1er janvier 2026. Le corps tire un peu, mais l’esprit est là. Comme tout le monde, le rugbyman amateur se promet que cette année sera différente. Plus sérieuse. Plus propre. Plus professionnelle. Spoiler : certaines résolutions ont déjà une durée de vie très limitée. Mais c’est aussi ça, la beauté du rugby du dimanche.
"Cette année, je vais faire toute la préparation"
C’est la grande classique. En janvier, tout le monde jure qu’il ne ratera plus un footing, qu’il sera prêt dès la reprise, qu’il fera “une vraie prépa”. Jusqu’au premier apéro d’équipe, au premier genou qui tire, ou au premier entraînement sous la pluie. En mars, la résolution a mystérieusement disparu, remplacée par un strap et un Doliprane.
"Je vais arrêter de râler contre l’arbitre"
Chaque saison, même promesse : plus de cartons inutiles, plus de remarques à voix haute, plus de regards appuyés. Et puis il y a ce hors-jeu “évident”, cette mêlée “jamais droite”, cette pénalité “incompréhensible”. Résolution admirable, mais statistiquement intenable au-delà du premier mois de la nouvelle année.
"Je vais mieux manger… surtout le samedi soir"
Adieu les pizzas d’après-match, bonjour les pâtes complètes et le poulet sec. Du moins en théorie. Car entre la victoire à fêter, la troisième mi-temps “exceptionnelle” et le sponsor généreux, la diététique passe souvent après la convivialité. Et chez les amateurs, la récupération passe aussi par la convivialité.
"Je vais travailler ma condition physique"
Objectif : ne plus finir les matchs avec les mains sur les genoux à la 60e. Objectif louable, surtout chez les avants. Mais entre le boulot, la famille et les horaires d’entraînement, la séance de gainage promise finit souvent reportée. À l’année prochaine.
"Je vais arrêter les gestes inutiles"
Le offload impossible, la chandelle sans soutien, la passe après contact alors qu’il fallait simplement tomber… Chaque rugbyman se reconnaît. Résolution logique, rarement respectée, surtout quand l’adrénaline monte. Parce que parfois, le cerveau débranche avant les bras.
"Je vais prendre soin de mon corps"
Étirements, glaçage, hydratation, sommeil. Tout est prévu. Jusqu’au premier match sur terrain dur, au premier plaquage mal encaissé, ou à cette cheville qui “va passer”. Le corps du rugbyman amateur est robuste… mais rancunier.
"Je vais surtout continuer à prendre du plaisir"
Et c’est peut-être la seule résolution vraiment tenue. Continuer à jouer avec les copains, à transpirer ensemble, à râler un peu, à rire beaucoup. Parce que même imparfait, parfois bancal, le rugby amateur reste une sacrée école de vie. Bonne année, et surtout… bon rugby.
