Si l'on était inspecteur de l'Agence du médicament, on irait en ce moment faire un tour du côté de Marcoussis. Non pas que l'on soupçonne les joueurs d'avoir fait du CNR une arrière-boutique de salle de muscu, mais plutôt que l'on comprendrait que Fabien Galthié ait multiplié les fausses ordonnances afin de faire venir les boîtes de Doliprane par centaines, dans l'Essonne.
Pourtant, avec 3 victoires en 3 matchs et autant de bonus offensif, tout se passe bien pour les Bleus, vous dîtes ? Un peu trop bien, justement et, au-delà de la méfiance dont doivent faire preuve les Tricolores connaissant notre tempérament latin, le sélectionneur devra surtout se gratter la tête pour réaliser sa composition d'équipe en Ecosse.
Pile ou face ou Skyjo ?
Car, à l'heure d'écrire ces lignes, comment départager le puissant pak-pak de l'UBB Yoram Moefana, le prodige polyvalent Kalvin Gourgues, le tranchant Pierre-Louis Barassi et les Eric et Ramzy du Béarn, Brau-Boirie et Gailleton, au centre face à l'Ecosse ?
Plus encore, quel attelage choisir dans la cage entre la doublette Ollivon/Guillard, redoutable face à l'Irlande et au Pays de Galles, et le duo toulousain Flament/Meafou, qui aurait fait passer les Hornek pour des enfants de coeur, au vu de leur prestation contre l'Italie ?
Honnêtement, à la place de Galette, on jouerait ça à pile ou face, voire au Skyjo, puisque les temps ont changé. Sinon comment choisir entre la liaison Toulon/Lyon et la connexion toulousaine ? Entre le souffle d'un vent de fraîcheur et de densité mobile incarné par le premier binôme, les automatismes, l'activité et la force de démolition du second ?
Après tout, peut-être que le 2ème aura la faveur du sélectionneur au nom de son expérience commune et de la dernière prestation effrayante du 38 tonnes (2m03 et 142kg) Manny Meafou. Mais le repositionnement du grand Charly un cran plus haut a de quoi rebattre les cartes en vue du Mondial 2027. Autour de lui, tout devient un peu plus fluide, et dans un rugby international où les ballons de transition valent de l’or, la présence de l'homme aux 19 essais en Bleu peut compter.
Dès lors, on miserait ainsi sur des choix adaptés en fonction de l’opposition et un niveau d’exigence constant. Pour le staff tricolore, c’est une richesse immense. Pour faire le bon choix, en revanche, il va falloir sérieusement se gratter la tête.
Même si abondance de biens ne nuit pas, paraît-il. À un poste où Posolo Tuilagi et Joshua Brennan deviendront tôt ou tard eux aussi le genre de clients à qui on ne refuse pas l'entrée. Même dans les coursives de Marcatraz...
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