La belle aventure d'Audrey Amiel, sapeur-pompier au rêve olympique

La belle aventure d'Audrey Amiel, sapeur-pompier au rêve olympique
Audrey Amiel : de sapeur-pompier aux Jeux Olympiques, il n'y a qu'un pas.
La joueuse du Stade Français et de l'équipe de France de rugby à 7 est également sapeur-pompier. Elle se confie sur son parcours.a Audrey Amiel a 28 ans, et des rêves olympiques plein la tête. Membre de l'équipe de France de rugby à 7, c'est au judo qu'elle fait ses premières armes en intégrant le sport-étude de Montpellier. "Déjà à l’époque, je faisais partie du groupe France et rêvais des JO". Mais ça, c'était avant l'appel du ballon ovale, du MHR et du Seven. C'était avant d'intégrer les Bleues et Marcoussis avec un objectif : s'envoler pour Rio à l'été 2016.

Seulement, ce n'est pas tout. Parce que de rugbywomen à sapeur-pompier, il n'y a qu'un pas. Et qu'Audrey l'a franchi, conjuguant ses deux métiers. Ses deux passions. Elle revient sur son parcours :

Salut Audrey, peux-tu nous raconter tes débuts avec un ballon ovale ?

Le rugby est arrivé tard dans ma carrière sportive. À la fin du lycée, on décide avec des copines du judo de pouvoir jouer ensemble dans une équipe : le Rugby Club Jacou Montpellier Nord. Nous voilà en 2005 sur le pré, avec des drôles de chaussures à pointes, un ballon tordu et un bout de caoutchouc entre les dents. En fin de saison, on soulèvera une planche de bois… La fée de l’ovalie a frappé ! A l’issue de cette finale, le sélectionneur du XV féminin me demande si je souhaite faire une sélection. Je lui répond que je n’ai pas envie de repartir dans le haut niveau car je souhaite par-dessus tout assouvir ma vocation, devenir sapeur-pompier professionnel. L’année qui suit, j’ai donc mis en stand-by le rugby pour passer mon concours SPP. Après son obtention, j’ai repris le rugby à Jacou en 2007.

La belle aventure d'Audrey Amiel, sapeur-pompier au rêve olympique

C'est alors que l'appel du Seven se fait plus fort.

2008, c'est l’année charnière. Poussée par mes partenaires de club, je décide de répondre présente à la convocation de la sélection du rugby à 7. J'étais intriguée par les on-dit : « Le seven, c’est fun ». Sélection réussie. On part au tournoi de Dubaï en 2008 avec une équipe de France complètement renouvelée. Des jeunes joueuses avec peu d’expérience au rugby à 7, insouciantes, pour jouer à cette discipline qui te donne le tournis. On n'avait pas le rugby mais on avait tout le reste : l’engagement sans limite, la fierté, l’ignorance, et l’envie de vivre cette grande fête du rugby qu’est le 7. C’était juste magique ! On gagne le tournoi avec La Marseillaise des supporters français dans les tribunes. On repart abasourdies, des images plein la tête. J'étais devenue addict !

Il te faut alors trouver l'équilibre entre ton métier de Sapeur-Pompier et le sport de haut niveau, jusqu'à cette qualif' pour les JO.

De 2008 à 2014, je jongle entre ma vie professionnelle de SPP à Montpellier, mon club de rugby à XV le MHR où j’évolue au poste de 3ème-ligne aile, et mes sélections nationales à 7 où je joue 1ère ligne. Le travail paie : en 2014, la FFR propose des contrats semi-professionnels en vue des JO 2016. Je décide de monter dans la capitale... comme un indien dans la ville ! (Rires). Pas si facile de vivre ses rêves… J'étais loin de mon entourage, ma maison, mes copains de caserne, de ma vocation et du soleil de Montpellier ! Il y a eu des blessures, des doutes parfois, individuels comme collectifs. Le chemin a été long pour la qualification. On y a cru toute l’année, et la déception a été énorme quand on a perdu la 4ème place du classement mondial, qualificative pour les JO. On a dû se remobiliser très vite pour pouvoir gagner les championnats d’Europe et décrocher la qualification. Cela nous a fait grandir.La belle aventure d'Audrey Amiel, sapeur-pompier au rêve olympiqueVIDEO. France 7 féminines remporte le championnat d'Europe et se qualifie pour les Jeux Olympiques La suite p. 2