Ecrit par vous !
Le rugby, des souvenirs pour toute la vie (au minimum)
Le stade d'Issoire.
Fédérale 1
  • Matchs joués
  • Victoires
  • Classement
  • Points marqués
  • Points encaissés
Quand tu fais le bilan de ta carrière et qu'au final, tu te rends compte que tu te souviens de presque tout.

À tous les mecs, toutes les filles, qui se sont levés aux aurores le dimanche matin pour se taper des centaines de bornes en autocar et qui se demandent pourquoi ils ou elles font ça. La réponse est simple : pour se créer des souvenirs pardi… Et ça tombe bien, j’ai la chronique qui explique. Le rugby : des souvenirs pour la vie. Tu sais pourquoi c’est magique le rugby ? Je vais t’expliquer. 

Parce que ça laisse des souvenirs. Si t’as joué un peu longtemps, ça te permet de remettre en ordre une bonne partie de ta vie en un minimum de temps. Je dirai, environ 20 minutes. En 20 minutes et tous les jours, tu repenses à ta carrière. Même 10 ans après avoir arrêté de jouer. P’t’être même que plus t’avance dans le temps, plus tu t’en souviens. Tu la vois la magie ? Je prends un exemple au hasard pour la démonstration, ça sera plus simple.

Au hasard : moi. Tous les matins, comme la plupart des gens, je me lève. Et, à partir de ce moment, ça commence. Des fois même, je suis pas encore levé que ça a déjà commencé. Réveillé du mauvais côté, je me retourne et ouille, l’épaule droite qui grince. Match à Digoin, un ramponneau au 3, une belle percussion, ça l’a mis sur le cul et j’ai fait croire que j’avais même pas eu mal. Maintenant, j’ai mal. L’oreiller tout en vrac, et là, c’est le cou qui se réveille de mauvaise humeur. Peyrehorade, en phase finale à Périgueux (au passage, tu révises aussi ta géographie), entorse cervicale. Aie, ça coince un peu depuis.

Je pose le pied par terre, je grimace. La cheville, l’entorse contre Vichy. Faut remuer tout ça, que ça se dérouille. Et ce vilain ongle sur cet orteil ? Contre des Parisiens, un gros d’au moins 140 kilos qui m’a marché sur le pied. L’ongle est resté tout bleu puis tout noir pendant au moins 3 mois. Il a jamais plus repoussé pareil. J’arrive dans la salle de bains. Je passe devant le miroir. Sale tronche. Le nez un peu pas en forme. Pontarlier, sur une touche, le coude de mon vis-à-vis en pleine cabine. Crac ! Je prends ma douche, me savonne partout. Cette petite balafre sur la cuisse ? 3 points de suture, match amical contre Ussel, un petit coup de crampon, rien de grave.

Et ces chevilles totalement imberbes, qu’est-ce que c’est ? Rien de méchant non plus. Épilation régulière à l’Elastoplaste pendant une bonne dizaine d’années. Une solution radicale et définitive. Ce doigt tordu ? Retourné contre Brioude. Pas eu le temps d’aller le faire voir chez le toubib, il s’est remis comme il a pu. Et ces points de suture sur la main ? Fracture, contre Givors. Le doigt est resté coincé dans le col du maillot d’un mec d’en face. Opération le lendemain, broche, vis, plaque…Des souvenirs pour la vie. Et c’est pas fini ! Ça tombe mal, c’est le jour où je me rase. Je me pose donc devant le miroir. La cicatrice sur l’arcade ? Une belle bagarre contre Commentry. Le 6 m’aligne plein axe. Sur le coup, j’ai cru que je devenais aveugle. On a bien rigolé. 

Et cette oreille droite, un peu rouge et un peu gonflée ? Frottement répété en mêlée. Un jour, tu sais pas pourquoi, ça claque et ça gonfle. Tu vas à l’hosto te faire ponctionner. Ça pique un peu, mais l’aide-soignante était mignonne. Et cette tache violâtre sur le front ? Heu non rien. Troisième mi-temps classique, j’ai glissé sur le carrelage plein de bière du bistrot et j’ai tapé le comptoir avec mon front. Le comptoir a rien, rassurez-vous. Et voilà. En même pas 20 minutes, t’as fait le bilan de ta carrière. Tu t’es souvenu de tous les clubs ou t’étaient passé. Tu revois tes adversaires, les stades et chacune de leur particularité. T’en as aussi profité, pour réviser l’anatomie du corps humain. Qu’est-ce que tu veux de mieux ? Et si avec ça, vous avez pas envie de mettre de vos gamins à l’école de rugby, c’est à ne plus rien y comprendre…

RUSIgby
RUSIgby
Cet article est rédigé par RUSIgby, référent du club US Issoirienne, un grand merci pour sa contribution ! Vous pouvez proposer des textes de deux manières :
  • Racontez-nous la vie de votre club en devenant référent Rugbynistère pour votre équipe : cliquez ici.
  • Ecrivez sur le sujet de votre choix en devenant contributeur au Rugbynistère, pour ce faire contactez-nous !
Vous devez être connecté pour pouvoir participer aux commentaires
  • Ahma
    81091 points
  • il y a 2 ans

Sympa de se retrouver comme ça dans un texte .
Je le lis en regardant les cicatrices , le doigt tordu et le plafond orbital à gauche plus bas que l'autre , et en faisant craquer les vertèbres cervicales .
Et je comprends enfin pourquoi je n'ai plus de poils sur une partie des jambes !

Le rugby, c'est pas la tête qui te fait arrêter... C'est le corps !

On a tous eu la blessure de trop, celle qui fait que c'est pas raisonnable de reprendre pour la 17e fois depuis que tu l'as eu...

Et même pété de partout, tu continues à vouloir jouer ou à la rigueur, transmettre (pour les plus masos, arbitrer)...
"tu fais l'essai, t'es transformé'

  • Fophe
    3588 points
  • il y a 2 ans

Je suis assez fan de "Épilation régulière à l’Elastoplaste" 😀
En revanche t'as écrit ça un matin d'une belle journée ensoleillée, sinon tu nous aurais parlé de ton genou qui te dit s'il va falloir prendre un parapluie, non ?
Un gringalet, première balle du match, jamais vu un mec se baisser autant ! Crac le genou. C'était un retour de blessure, repris trop tôt, ça aura pas duré longtemps ce coup ci ...
Bref, texte très sympa qui doit parler à pas mal de monde !

Derniers articles

News
News
Vidéos
Vidéos
News
News
News
News
News
News
News