Derrière le sacre européen de l'UBB se cache une autre histoire. Celle des déchirures invisibles. Selon les révélations de RMC, de lourdes tensions auraient miné le club cette saison, révélant une fracture au sein du staff. Dès l'automne dernier, deux camps se seraient progressivement formés au sein de l'encadrement bordelais: d'un côté Yannick Bru et ses collaborateurs proches, de l'autre Thibault Giroud, responsable de la performance, accompagné de plusieurs membres de la cellule physique.
Et pourtant, les Girondins ont réalisé un formiable doublé. Comment un club éclaté a-t-il pu dominer l'Europe de cette manière ? La réponse réside en partie dans le rôle silencieux de certains cadres. Et notamment d'un homme : Maxime Lucu.
Ce qu'est un capitaine invisible
Le vrai leadership n'est pas toujours celui qu'on entend. Il y a les capitaines vocaux, ceux qui crient, qui frappent sur la table. Puis il y a les autres. Ceux qui observent. Qui créent du lien sans faire de bruit. Qui gèrent les tensions avant qu'elles explosent.
Ce type de capitaine doit aussi porter le brassard hors du pré pour être le trait d'union entre les hommes. Quand le staff n'est plus sur la même longueur d'onde, c'est le capitaine qui doit s'assurer que le vestiaire, lui, n'explose pas. C'est beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît.
Ce travail se fait en off. Pas de phrase mémorable rapporté par les médias. Pas de geste héroïque capturé à la caméra. Juste de la présence. De la confiance qu'on accumule jour après jour. Et ça, ça peut être éreintant. Notamment d'un point de vue mental.
Lucu, un leader sur tous les fronts
Maxime Lucu, 33 ans, est devenu capitaine sur la fin de saison 2022-2023. Mais avant de devenir le leader qu'on connaît, il a aussi eu ses périodes de galères et de doute. Après le 6 Nations 2024, il a eu le sentiment d'être "au plus bas". L'UBB l'a aidé à relever la tête, grâce à ses coéquipiers et au club.
Voilà pourquoi il donne tout pour son équipe. Même lorsque ça dépasse les limites du terrain. Selon RMC, les deux camps du staff ne partageaient plus les repas, une atmosphère "glaciale" s'était installée. Avec d'autres cadres, Lucu a dû gérer ça. Maintenir la cohésion. Et en même temps, jouer au plus haut niveau.
Sur le terrain, ses chiffres parlent pour lui : il a été élu joueur du match de la finale de Champions Cup. Le tout, au terme d'une saison où il a inscrits 71 points (19 transformations, 6 pénalités), réalisé 50 plaquages avec 72% de réussite, et 249 passes. On peut aussi ajouter ses 3 essais, 6 franchissements et 5 défenseurs battus. Preuve qu'il ne n'est pas contenté de passer le cuir.
Une charge mentale supplémentaire
Mais devoir "gérer" sur et en dehors du rectangle vert, c'est une charge mentale supplémentaire au capitanat, à la pression du résultat, à l'inquiétude des tension. Et ça peut amener un joueur à vouloir en faire plus. Toujours plus. À compenser par l'effort physique. Et quand on en fait trop, on prend le risque de se blesser. Ou pire, on s'épuise. C'est le prix invisible du leadership en temps de crise interne. Personne ne le voit sur la feuille de match. Mais il y est.
Heureusement pour Lucu, il a été épargné par les pépins physiques après un début de saison compliqué par les blessure. Et il va désormais pouvoir souffler un peu. Avoir manqué les phases finales de TOP 14 pourrait en effet être un mal pour un bien autant pour le staff que pour l'ensemble des joueurs. Rares sont les moments où les internationaux peuvent prendre du temps pour eux dans le calendrier.
Un repos supplémentaire forcé qui va permettre à tout le monde faire un reset mental pour revenir plus fort à la rentrée avec en ligne de mire pour les Tricolores bordelais, la Coupe du monde en Australie. Pour Bordeaux, et notamment son staff, c'est aussi le moment de repartir sur des bases plus saines avec les départs annoncés de plusieurs membres dont Giroud. Afin de mettre en place une stratégie pour tenter de décrocher le premier Brennus de son histoire. Et pourquoi pas, de réaliser un triplé historique en Champions Cup.
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