Champion national, match à 3 200m d'altitude et rugby en Équateur : la belle aventure d'un jeune expatrié tricolore
Le club de Jibaros Quito est champion !

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Paul nous raconte son aventure en Equateur dans ce nouvel épisode du Rugbynistère des Affaires Etrangères.

Âgé de 20 ans, c'est avec un DUT Techniques de Commercialisation que le jeune Paul a pris l'avion, direction Quito en Équateur. Son but ? Effectuer la licence DUETI (Diplôme Universitaire d’Études Technologiques Internationales) tout en apprenant l'Espagnol. Mais pour cet ancien joueur de l'Anglet Olympique Rugby Club - des poussins jusqu'aux Bélascains - pas question d'abandonner le ballon ovale après avoir vécu tant de choses dans ce club : "je trouve important de remercier tous ces bénévoles, qui changent vraiment les trajectoires de nos vies."

Comment t'es-tu retrouvé en Equateur ? Pourquoi ce pays ?

L’option de partir un an à l’étranger dans un cursus universitaire était une option venue de nulle part, qui collait parfaitement avec mon projet. Ne sachant pas vraiment quoi faire après avoir validé mon DUT, et ayant un niveau en espagnol catastrophique, l’Équateur était le seul pays où personne ne voulait aller donc l’endroit où je pouvais être accepté sans passer un mini concours de langue qui aurait été fatidique moi !
Je suis arrivé il y a deux mois, et pour être honnête la première semaine fût très difficile mentalement. Tu te retrouves seul dans une capitale où tu ne parles pas la langue, sans repère… Mais aujourd’hui, je me suis vraiment fait un bon groupe de potes avec le club de rugby et nous voyageons dans tout l’Équateur pour faire des matchs et des tournois donc c’est énorme de pouvoir voyager et jouer !
Du rugby en Équateur ? Comment t'es tu retrouvé au Jibaros Quito Rugby Club ?
Eh oui ! J’étais autant surpris que toi quand j’ai tapé sur internet “rugby équateur”. Je suis tombé sur la page du club, et j’ai pris un contact rapide avant d'arriver : une fois sur place, je suis allé m’entraîner avec eux et il y a eu un très bon feeling malgré la barrière de la langue et les 2800 mètres d’altitude qui te rendent oxy au bout de 100 mètres….
Parle-nous un peu de ton club et de son histoire !
Le rugby existe officiellement en Équateur depuis une dizaine d’années. L’équipe des Jibaros Quito Rugby Club est née il y a sept ans à l’université “La Pontificia Universidad Católica del Ecuador”. Un groupe de potes mené par le professeur italien Umberto Peghnini et pratiquant le championnat universitaire, a décidé de continuer l’histoire et créer un club indépendant. Avec une équipe A et B, mais aussi une équipe féminine, les Jibaros sont cinq fois champions d’Équateur à XV.
Il y a quelques expatriés avec toi ?
Oui. Il y a le noyau d’Equatoriens à l’initiative de la création du club qui sont pour la plupart en équipe nationale, un certain nombre de Vénézuéliens qui viennent apporter leur côté explosif, mais aussi des Chiliens.. et quatre Français ! Trois Bordelais : David Delaveau, dirigeant du club et ses deux enfants (Mattéo et Nicolas) et un Rochelais : Vincent qui, par manque de club dans les alentours, doit faire deux heures de voiture aller-retour pour venir s’entrainer. 
Enfin, il y a notre coach italien Otpavio Arenella qui a européanisé le rugby équatorien ! Venu pour développer bénévolement le rugby en Équateur, il consacre tout son temps au rugby et fait un bien fou car avec lui, les ailiers commencent à toucher des ballons (Rires). Nous jouons un jeu de passes autour d’un système très structuré. C’est avec lui que l’on donne des cours de rugby à la Condamine, le lycée français de Quito pour des jeunes de 6-7 ans le mardi et 9-11 ans le jeudi.
Le niveau du rugby en Equateur, tu en dirais quoi ? Qu'est-ce que tu peux nous des spécificités du rugby local.
J’ai été agréablement surpris du niveau du rugby en Équateur : je dirais que les Jibaros ont un niveau comparable au niveau Honneur avec des joueurs pouvant évoluer en Fédérale, mais il faut dire que le rugby latino est un rugby très physique avec des mecs assidus à la muscu, donc mon surnom “el flaquito” est bien mérité. Nous nous entraînons trois fois par semaine sur le terrain municipal de Quito. Où nous y retrouvons d’autres équipes de rugby mais aussi football américain, football… C’est un peu la guerre de celui qui arrivera le premier et réservera son petit bout de terrain pour l’entraînement.

En termes de terrain, c’est assez énorme car une semaine tu peux te retrouver à jouer à 3200 mètres d’altitude sous 10°C entre les montagnes et la semaine d’après, dans le sud sous 38°C les pieds dans le sable... 

L’équipe nationale d’Équateur a cependant beaucoup à apprendre de son voisin colombien, ou du Venezuela : le rugby y est vraiment entré dans les moeurs avec des championnats relevés et une équipe nationale frôlant le professionnalisme.
Ici, Le championnat de rugby à XV compte une vingtaine d’équipes masculines divisées en deux championnats et une équipe féminine jouant exclusivement à 7.
Le problème, c'est que les matchs sont à de nombreuses heures de routes (par exemple, 8 heures pour Gayaquil) et il est difficile pour les équipes d’avoir un groupe complet, disponible et ayant les fonds nécessaires pour partir tout un week-end hors de ses terres. C’est une réalité qui compromet le développement du rugby car certaines équipes ne se déplacent pas chez les “leaders” du championnat.
Mais c’est avec des mecs comme Optavio ou François Gauthier (capitaine français de l’équipe rivale des Cerberos) ayant une vision différente du rugby et souhaitant véritablement faire connaitre ce sport plein de valeurs que le rugby équatorien a de beaux jours devant lui. Si nous continuons à faire des initiations aux plus jeunes, le nombre de pratiquant ne peut qu'évoluer.
Vous avez terminé champion, un mot sur la saison ?
Je n’ai malheureusement pas eu la chance de faire la saison entière, car je suis arrivé seulement pour les finales. Mais les Jibaros ont joué seulement quatre matchs cette saison dû aux nombreux forfaits des adversaires... Cependant, j’ai eu la chance d’être titulaire lors des deux finales que nous avons gagné 29-3 et 26-6 : c’est un rêve qui s’est réalisé d’être champion national, je pense que ce sera l’un des plus beaux souvenirs de ce séjour en Équateur ! Nous étions quatre nouveaux dans l’équipe cette saison, nous avons du subir le “baptême” après la victoire. Résultat : quatre chauves de plus dans l’équipe avec quelques marques de ceintures sur le corps... Et non, ce n’était pas une soirée SM ! Nous commençons la saison de rugby à 7 ce weekend, ce sera avec plaisir que je vous raconterai cette nouvelle saison ! 

Pour tous les expatriés souhaitant se joindre à nous et autres :
  • Vous pouvez nous suivre sur la page Facebook : Jibaros Quito Rugby Club
  • Les entraînements se font le mardi et le jeudi de 19:15 à 22:00 à “La Cruz Del Papa” dans le parc Carolina
  • Que vous soyez débutants, champion de Bretagne ou du monde, tout le monde est bienvenu pour nous aider à développer notre sport hors de la métropole ! 
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Superbe . Continue comme ça !

  • sha1966
    54783 points
  • il y a 2 ans

bon vent gamin et eclate toi!!

Félicitations gamin ! Tu as encore un an pour expliquer à mes deuxièmes lignes comment sauter en touche. Et trouver une petite latine qui t'apprendra tous les secrets de la langue 😉

Si vous voulez aider le développement du rugby en Amérique Latine (ou sur un autre continent), n'hésitez pas, c'est que du bonheur ! Et si vous n'avez pas le temps, vous pouvez transmettre du matériel à des associations comme Terres en Mêlées, c'est déjà super important pour nous. Merci d'avance à vous.

@Bitch Bucannon

Euh... On parle quelle langue là ?

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