dans la vie : BRAVO. Son travail dans l'humanitaire auprès des enfants est super !

  • mimi12
    79401 points
  • il y a 3 ans

Un article qui montre qu'un rugbymen n'est pas forcément une brute sans coeurs ! Un grand homme qui mérite cette distinction !

  • oZbeck
    26424 points
  • il y a 3 ans

Voilà qui redonne un peu d'honneur à cette breloque!
Félicitation il en faudrait plus des comme ça

  • Ranor
    21566 points
  • il y a 3 ans

Grand homme et grand joueur, un sens du sacrifice corporel énorme sur le terrain et un engagement dans la vie qui n'est pas moindre que celui qu'il mettait dans ses matchs. Bravo Mr Betsen!

  • epa
    36984 points
  • il y a 3 ans

Sympa l'article

  • sorgina
    50004 points
  • il y a 3 ans
@epa

Betsen aussi et il la mérite sa médaille...........Lui

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