Désormais joueur des Blues en Super Rugby, Pita Ahki a quitté le Stade Toulousain il y a quelques semaines avec le sentiment du devoir accompli. De retour au pays, le centre international a raconté une anecdote savoureuse sur Antoine Dupont dans le podcast What A Lad. À son arrivée en France, il ne connaissait ni le rugby hexagonal et encore moins les joueurs toulousains. Et lorsqu’il a croisé pour la première fois celui qui deviendrait le capitaine du XV de France… il s’est complètement trompé sur son poste. Et on peut difficilement lui en vouloir.
Privé de ses stars, Toulouse n'aligne pourtant pas une équipe « low cost » contre Montauban“Je pensais qu’il jouait talonneur”
Ahki raconte sans détour : « Je n'avais aucune idée de ce qu'était le rugby français ni qui étaient les joueurs. Quand je suis arrivé, je me souviens avoir regardé Dupont s'entraîner à la salle de sport avec le cousin de Kayla (Luke McAlister, NDLR), qui jouait à Toulouse à l'époque. On était à la salle de sport. Et là, je me dis : “Tiens, c'est qui ce type ?” Il me répond : “Hé, tu ne sais pas qui c'est ?” Je dis : “Non.” Comme il savait à quel poste il jouait, il me demande : “À ton avis, il joue à quel poste ?” Je dis : “Oh, il a l'air jeune. Talonneur.” Il me dit : “Mec, il joue demi de mêlée.” Je me suis dit : “Mec, il a un physique comme ça.” Je pensais qu'il jouait talonneur, mais il m'a montré ses meilleurs moments et je me suis dit : “Ah, d'accord. Il est vraiment bon.” »
Débarqué à Toulouse en provenance de Castres à l'été 2018, Dupont s'était déjà fait un nom dans le rugby grâce à ses prestations sous le maillot du CO et des moins de 20 ans. On lui prédisait déjà un grand avenir à l'époque tant il était impressionnant physiquement. Depuis, son jeu a évolué, au fil des matchs, des victoires, des défaites, et des blessures. Plus collectif aux yeux de beaucoup, mais toujours aussi décisif.
Un gabarit trompeur, un profil unique
L’anecdote fait sourire, mais elle dit beaucoup. Antoine Dupont n’a pas le profil classique du demi de mêlée. Avec ses appuis bas, ses cuisses puissantes, son énorme raffut et son centre de gravité très stable, il évoque davantage un joueur de première ligne qu’un numéro 9. Cette densité physique lui permet d’exceller dans les zones de combat : sortie de balle sous pression, défense dans le premier rideau ou proche de la ligne, et même capacité à gratter au sol comme un troisième ligne.
Techniquement, Dupont combine explosivité sur les 5 premiers mètres et lecture ultra-rapide des intervalles. Là où beaucoup de demis organisent, lui désorganise. Son jeu au ras, ses feintes de passe et sa capacité à attaquer le fermé obligent les défenses à rester très concentrées. C’est sans doute ce mélange entre puissance et vista qui a surpris Ahki lors de cette première impression à la salle.
“Je déteste m’entraîner contre lui”
Le centre tongien ne s’est pas arrêté là : « On dirait qu'il a tout son temps. Il fait ça avec une facilité déconcertante. Je déteste m'entraîner contre lui. Quand il est dans l'équipe adverse, je déteste m'entraîner contre lui. Il est tellement rapide et difficile à lire, vous savez, il fait tout. Tout ce que vous voyez à la télé, il le fait à l'entraînement. Il essaie tout. Il pose toujours des questions. Il est vraiment bon. »
De 2012 à 2026 : Comment Toulouse a industrialisé la « fessée » à domicileUn discours qui renforce encore l’aura d’Antoine Dupont dans le vestiaire. C’est aussi le rappel que son capitaine ne se contente pas d’être un génie du week-end, mais un bosseur obsessionnel en semaine qui n'a sans doute pas fini de nous surprendre. Même s'il ne jouera sans doute jamais au talon.
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