Le Stade Toulousain n'a laissé aucune chance à Bristol ce samedi au Stadium. Victoire 59-26 (40-7 à la mi-temps) en huitième de finale de Champions Cup, avec 9 essais inscrits, dont une première période de toute beauté. Un résultat qui propulse Toulouse vers un quart de finale qui pourrait bien opposer les Rouge et Noir à l'UBB. En conférence de presse via La Dépêche, Ugo Mola a fait part de sa satisfaction tout en pointant quelques zones de travail pour la suite. Les Toulousains savent que le chemin vers le titre est encore long. Et semé d'embuches.
Une première période de référence
Pendant 60 minutes, Toulouse a régalé. 40-7 à la pause. Les Anglais, pourtant venus pour bousculer les locaux, ont été submergés par une intensité et une capacité de finition hors normes. Jack Willis a ouvert le comptoir dès la 8e minute. Peato Mauvaka a inscrit deux essais en première période. Kalvin Gourgues y est également allé de son doublé tout comme Thomas. Matthis Lebel deux lui aussi dont un sur la sirène. Ramos a de son côté assuré la gestion au pied : 7 transformations réussies sur 7, 118 mètres parcourus, 6 défenseurs battus. Comme souvent, l'arrière a rayonné sur tout le terrain.
Une seule équipe sur le pré
Toulouse a dominé la possession (54,3% contre 45,7%), effectué 596 mètres contre 493, et battu 37 défenseurs contre seulement 14 pour Bristol. Teddy Thomas, avec 112 mètres et 3 défenseurs battus, et Kalvin Gourgues, 113 mètres et 4 défenseurs battus, ont été un vrai poison pour la défense anglaise. "Marquer des essais, c'est pas trop le souci du Stade Toulousain." Les ailiers ont remis au goût du jour leur mission première, scorer. Pour un numéro 9 au foot, on demande des buts. Pour un ailier, on demande des essais. Lebel et Thomas ont rendu la copie avec notamment 11 défenseurs battus pour le second.
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Ce 8e n'était qu'une étape. Et les Toulousains savent pertinement qu'il faudra élever leur niveau de jeu pour soulever le trophée. Et ce, dès le tour suivant. Antoine Dupont lui-même a évoqué des "errances défensives" à analyser à la vidéo. Mola l'a confirmé : deux breaks en début de match ont failli changer la donne. "C'est plus une erreur individuelle à chaque fois, quelqu'un qui sort un peu du système, plus que l'organisation générale", a-t-il nuancé.
Les stats corroborent : 14 plaquages manqués et 15 ballons perdus pour le Stade Toulousain. C'est peu par rapport aux 37 ratés et 23 ballons égarés par les Anglais. Mais c'est encore trop pour une équipe qui veut marquer l'histoire avec une 7e étoile. La fin de match décousue (Bristol a inscrit 19 points entre la 69e et la 75e) illustre aussi ce que Mola appelle la "connexion banc-terrain", un enjeu clé en phase finale. Certains remplacements contraints ont notamment faire perdre en précision.
La semaine qui arrive sera décisive
Mola a été transparent sur l'état de forme de son groupe. Ses internationaux manquaient de temps de jeu en club depuis plusieurs semaines. Ce match a permis de "se remettre dans des standards acceptables", mais le coach le sait : pour gagner la Champions Cup, il faut viser bien plus haut. "Cette semaine va être dure pour l'ensemble de nos effectifs", a-t-il annoncé. Le bénéfice du jour de récupération supplémentaire par rapport au futur adversaire du quart sera bienvenu. Meafou a tenu 80 minutes, Dupont 58 excellentes. Chocobares, Graou, Kinghorn en sortie de banc, c'est un luxe que peu d'équipes européennes peuvent s'offrir.
Toulouse valide son billet pour les quarts avec une différence de points qui impose le respect. "60 points, ce n'est pas neutre en huitième", a rappelé Mola. L'an passé, le club avait déjà atomisé Leicester en poule pour envoyer un message. Là, le message est différent : c'est une phase finale, et les Rouge et Noir savent déjà ce qu'ils veulent. Une huitième demi-finale consécutive en Champions Cup. Mais pour y arriver, il faudra régler les détails défensifs, consolider les connexions offensives, et retrouver ce bloc collectif de 80 minutes que Mola cherche encore. La base est là. Le potentiel aussi. Il manque juste un cran.
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