Ce vendredi, Bath a sorti Northampton, finaliste de la dernière finale, après un quart de Champions Cup dingue, 43-41. Et ce, alors que les locaux ont été menés de 21 points dans le premier acte. Un match avec onze essais, des cartons jaunes décisifs, des retournements de situation permanents. Une rencontre que les Bordelais ou les Toulousains étudieront avec beaucoup d'attention.
En effet, le vainqueur du quart entre l'UBB et le Stade Toulousain retrouvera Bath sur son chemin en demi-finale. Et vu la prestation de Russell et ses coéquipiers face aux Saints, il va falloir être studieux au moment d'étudier la vidéo et les stats.
Une victoire au mental, mais pas seulement
51,9% de possession, plus de passes et de ballons joués à la main au global. Difficile de croire que Northampton a mené 28 à 7 avant même la demi-heure. Le jaune de Reid dès l'entame n'a pas aidé certes. Mais les Saints ont surtout été efficaces avec des essais coup sur coup (2e, 3e, 15e, 21e). Des réalisations qui auraient assommer Bath. Et tuer le match. Il n'en fut rien. Car les joueurs de Bath n'ont pas paniqué et on su réagir pour revenir à 26-35 aux citrons.
Comment ? En partie par la conquête et les turnovers. Bath a gratté 9 ballons dans la rencontre contre seulement 4 pour Northampton. 85,71% de mêlées réussies contre 80%. Ce n'est pas spectaculaire sur le papier, mais sur un match aussi serré, chaque ballon récupéré sur l'adversaire vaut de l'or. Bordeaux et Toulouse, deux équipes habituées à construire sur la possession, devront sécuriser leurs propres ballons avec une attention maximale.
UBB - Stade Toulousain en quart de finale de Champions Cup : à quelle heure et sur quelle chaîne ?Finn Russell, le vrai danger
L'autre signal d'alarme, c'est Finn Russell. Le numéro 10 écossais, déjà très en vue dans le 6 Nations a terminé la rencontre avec 18 points, un essai, 5 transformations et une pénalité. Il a touché 12 ballons à la main, effectué 30 passes, battu un défenseur, et ne s'est trompé que sur une seule tentative au pied. Sa gestion de la fin de match a été proprement remarquable.
Menant 36-41 à cinq minutes du terme, Bath a planté un essai par Ted Hill à la 75e, transformation convertie par Russell à la 76e pour arracher le 43-41. Toulouse connaît bien les numéros 10 de classe mondiale, UBB aussi. Mais Russell dans ce registre-là, celui du sang-froid assassin en fin de match, représente un profil à part. Le neutraliser ou l'empêcher d'accélérer le jeu en deuxième mi-temps devra figurer dans les plans des deux staffs français.
Du danger de partout
Bath a aussi livré un enseignement collectif fort du côté des lignes arrières. Henry Arundell, l'ailier international anglais, a parcouru 53 mètres et battu 4 défenseurs sur 80 minutes. Alfie Barbeary, élu homme du match malgré une entrée en jeu à la 31e minute, a battu 5 défenseurs en 49 minutes. Le staff lui avait préféré Underhill, mais sa sortie sur commotion a changé la donne, pour le meilleur.
Ce sont des chiffres qui signalent quelque chose de précis : Bath sait attaquer les espaces avec des profils physiques et rapides. UBB avait totalisé 2 780 mètres parcourus balle en main en phase de poules contre 2 547 pour Toulouse. Les deux clubs savent envoyer du jeu. Mais ils devront aussi mettre les barbelés sous peine d'être punis.
Dupont, Gourgues et un banc « de feu » : Toulouse dévoile son plan de bataille pour le quart de finaleLe scénario de Bilbao se construit dès dimanche
Le rendez-vous est pris au Matmut Atlantique si c'est l'UBB qui passe, ou au Stadium MK de Milton Keynes si c'est Toulouse. Dans les deux cas, Bath sera là. Et ce Bath-là n'est pas une équipe qui se contente de regarder jouer jusqu'à la sirène. Il marque des essais en fin de match, récupère des ballons dans la tempête, et dispose d'un demi d'ouverture capable de porter un groupe entier sur ses épaules.
La saison passée, l'UBB avait éliminé Toulouse 35-18 en demi-finale avant de décrocher son premier titre européen. Cette édition 2026 a une saveur différente. Mais la route vers Bilbao passe d'abord par Chaban-Delmas, et elle passera ensuite par un adversaire anglais bâti pour résister.
Pourquoi ce match doit alerter les Français
Bath a montré ce vendredi qu'on pouvait perdre la bataille des mètres, être bousculé pendant quarante minutes, manquer des plaquages (25), et quand même gagner. C'est la leçon la plus inconfortable pour les clubs français. Parce qu'un club capable de rester dans un match pareil, de le retourner à la 75e minute, ne craque pas. Ni sous la pression, ni sous l'adversité.
Surtout si son adversaire craque et se montre indiscipliné. Les Saints regretteront longtemps les deux jaunes à la 55e puis à la 72e. Deux infériorités numériques qui ont été immédiatement sanctionnées par un essai de Bath (57e, 75e). Un enseignement ô combien précieux pour les formations tricolores.
Bielle-Biarrey, Jalibert, Woki, l'UBB a les hommes pour dominer Toulouse en quart de finale [COMPOSITION]Bordeaux ou Toulouse en demi-finale, quel que soit le vainqueur dimanche, devra produire son meilleur rugby pendant 80 minutes pleines. Aucune coupure, aucun relâchement. Bath n'en laissera pas passer. Ce match entre Bath et Northampton ne restera probablement pas dans les mémoires comme un chef-d'oeuvre de l'ovalie. Mais il restera comme un avertissement utile pour le rugby français. Prendre Bath à la légère serait une erreur grave.
Quel match il nous a sorti hier soir, et quel quart de finale entre 2 belles équipes Anglaises...
J'espère voir aussi bien demain...