Dans le rugby actuel, le ballon paraît parfois n'appartenir à personne. Jeudi, Dave Rennie a livré un chiffre avant le match entre All Blacks et Wallabies à Sydney : selon son estimation, l’équipe qui reçoit un coup de pied haut ne capte proprement qu’un ballon sur quatre. « Aucune équipe au monde ne domine les ballons qu’on lui envoie », assure via RugbyPass le sélectionneur néo-zélandais, qui inclut l’Afrique du Sud dans son constat. Une déclaration qui intervient après la victoire contre l’Australie à l'Eden Park (50-19).
Les All Blacks ont trouvé la parade face aux Wallabies
La revanche néo-zélandaise s’est jouée dans les airs. Bousculés face aux Springboks lors de leur tournée sud-africaine, les All Blacks ont inversé la tendance contre les Wallabies. Les coups de pied de pression de Cam Roigard ont placé les Australiens sous une pluie de ballons difficiles à négocier. Sur le premier essai, Jordie Barrett a pris le dessus dans les airs sur Joseph-Aukuso Suaalii, ouvrant une séquence conclue par Peter Lakai.
Après cette rencontre, Will Jordan expliquait que Roigard avait raccourci certains coups de pied d’environ cinq mètres pour synchroniser ses poursuivants. Trop long, le ballon offre une réception confortable ; trop court, il laisse le temps à la défense de s’organiser. Entre les deux, le sauteur peut contester, ou ses partenaires ramasser un ballon qui traîne. C’est la différence entre rendre le ballon et mettre l’adversaire sous pression.
Reculer plutôt que sauter : l'autre solution de Rennie
Mais que faire quand le coup de pied vient d’en face ? Rennie détaille une réponse moins spectaculaire : plutôt que de foncer vers le point de chute pour disputer le ballon, ses réceptionneurs reculent afin de le récupérer dans une zone protégée. Une manière de limiter les duels aériens et surtout les pénalités pour obstruction.
Car le règlement interdit d’empêcher volontairement un adversaire de jouer le ballon. Les anciens écrans de protection autour du réceptionneur sont risqués. À l’arbitrage, le placement des soutiens et leur trajectoire deviennent décisifs. L’idée néo-zélandaise consiste à accompagner le repli sans barrer illégalement la route au chasseur adverse. Un détail de déplacement qui peut coûter trois points, ou offrir une relance.
Une bataille décisive avant le rendez-vous de Sydney
À deux jours du second test de Bledisloe Cup, samedi 17 octobre à Sydney, cette guerre aérienne promet de peser lourd. Les All Blacks ont déjà conservé le trophée en s’imposant à Auckland. Mais les Wallabies de Les Kiss ont des images très précises à disséquer : qualité du pied de Roigard, courses de Barrett et Jordan, positionnement des réceptionneurs. La prochaine bataille pourrait se gagner avant même que le ballon retombe.
Et si une chandelle servait encore surtout à gagner du terrain, les Néo-Zélandais viennent de rappeler qu’elle peut aussi fabriquer un essai.
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