C’est l’une des informations dramatiques de la semaine au sein du rugby français : l’historique club de Tarbes devrait déposer le bilan dans les prochains jours, selon le Midi Olympique. Une nouvelle malheureuse mais peu surprenante, pour ceux qui ont eu écho de plus ou moins près les difficultés de sponsoring que connaissent les clubs de Nationale des Hautes-Pyrénées (Lannemezan n’aurait que 600 000 euros de budget), et les déficits financiers qui en découlent, bien souvent.
Ce bastion du rugby français au bord du dépôt de bilanDéjà en fond de classement au niveau sportif, le champion de France 1973 ne devrait donc pas finir la saison, à moins d’un miracle. Cela pourrait entraîner la disparition du club de la Nationale 1, avec soit une relégation administrative en Fédérale 1 (la Nationale 2 paraît peu envisageable), soit une rétrogradation jusqu’au niveau régional comme ce fut par exemple le cas pour le voisin du FC Auch en 2017.
''Merci le dépôt de bilan''… Le jour où La Rochelle a chipé Greg Alldritt à Auch et la Fédérale 1Une chose est sûre : le statut professionnel du club ne sera plus, à compter de la saison prochaine. Un nouveau coup dur pour un bastion du rugby français - bien souvent contraints de vivre au-dessus de leurs moyens - mais aussi pour l’image et l’équilibre de la Nationale, qui subit ce genre d’échecs chaque saison, depuis plusieurs années.
Malgré tout, tentons de voir un embryon de lumière à la situation en prenant des nouvelles des clubs qui ont connu la même situation ces dernières années.
Des budgets toujours plus élevés
Nombreuses sont les entités qui ont donc cédé sous le poids des coûts toujours plus conséquents pour vivre à un certain niveau dans le rugby français. Aujourd’hui, pour exister en Nationale 1, il faut avoir les reins solides, être solvable toute l’année et flirter au moins avec les 3 millions d’euros de budget.
Un peu plus bas, hormis quelques exceptions qui se trouvent généralement aux confins du Pays Basque (Mauléon, Nafarroa…), il vous en faudra au moins 1,5 million pour espérer quelque chose de sérieux en Nationale 2 (l'ambitieux Orléans possède 3,5 millions d'euros de budget), et pas loin du million en Fédérale 1. Des enveloppes que ne peuvent pas s’assurer certains clubs, malgré des prévisionnels gonflés à l’espérance de bons résultats.
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Certaines entités l’ont appris à leurs dépens et ont aujourd’hui appris à vivre raisonnablement. Souvenez-vous par exemple de Blagnac, qui déposa le bilan lui aussi en cours de saison 2023/2024 et fut rétrogradé de la Nationale 1 à la Fédérale 1. Le club a divisé son budget en 2 par rapport à sa dernière saison professionnelle et est actuellement 5ème de la poule 3. Il aspire toujours à des phases finales.
D’autres formations n’ont pas eu la possibilité de repartir de l’élite de la Fédérale. Hyères, dissout en 2024 lui aussi, est reparti du plus bas échelon du rugby français et, après un titre de champion de France de Régionale 3 l’an dernier, culmine une nouvelle fois en tête de sa poule aujourd’hui. A quelques journées de la fin de la phase régulière, la formation varoise est toujours invaincue et prétendra évidemment à aller au moins jusque dans le dernier carré du championnat de France d’ici quelques mois. Sans avoir l’ambition d’aller au-delà de la Fédérale 3, aujourd’hui.
Les Bourguignons n'ont plus de club de "haut-niveau"
De son côté, l’ancien Stade Dijonnais, ancien pensionnaire de Nationale 2, est reparti de Régionale 1 cette saison après sa liquidation. Bilan ? 14 matchs, 14 victoires et +755 points au goal-average pour l’instant. Son niveau de haut de tableau de Fédérale 3 fausse évidemment le championnat et le club bourguignon visera donc un titre en R1.
De son côté, le voisin de Beaune (ex Fédérale 1), avait redémarré une nouvelle aventure en R1 la saison passée, pour les mêmes raisons. Promu en Fédérale 3, le club est actuellement 7ème de sa poule, dominée par Grand Dole.
Orsay de retour en Fédérale 2 ?
Dans le même sens, Orsay (77) avait été rétrogradé administrativement il y a 2 saisons de Fédérale 2 (dont il devait disputer les phases finales) à Régionale 1. Malgré un effectif largement renouvelé, les Orange et Noir se sont hissés jusqu’en demi-finale du championnat de France de R1 l’an dernier, et sont actuellement leader de leur poule de Fédérale 3 cette saison. Ils ont d’ailleurs concédé leur unique défaite récemment, et ambitionneront évidemment de se hisser à minima en 8ème de finale des France au mois de mai. Ce qui leur assurerait un retour en Fédérale 2.
Auch pourrait connaître la Nationale 1, 9 ans après sa dissolution
Plus loin, le FC Auch avait été rétrogradé de Fédérale 1 élite à Régionale 1 en 2017, comme évoqué plus haut dans l’article. Après des années à enchaîner les montées, puis se battre en Nationale 2, ce monument du rugby français est aujourd’hui bien placé pour jouer la montée en Nationale 1. Et retrouver un niveau pleinement professionnel qu’il n’a plus connu depuis les années ProD2, au début des années 2010…
Graou, Pimienta, Clauzade… que sont devenus les fameux champions de France de Fédérale 1 B 2017 avec Auch ?Enfin, notez que malgré un retrait de 12 points pour des incohérences financières et administratives, l’US Dax est sur la bonne voie pour se maintenir en ProD2. Les Landais sont actuellement 14èmes du championnat, avec 3 points d’avance sur Mont-de-Marsan, premier relégable. Emmenée par son inoxydable capitaine J-B Barrère, un pack rugueux, quelques éléments du cru qui sortent du lot (Gatelier, Reteau) et un état d’esprit irréprochable, l’USD s’accroche comme elle le peut, alors qu’elle serait 8ème du championnat sans son retrait de points.
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