Brighton, Toronto, Boston : la fantastique aventure d'un Français parti jouer au rugby à l'étranger
Lucas s'est éclaté en Angleterre, au Canada et aux Etats-Unis.

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Découvrez une nouvelle chronique du Rugbynistère des Affaires Etrangères, avec le joli parcours de Lucas.

Originaire de Toulon, Lucas Pialat est âgé de 26 ans. C'est à l’école de rugby du RC Brignoles qu'il débute le rugby à 5 ans, avant de partir pour Hyères suite à la mutation de son père. À l’âge de 15 ans, direction le pôle espoir d'Hyères en tant qu’arbitre, puis le RCT en cadets Alamercery. La suite ? Le CS Bourgoin Jallieu en Crabos, Aix en Reichel puis la Fédérale 3 chez les seniors, au sein du RC Thonon, où il découvre le travail frontalier en Suisse. Aujourd'hui gestionnaire de contrat santé sur la région cannoise, il nous raconte ces trois expériences à l'étranger.

Tu as connu trois pays étrangers, débutant par une première expérience en Angleterre...

J’ai toujours eu envie de partir en Angleterre pour jouer au rugby et en apprendre plus sur nos meilleurs ennemis : les rosbeefs ! J’ai pu prendre contact avec les Brighton Blues par l’intermédiaire de l’organisme RahRah Rugby qui met en relation joueurs et clubs amateurs. Les débuts ont été un peu compliqués car la barrière de la langue et les différences culturelles sont assez importantes, surtont quand on vient  du sud de la France.

Quid du niveau ?

Le club a évolué et évolue toujours dans le Londres One south (équivalent Honneur) après avoir été promu en gagnant la Final de l’Intermediate Cup à Twickenham l’année d’avant. J’ai été surpris par l’organisation du club qui bénéficiait de deux physios, un médecin, un manager, un préparateur physique et de quatre entraineurs pour deux équipes… Quand on a connu l’éponge magique de Dédé sur le bord du terrain, ça fait bizarre de se retrouver soudainement avec tout un pôle médical !

Et pour l'intégration au sein de l'équipe ?

Elle s'est très bien passée, les quelques joueurs gallois du club ont même réussi à me faire croire que la monnaie du Pays de Galles n’était pas la livre sterling mais le dollar welsh… Je ne te raconte pas ma surprise la première fois que j’ai visité Cardiff… Les après-matchs ginguette de Fédérale 3, à coup de saucissons et fromages n’existent pas en Angleterre.

La réception se fait en chemise cravate du club et blazer pour les plus anciens, et la seule collation disponible est un velouté de houblons servi par demi-litres… et aussi une mini-saucisse dans une sauce gravy qui est tout sauf appétissante ! Mon intronisation au club a eu lieu lors de notre premier match à l’extérieur, où mes collègues m’ont fait traverser la ville à poil sur 2 km jusqu’au stade… ce qui a bien fait marrer la police locale ! 

Ensuite, c'est direction Toronto ! Qu'est-ce que tu es allé faire là-bas ?

Une nouvelle fois, grâce à RahRah Rugby, j’ai pu rentrer en contact avec les Toronto Buccanneers RFC et tenter l’expérience au CanadaCette fois-ci, mon acclimatation a été immédiate avec une cuite mémorable le soir de mon arrivée !

J’ai essayé d’obtenir l’expérience internationale au Canada (PVT) à plusieurs reprises mais sans succès, alors je suis parti avec un visa touristique dans le but de simplement jouer au rugby.

Et concrètement, comment s'est passé ton séjour rugbystique ?

Le niveau est relativement faible (équivalent 3e série) mais c’est une toute autre expérience comparée à l’Angleterre et la France ! Au Canada, il n’y a pas de stades ou de vestiaires, tu joues entre quatre lignes dessinées au milieu d’un parc en ville et tu te changes sur le bord du terrain. Il m’est même arrivé de me changer avec l'équipe adverse assis sur le même banc. J’ai retrouvé, à ce moment-là, les valeurs de bases du rugby, la raison pour laquelle j’aime tant ce sport ! Les arbitres sont pour la plupart débutants, dans leurs premières années de rugby et n’ont qu’une faible connaissance des règles : j’en ai vu certains ne pas siffler les en-avants. Lors d’un match, un arbitre m’a même demandé les spécificités sur la  règle du hors-jeu dans le jeu courant. 

Et les 3èmes mi-temps ?

À la sortie du match, tu te diriges directement vers le pub sponsor du club encore en tenue de combat… En général, à 20 min de route du « stade » ! Pas de douches, pas de luxe, c’est l’heure de gagner la 3ème mi-temps, à croire que les deux premières ne comptent pas vraiment…

Parlons un peu des rencontres que tu as pu faire.

J’ai eu la chance de jouer avec un jeune joueur qui a connu ses premières capes avec le Canada 7’s à la fin de l’année 2016 (Josiah Mora), avec qui j’ai pu discuter des différences entre la France et le Canada au niveau du rugby. Le rugby canadien tente de se développer de plus en plus et les clubs sont en recherches de joueurs d’expériences venant d’Europe pour les aider ! J’ai rencontré des gens formidables lors de ce séjour, à tel point que certains sont devenus comme une famille, avec qui j’échange des messages toutes les semaines si ce n’est tous les jours ! Il y a beaucoup de conneries et de chambrage, surtout que deux d’entre eux sont sud-africains C'est pas la meilleure semaine pour crier cocorico !

J’ai également visité du pays, fait des bivouacs dans les grands lacs canadiens, vu en direct des matchs de baseball (Toronto Bluejays), de basket-ball (Toronto Rapaces) et de hockey (Toronto Maple Leafs), manger des pancakes au sirop d’érable, visiter Montréal, Québec, bref : tout un tas de choses que je n’aurais jamais imaginé faire.

La saison est courte, tu es donc allé à Boston pour continuer à jouer au rugby !

La saison terminée, j’avais envie de partir aux Etats-Unis pour jouer au rugby et voir la différence qui existe avec le Canada. Je suis rentré avec un visa touristique de 3 mois, donc je n'ai pas travaillé non plus. Je suis vraiment parti dans le but de profiter et de visiter, sans avoir de contrainte.

Raconte-nous un peu ton histoire avec Boston !

J’ai toujours entendu parler de Boston comme une ville festive et fière d’etre bostonienne. Les habitants sont très soudés et impliqués dans la vie de leur ville. Cet esprit a été très notable après les attentats du marathon de 2013 et le fameux #BostonStrong. Je suis donc rentré en contact avec le Boston RFC, qui évolue dans l’American Rugby Premiership, le top-niveau sur la côte est (équivalent Fédérale 2 voire Fédérale 1 pour les meilleures équipes). Toujours pas de stades et de vestiaires le dimanche mais cette fois-ci, nous avions les installations d’Harvard pour les entrainements (terrain synthétique dernière génération), ce qui est un vrai luxe !

Tu affrontes des mecs qui ont des sélections internationales avec les USA, le Canada, les Samoa, l’Uruguay… Le jeu est plus brouillon et moins rapide que de la Fédérale 2, mais les impacts et l’affrontement sont plus présents. La plupart des joueurs américains viennent du foot US ou du Lacrosse. Mon passage à Boston a été relativement calme (ça sentait la fin de mon année sabbatique et j’avais du mal à l’accepter). Je pense que le soir de mon premier entrainement avec le club, le coach (irlandais) a eu des doutes quand je lui ai dit que j’avais fait les catégories jeunes au RCT, à Bourgoin et au PARC. C’est ça d’avoir un corps d’enfant de 10 ans mais je lui est rappelé que Peter Stringer était pas forcement grand et gaillard (Rires).

Au final, tu as préféré ton expérience dans quel pays ?

Je n’ai pas eu de préférencechacune de mes expériences a été unique et formidable. J’ai appris des leçons de vie et d’humilité, j’ai réussi à m’adapter, j'ai surmonté la peur de l’inconnu, je me suis surtout rendu compte que malgré les différences de langues et de cultures, le rugby est une grande famille qui partage les mêmes valeurs, n’importe ou dans le monde.

Partout où j’ai eu la chance de voyager, j’ai eu l’impression de rentrer chez moi, avec des gens qui m’étaient familiers, que j’avais l’impression de connaitre depuis des années, et c’est pour cela que je recommande aux joueurs de rugby de tenter l’aventure dans la mesure du possible. Je n’ai aucun regret, aucun moment où j’ai douté… C’est une « life changing expérience ».

Et maintenant, tu deviens quoi ? On peut te souhaiter quoi par la suite ?

Aujourd’hui, j’ai commencé des démarches pour reprendre mes études aux USA (à Boston) afin d’obtenir un diplôme d’ingénieur informatique en 4 ans, mais aussi dans le but de continuer à vivre ma passion du rugby à l’étranger. J’aimerais pouvoir participer au développement du rugby sur le continent.

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  • Geeum
    556 points
  • il y a 3 ans

Les Toronto Rapaces, en NBA, connais pas. Les Raptors, peut-être, mais les Rapaces, non, vraiment ...

Beau périple

Bravo Lucas et merci au Rugbynistère de continuer à partager des aventures géniales de cette sorte !

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