L'incroyable tour du monde du rugby de Cédric et Tania, un ballon ovale sous le bras
Cédric est actuellement en Bolivie auprès du Supay de Cochabamba.

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Parti faire le tour du monde du rugby, Cédric se confie sur son aventure et son projet complètement fou... sans oublier ses plus beaux moments.
Vous aimez le rugby, êtes amoureux et avez toujours rêvé de faire le tour du monde avec votre moitié, un ballon ovale sous le bras ? Vous n'avez jamais osé partir, devant l'immensité d'un tel projet ? N'hésitez plus. Foncez. Car Cédric et Tania, eux, l'ont fait. Débuté le 3 mars à Rio de Janeiro, ce voyage autour du monde doit emmener ce couple de passionnés jusqu'en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Inde et – peut-être – au Népal après l'Argentine, l'Uruguay et le Chili. Actuellement en Bolivie (chez des supporters de l'ASM, ça ne s'invente pas), Cédric a pris le temps de répondre à quelques questions. À écouter le Tarbais d'origine, on n'a qu'une seule envie : prendre un billet d'avion. Et le rejoindre pour la suite de son aventure.

Comment vous est venue l'idée de faire ce voyage ?

Le projet de voyager autour du monde me trottait depuis 1999. Il est né de plusieurs facteurs : l'envie de tour du monde, de partager ce beau projet en amoureux, de voir le monde différemment en rencontrant vraiment les gens des pays traversés. L'idée est surtout née d'un voyage en Écosse avec mon père et mon beau frère pour le Tournoi, nous nous baladions dans la campagne écossaise quand nous sommes tombés sur un terrain planté au pied des montagnes, tracé sur un pâturage avec les moutons en train de paître pendant le match, sans vestiaire ni douche… Quelle claque ! Un moment irréel. Je n'ai plus de travail à l'heure actuelle, ça a précipité ce projet.

Le but, c'était quoi ? En plus, j'imagine que financer et monter un tel projet ne doit pas être facile.

Nous nous sommes posés avec Tania pour coucher sur papier ce que nous attendions de ce voyage. Nous voulions rencontrer les locaux et partager avec eux, offrir aux Français un point de vue original sur le rugby dans le monde, mais aussi créer un échange entre les clubs, faire en sorte qu'ils se rencontrent lors de futurs voyages... En un mot, nous cherchions de l'émotion. Pour ce qui est du financement, la recherche de sponsors a été très difficile. J'ai contacté des clubs de Fédérale 1 à 4e série pour obtenir une somme ou un jeu de maillots à offrir lors de nos voyages, mais mes mails sont restés sans réponse. Au final, nous avons réussi à avoir quatre sponsors (Rugby Shop, Le Guide du Routard, Gilbert France, Rugby Division) qui nous ont fourni du matériel comme des maillots ou des chasubles d'entraînement qui ont fait le bonheur de plusieurs clubs. Le projet a été long à mettre en place et certaines nuits courtes, l’excitation nous a empêché de trouver le sommeil, aux alentours d'un an avant le départ.

Une fois sur place, comment faire pour approcher tous ces clubs, et interviewer ces joueurs (interviews disponibles sur leur site internet? Quelles rencontres vous ont le plus marquées ?

On laisse le hasard faire les choses ! On a contacté beaucoup de clubs via internet, beaucoup se sont montrés intéréssés, quand d'autres n'ont pas donné suite. Résultat, nous avons fait de superbes rencontres humaines et rugbystiques. En Amérique du Sud, le rugby est quasi-inexistant avec le football qui éclipse tout, mais les gens que nous avons rencontrés soulèvent des montagnes pour leur passion. J'ai envie de citer la famille Martínez, du club des Linces du Rugby Club Del Valle à Limache, au Chili. Depuis que Sebastian (le fils) s'est inscrit au club, tous sont impliques dans la vie du club. Il est lui-même en charge de la partie sponsoring. Le papa a été entraîneur, il s'occupe des bobos lors des matchs, la mère gère l'administratif, la lessive, la couture, fabrique les boucliers de plaquage... Ça force le respect. Tout ce petit monde se retrouve dès qu'il en a l'occasion devant la télé pour suivre les matchs du Top 14 et de la sélection chilienne.

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En Uruguay, j'ai rencontré Santiago, qui n'a pas joué depuis 5 ans car il n'y a plus d'équipe senior dans son club de Salto, mais il reste au club pour entraîner la génération suivante, qui, si tout va bien, sera son équipe l'an prochain : c'est incroyable. Il m'a dit « Je voulais rendre au club tout ce qu'il m'a apporté en tant que joueur et en tant qu'homme » Respect. Encore une fois, tous les gens que nous avons rencontré nous marqueront à jamais, pour leur gentillesse, et leur passion pour ce jeu.

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Quel est le Top 5 de ton aventure ?

  1. Le match que j'ai joué pour les Linces, au Chili. Ils m'ont fait joué 1/4 d'heure alors que je n'avais plus joué depuis 15 ans. M'échauffer avec ces gars que je ne connaissais pas, revêtir leur maillot, sentir monter la pression comme au bon vieux temps, faire la photo d'équipe avec eux... J'ai trouvé ça énorme et je les remercie pour ce grand moment.
  2. Le voyage de trois jours que j'ai effectué avec l'équipe à 7 de Curitiba, le champion du Brésil, pour une étape du Super Seven Brésilien. On m'a intégré comme si j'étais un membre de l'équipe, on a partagé sur le rugby, nos pays, j'ai pu assister à mon premier tournoi de rugby a 7 avec des joueurs internationaux. Génial

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  3. Assister à un match de rugby sous le soleil dans la ville la plus australe du monde : Ushuaia. De plus, j'ai retrouvé là-bas Franco Pani (passé par Brive et La Rochelle) qui est venu pour retrouver sa famille et partager les joies et les valeurs simples du rugby au club des Aguilas.

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  4. Notre séjour au Brésil, à Rio de Janeiro, avec le club de Guanabara. Nous avons pu toucher du doigt les difficultés de jouer au rugby dans une ville monstrueuse et dans un pays qui ne vit que pour le foot. Le club n'a pas de terrain et doit s'entraîner sur la plage de Copacabana. Certains doivent faire 3h de bus pour venir ! Nous avons pu rencontrer des jeunes rugbymen des favelas qui ont accès au rugby grâce à l’association Rugby para Todos qui organise des entraînements aux quatre coins de la ville. Les terrains sont pelés, il y a des racines, des trous et ce sont des terrains de foot, mais la passion est plus forte que tout.

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  5. En Bolivie, voir comment on se bat – au club Supay de Cochabamba - pour trouver des joueurs, pour trouver des terrains malgré les refus des autorités qui ne jurent que par le foot et qui sont corrompues. On se bat contre les petites guerres d'ego et de suprématie entre clubs pour que le rugby voit le jour en Bolivie.

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    Si vous deviez déjà faire un bilan de votre aventure...

    Humainement, nous avons pris une claque pour pleins de raisons. Voir la pauvreté à Rio de Janeiro avec des enfants couchés à même le sol dans les rues, quand d'autres roulent dans de superbes voitures de luxe. Voir les gosses de Bolivie vivre sous les ponts, sniffer de la colle. Voir des jeunes Paraguayens porter les courses des clients du marché pour rapporter quelques sous... On se sent chanceux de notre situation, surtout quand dans ce marasme, on est reçus comme des amis, on nous fait découvrir le pays, la culture. Ce que ces gens nous donnent, ils le donnent depuis des années pour aider les jeunes de leur club de rugby. Ils se sacrifient et méritent notre coup de chapeau, notre soutien. Ils représentent ce que sont les valeurs du rugby et resteront des amis.

    La suite, c'est quoi pour vous, une fois de retour en France ?

    Aucune idée ! Nous avons laissé notre appartement, vendu des meubles, donc il faudra tout recommencer. Un bébé est aussi en route. Pour donner suite au projet, pourquoi ne pas trouver un boulot à World Rugby en rapport avec notre tour du monde ? Monter un projet avec des partenaires pour aider les clubs et les joueurs de ces pays émergents à pratiquer plus facilement le rugby ? Raconter notre expérience à travers le monde ? J'aimerais me rendre en Géorgie, en Roumanie, au Maroc, en Afrique du Sud, en Namibie... D'ailleurs, si M. Lapasset lit cet article... Une chose est sûre, toutes ces rencontres resteront dans nos cœurs !

    Félicitations aux futurs parents ! Si vous souhaitez suivre leur aventure au quotidien, rendez-vous sur leur page Facebook où vous trouverez de nouvelles photos et informations.
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  • sha1966
    59875 points
  • il y a 5 ans

encore un super article!! Vraiamnt bravo le rugbynistere pour nous denicher des supers tranches de vies et bravo a Cedric et Tania!!

  • ced
    100447 points
  • il y a 5 ans

attention toutefois, des Cédric il n'y en a qu'un, j'accepte car je suis beau joueur qu'il y en ai un second.
est-ce qu'on peut avoir les pseudo des RugbyNistres car je ne connais pas celui de Tania

  • Kadova
    31045 points
  • il y a 5 ans

Ma-gni-fi-que. Je n'aurais jamais ose faire ca. Bon vent, et plein de bonnes choses pour la suite. Et je les suis sur leur page FB.

Une bien belle histoire....

  • Fanch
    20671 points
  • il y a 5 ans

Ce sont les Tania, Cédric, Santiago, Sebastian et sa famille, qui font que "le rugby=école de la vie" n'est pas qu'un slogan publicitaire, mais une belle réalité. Bon vent à nos 2 globe-trotters, qui nous montrent que la planète bleue n'est pas ronde, mais ovale.

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