Depuis trois journées, un homme attire tous les regards du côté rochelais. Avec 5 essais et 69 points inscrits sur cette série, Nolann Le Garrec porte littéralement les siens dans le sprint final. Dimanche encore, face au Racing 92, le demi de mêlée a été impliqué sur les deux essais de son équipe avec une réalisation personnelle et une passe décisive.
Comme souvent avec les grands numéros 9, tout semble simple lorsqu’il touche le ballon. Pourtant, derrière les fulgurances du Breton, c’est surtout tout un collectif qui fonctionne enfin à plein régime. Libérations rapides, avants mobiles, circulation fluide, La Rochelle retrouve les bases de son rugby et cela change tout.
Des avants omniprésents et des libérations rapides
Le premier essai de Le Garrec est probablement l’action qui résume le mieux le réveil collectif rochelais. Une séquence presque scolaire dans son exécution, où chaque joueur remplit parfaitement son rôle. Tout part d’une touche dans les 40 mètres adverses, proprement captée par les Maritimes. Derrière, les avants entrent immédiatement dans leur travail de sape. Tolu Latu vient créer un premier point de fixation et sécurise une libération ultra-rapide grâce aux soutiens. En moins d’une seconde, Le Garrec peut déjà éjecter le ballon. La Rochelle enchaîne alors avec une deuxième zone de collision au centre du terrain. Là encore, les soutiens arrivent vite et permettent au demi de mêlée de jouer vite, sans pression. Le Garrec inverse immédiatement le sens du jeu et toute la défense francilienne se retrouve en retard.
C’est ici que le travail invisible des avants devient capital. Les joueurs utilisés sur le premier ruck se replacent immédiatement tandis qu’Oscar Jegou est resté sur l’aile après la touche. Le surnombre apparaît naturellement et Max Spring est obligé de monter en pointe pour tenter de couper l’action, ouvrant un intervalle dans son dos. Le Garrec, lui, a déjà anticipé. Comme tout numéro 9, il suit parfaitement son action au soutien intérieur et vient conclure une séquence collective parfaitement exécutée. Un essai simple en apparence, mais rendu possible par la vitesse d’exécution rochelaise.
Du copié-collé et une faille étudiée
Le deuxième essai rochelais ressemble presque à une répétition du premier. Même structure, même capacité à accélérer les sorties de balle et surtout même volonté d’attaquer une défense du Racing constamment en retard dans les replacements. Une nouvelle fois, La Rochelle crée un point de fixation au centre du terrain avant d’enchaîner avec une libération rapide. Le demi de mêlée inverse encore le jeu et crée immédiatement du danger avec un nouveau surnombre.
L’autre élément clé de cette action vient du repositionnement d’Ihaia West à l’arrière. La Rochelle joue avec deux ouvreurs de formation et multiplie les options offensives. Lagivala déborde le long de la ligne, bien servi le Néo-Zélandais. Derrière, les soutiens rochelais arrivent encore très vite dans la continuité de l’action. Le Garrec peut alors ressortir un ballon éclair pendant que la défense du Racing recule encore. Oscar Jegou n’a plus qu’à plonger dans l’en-but.
Ces deux essais illustrent parfaitement le retour d’un collectif rochelais beaucoup plus cohérent et fluide. Aujourd’hui, Nolann Le Garrec évolue dans un cadre qui maximise ses qualités avec des sorties rapides, des soutiens présents et un jeu dynamique qui lui permet d’attaquer des défenses désorganisées. Et lorsque le demi de mêlée français peut jouer lancé, il redevient l’un des joueurs les plus dangereux du Top 14.
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