À l’aube de la 18e journée du Top 14, jouée alors que le Tournoi fait relache, il est intéressant de faire un point sur le classement par rapport à l'an passé au meme stade de la compétition. Même nombre de matchs disputés certes, mais dynamiques très différentes. Le Stade Toulousain est leader dans les deux cas, avec 60 points la saison passée contre 62 aujourd’hui.
Derrière, les écarts sont plus marqués : la Section Paloise passe de 10e à 2e, Montpellier grimpe du 9e au 4e rang, tandis que Toulon et Bayonne reculent nettement. En bas de tableau, Perpignan plonge encore plus bas et Montauban ferme la marche avec seulement 7 points. Après 17 journées, le Top 14 25/26 semble plus polarisé, avec des écarts de points plus importants en tête comme en queue de peloton.
Stade Toulousain : Une composition (très) sérieuse pour aller chercher un record en Top 14 face à Montauban ?Toulouse encore plus clinique
Le Stade Toulousain confirme son statut de référence. L’an passé, les Rouge et Noir comptaient 60 points (12 victoires, 1 nul, 4 défaites, +233). Cette saison, ils en affichent 62 avec 13 victoires et une différence de points impressionnante de +317. Plus de 660 points inscrits en 17 matchs, soit près de 39 points de moyenne. C’est colossal.
Ce qui change ? La maîtrise. Toulouse a transformé davantage de victoires en succès bonifiés et affiche une solidité défensive supérieure. Là où 2024/2025 ressemblait à une domination progressive, 2025/2026 a des allures d’écrasement statistique. Si les champions de France n'ont pas été épargnés par les blessures, il y a également eu des retours comme ceux de Dupont, qui permettent à Toulouse de performer malgré tout.
Sans parler du fait que les jeunes ont acquis encore plus d'expérience. En témoigne le succès glané à Paris sans les Tricolores. L’efficacité offensive s’accompagne d’un différentiel qui met déjà la pression sur la concurrence pour les demi-finales directes.
Les grands gagnants : Pau et Montpellier
La progression la plus spectaculaire est béarnaise. La Section Paloise pointait à la 10e place avec 34 points et un différentiel négatif (-49) après 17 journées en 24/25. Un an plus tard, elle est 2e avec 51 points et un différentiel positif de +59. Onze victoires contre sept l’an passé, soit un basculement net dans la gestion des matchs serrés.
Montpellier est l’autre gros bénéficiaire. Neuvième avec 34 points en 24/25, le MHR est aujourd’hui 4e avec 49 unités et 11 bonus récoltés. Soit le plus haut total du championnat. L’attaque est passée de 383 points inscrits à 520, et la différence générale bondit de +30 à +147. Au-delà des chiffres, cela traduit une capacité accrue à convertir les temps forts et à sécuriser les fins de match. Le réalisme a remplacé l’irrégularité.
Racing 92 est également sur une pente ascendante. Onzième l’an passé avec 31 points, le club francilien est 6e avec 45 points aujourd’hui. Huit points de plus, quatre victoires supplémentaires et une vraie densité offensive.
135 kg de puissance : Toulouse récupère son poids lourd face à MontaubanCeux qui marquent le pas
À l’inverse, certains poids lourds reculent. Toulon, deuxième avec 57 points en 24/25, n’est plus que 8e avec 43 points. Neuf victoires contre douze un an plus tôt, et surtout une différence de points passée de +105 à -78. Le RCT a perdu en constance et en solidité défensive. Le récent revers face à Clermont a fait mal à la tête. Et le déplacement à Lyon ce week-end n'a rien d'une sinécure.
Bayonne illustre aussi cette bascule. Quatrième à 43 points en 24/25, demi-finaliste, l’Aviron est désormais 12e avec 35 points et un différentiel de -105. Huit victoires cette saison contre dix l’an passé, mais surtout 557 points encaissés : la défense souffre.
Perpignan est encore plus en difficulté. Douzième avec 30 points en 24/25, l’USAP est 13e avec 18 unités et seulement quatre victoires. La différence de points plonge à -146. La lutte pour le maintien s’annonce plus rude que jamais. Mais les Catalans connaissent parfaitement cette situation. Et ne manquent pas de leviers psychologiques pour s'en sortir (une fois de plus).
Ce que disent vraiment les chiffres
Comparer à nombre de journées équivalent permet de mesurer la progression structurelle d’un club. Les bonus offensifs et défensifs deviennent un indicateur clé. Montpellier et Pau en ont fait une arme stratégique. À l’inverse, Toulon ou Bayonne ont perdu ces petits points qui changent une saison.
La différence de points est tout aussi révélatrice. Toulouse (+317) et Montpellier (+147) traduisent une domination réelle, pas seulement comptable. En bas, Montauban affiche -462 : l’écart de niveau est criant. Ce type de différentiel pèse mentalement et influence la gestion des matchs à venir.
L'avis du Rugbynistère :
En tête, Toulouse prend une avance psychologique et statistique précieuse pour viser directement les demies. Avec la réception de Montauban ce week-end, le champion en titre pourrait engranger 5 points supplémentaires. L'occasion de distancer encore plus la concurrence, et notamment Bordeaux qui défier la Section.
Pau, justement, et Montpellier peuvent légitimement croire au top 6, voire mieux, s’ils maintiennent ce rythme. À l’inverse, Toulon doit réagir rapidement pour éviter une saison glissante hors phases finales. Bayonne et Perpignan, eux, regardent derrière. Avec un tel retard comptable par rapport à l’an passé, chaque déplacement devient une finale.
Ce comparatif le montre : après 17 journées, certaines dynamiques sont lourdes. Les chiffres ne font pas tout, mais ils racontent déjà une histoire. Et en Top 14, celle qui s’écrit à l’hiver conditionne souvent le printemps.
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