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Un costume trop grand à assumer : pourquoi la Nationale n'est-elle pas viable dans le rugby français ?

Droits télés, contrats pros... pourquoi la Nationale n'est-elle pas viable pour le rugby français ?

Theo Fondacci 03/03/2026 à 17h45
Forfaits en pagaille et costume trop grand : quel avenir pour la Nationale ?Screenshot : Racing Club Narbonnais
Forfaits en pagaille et costume trop grand : quel avenir pour la Nationale ?Screenshot : Racing Club Narbonnais

"Le club est dans une situation particulièrement fragile." Le promu pourra au moins se targuer d’avoir été un véritable challenger aux écuries rompues aux joutes de la 3ème division, voire plus, que sont les Nice, Albi, Chambéry, Narbonne et consorts. Si l’équipe fanion du Niort RC aura relevé le défi sur le terrain avec une 7ème place au classement après 22 journées et encore une victoire récente face à Massy (22 à 19), en coulisses, l’entité n’aura pas tenu le choc face à une autre bataille. 

Elle, plus grande encore, qui consiste à rendre le projet des clubs de Nationale viable, financièrement. Et ce malgré l’absence de droits télés, quand les contrats professionnels et la masse salariale flirtent toujours plus avec celles des modestes clubs de ProD2. Ainsi soit-il, lâché par un important partenaire historique du club, Niort va donc baisser le rideau dès ce week-end, puisque l’entité des Deux-Sèvres a confirmé via un communiqué ce qu’annonçait Rugbyrama ce lundi soir :

Le Niort Rugby club a l’immense regret d’annoncer l’engagement d’une procédure collective de la SA Niort Rugby Club auprès du Tribunal de Commerce de Niort, avec comme conséquence immédiate, le retrait de l’équipe fanion du championnat de Nationale 1.

Le rugby français vit au-dessus de ses moyens

Le championnat de Nationale 1, véritable ProD3 créée par la FFR en 2020 dans le but de réduire l’écart avec les élites françaises, n’a, qu'on se le dise, jamais été viable. Après Blagnac, Hyères ou Tarbes et "dans un contexte extrêmement tendu pour la majorité des clubs de Nationale", c’est maintenant Niort qui doit céder sous la pression des coûts qu’exige cette division. 

Avec, en toile de fond, cette question : n’est-ce pas finalement tout le rugby français qui vit au-dessus de ses moyens ? Entre la dizaine de clubs du Top 14 déficitaires, les clubs amateurs rétrogradés administrativement voire en cessation de paiement tous les ans, la spéculation de gros sponsors ou d’enveloppes publiques à chaque intersaison afin de pouvoir évoluer à un niveau plus intéressant que de raison… Les exemples sont aussi nombreux que les essais plantés par LBB, aussi saignants que les carreaux d’Antho Jelonch. 

Malgré une gestion en totale adéquation avec le budget prévisionnel, la concrétisation plus tardive que prévu de certains volets d’un plan d’actions, conjuguée à des retards significatifs d’encaissements importants pourtant fondés sur des engagements bien réels, place le club dans une situation particulièrement fragile.

Et laissent évidemment perplexe quant à l’avenir de cette 3ème division française, qui a déjà perdu 25% de ses forces vives depuis 2 ans. En se demandant aussi si le président de la Fédération leur répondra comme à leurs petits frères de Nat 2 : "Quand on a pas les moyens de jouer en Nationale, on joue en Fédérale" ? 

Soit ce qui attend, au mieux, les séniors de Niort la saison prochaine. Car en dépit de la capacité de la balle ovale à germer là où rien ne pousse, le rugby de haut-niveau, lui, n'est peut-être pas adapté à tous les territoires... 

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