Il fut un temps — pas si lointain — où voir deux équipes appelées “Sharks” s’affronter en Coupe d’Europe aurait relevé de la science-fiction rugbystique.
Les océans étaient bien délimités, les compétitions aussi, et les requins restaient chacun dans leur hémisphère.
Puis la Champions Cup a évolué. Et ce week-end marque la toute première confrontation de l’histoire entre les Sale Sharks et les Sharks de Durban, dans une compétition officielle.
Deux requins, deux histoires
D’un côté, les Sale Sharks, club historique du nord de l’Angleterre, fondé en 1861. À l’époque, évidemment, personne ne parlait de requins. Le club s’appelait sobrement Sale Football Club et cultivait une identité très traditionnelle. Ce n’est qu’à la fin des années 1990, avec l’arrivée du rugby professionnel, que Sale change de peau.
En 1999, le club adopte le surnom “Sharks”, symbole assumé d’agressivité, de puissance et de compétitivité. Une mue marketing, mais aussi une déclaration d’intention : Sale ne veut plus seulement exister, il veut mordre.
En face, les Sharks de Durban, dont l’histoire est plus directement liée à la professionnalisation du rugby. Héritiers de la province du Natal, longtemps surnommée les Banana Boys, les Sud-Africains se rebaptisent “The Sharks” en 1995, au moment où le rugby bascule dans une nouvelle ère.
Ici, le requin fait sens presque naturellement : Durban, l’océan Indien, une identité maritime forte… et une volonté claire de devenir une marque majeure du rugby sudafricain et mondial.
Même nom, mêmes crocs, philosophies différentes
Si les deux équipes partagent aujourd’hui le même animal totem, leurs trajectoires racontent deux façons différentes d’entrer dans le rugby moderne. Sale a greffé le requin sur une histoire centenaire. Durban, lui, a construit son identité professionnelle directement autour de ce symbole.
Mais sur le terrain, le message est le même : intensité, impact, défense agressive et appétit pour la compétition. Deux prédateurs, deux styles, un seul bassin… européen, cette fois.
Un choc rendu possible par la mondialisation du rugby
Il faut aussi savourer le symbole. Avant l’élargissement de la Coupe d’Europe, avant l’intégration des franchises sud-africaines dans les compétitions européennes, cette affiche n’aurait jamais existé.
Les requins anglais restaient dans l’Atlantique Nord, les requins sud-africains dans l’océan Indien, et tout le monde trouvait ça très bien comme ça.
Aujourd’hui, les frontières ont sauté, les calendriers ont explosé, et les écosystèmes se mélangent. Résultat : un “double sharks” parfaitement absurde… et délicieusement excitant.
Reste à savoir qui mordra le premier. Le requin des eaux froides ou celui des mers chaudes ?

Jacques-Tati-en-EDF
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22269 pointsIl vaut mieux Sharks contre Sharks ... Que Sale contre Sale ... Parce c'est pas très propre sinon !
Jacques-Tati-en-EDF
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22269 pointsJe pense que les "Sharks" d'AFS sont plus féroces que les "Sharks" anglais ... (Je veux dire réellement dans l'eau ....)
Uther
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5794 pointsSurtout qu'à Sale, il est difficile de voir l'océan 😆 et je doute fort qu'il y ait des requins dans la Mersey.
NeST
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22517 pointsEux non plus ne tournent pas qu'à l'eau (de mer) ???