Dimanche à Lille, le XV de France a dominé l’Italie (33-8) lors de la 3e journée du Tournoi des 6 Nations 2026. Désigné homme du match, Emmanuel Meafou a livré une prestation remarquée : 13 courses, 30 mètres gagnés, 3 défenseurs battus et un essai inscrit en première période. En défense, le colosse toulousain a compilé 10 plaquages pour un seul manqué et un turnover concédé. Surtout, le deuxième ligne (2m03, 142 kg) a disputé l’intégralité de la rencontre, une première en 14 sélections. Son essai, à la 15e minute, sur une percussion après une passe d’Antoine Dupont, a donné le ton d’une soirée à sens unique.
Au micro de France 2 au sortir de la rencontre, Meafou a tenu à replacer la performance dans le collectif : « C’est bien, c’est une bonne performance individuelle. Ce n’est pas que moi sur le terrain. On est 15, on a fait un bon match et on est content. On va profiter de la semaine off puis on va enchainer avec deux gros matchs qui suivent après. On est satisfait. Il y a quelques mêlées où on a reculé, mais on est content car on sait que l’Italie a une très grosse mêlée, ils sont très costauds en conquête. Mais on est content. Ils n’ont jamais lâché pendant 80 minutes mais nous sommes contents de notre prestation collective et c’est le plus important. »
En zone mixte, via RugbyPass, il a ajouté : « Je suis très content. Après, comme on l'a dit, même si j'ai fait 100 caps avec l'équipe de France et que je ne marque pas une fois, le plus important ce sont les victoires de l'équipe et de porter ce maillot fièrement. (…) C'est un de mes meilleurs matchs en bleu. »
80 minutes de densité : ce que disent vraiment les stats
Au-delà de l’essai, les chiffres racontent un match d’usure maîtrisé. Treize courses pour un deuxième ligne, c’est une activité élevée, surtout avec 30 mètres gagnés et trois défenseurs battus. Cela signifie que Meafou n’a pas été cantonné au simple rôle de porteur de balle au ras, mais qu’il a régulièrement franchi la ligne d’avantage. Dans le jeu moderne, le poste de numéro 5 ne se limite plus à la touche et aux rucks. On lui demande d’être un point d’ancrage offensif, capable de fixer, d’attirer deux défenseurs et de libérer des extérieurs dans l’avancée. Sur ce plan, le Toulousain a été précieux.
135 kg de puissance : Toulouse récupère son poids lourd face à MontaubanSes 10 plaquages pour un seul manqué traduisent aussi une constance défensive. L’Italie a tenté d’exister dans le défi frontal, notamment sur séquences longues et mauls portés. Meafou a répondu présent, y compris dans les zones de combat où le moindre retard se paie cash. La donnée la plus marquante reste cependant le temps de jeu : 80 minutes pleines, lui qui n’avait jamais dépassé 66 minutes en sélection. « Fabien (Galthié) m'avait prévenu qu'il voulait que je donne tout. Si jamais il avait besoin de faire de coaching, il allait le faire mais sinon il voulait me laisser jouer », a-t-il confié. Le défi était clair : prouver qu’un joueur de 142 kg peut tenir le rythme international sans baisse d’intensité.
Le regard de la presse : l’unanimité autour d’un match référence
Les notes des médias confirment cette impression visuelle. RugbyPass lui attribue 8,5, évoquant des « charges brutales » et une « menace constante ». Planet Rugby le note 8, soulignant son activité des deux côtés du ballon et ses 13 courses. Midi Olympique (8/10) insiste sur sa constance sur 80 minutes et sur son « premier essai international ». Eurosport parle d’un match « monstrueux » et d’un possible « match référence ». L’Équipe (8) met en avant sa capacité à tenir tout le match, total inédit en bleu.
Thomas Ramos, son coéquipier à Toulouse, n’a pas mâché ses mots : « Manny quand il le décide, il peut être le meilleur seconde ligne du monde, et je crois qu'il se donne les moyens d'être à la hauteur et de faire le match qu'il fait ce soir. (…) Oui pour un 5 c'est rare de tenir autant, mais quand on le voit à la 70e minute faire des actions comme il fait on est très content pour lui. » Même validation côté staff : « En fait, il a répondu parfaitement que c'était possible », a résumé Fabien Galthié.
Le Stade Toulousain dépouillé de cinq internationaux en juin prochain ?Est-ce son meilleur match en bleu ?
La question mérite d’être posée. Meafou l’admet lui-même : « C'est un de mes meilleurs matchs en bleu. » En 14 sélections, il a déjà montré sa capacité à faire basculer un match par son impact. Mais rarement avec une telle continuité. Contre l’Irlande, il avait été remplaçant pour une demi-heure jugée moyenne par certains observateurs. Face à l’Italie, il a mis « les pendules à l’heure », selon L’Équipe.
Ce qui distingue cette performance, ce n’est pas seulement la puissance, signature habituelle du joueur, mais l’endurance et la régularité. Être capable de plaquer à la 79e minute avec la même intensité qu’à la 10e, voilà le vrai marqueur d’un match référence. On ne lui tiendra pas rigueur de dégagement aléatoire depuis son en-but. Bien que ce dernier illustre aussi une palette technique plus large qu’on ne le pense. Et surtout une pleine confiance de la part du Toulousain.
Qu'est-ce que ça change pour les Bleus ?
Dans la hiérarchie des deuxièmes lignes tricolores, ce match pèse lourd. La concurrence est forte et le staff de Galthié valorise la capacité à enchaîner les séquences à haute intensité. En démontrant qu’il peut tenir 80 minutes au niveau international, Meafou envoie un signal clair à l’approche des deux dernières journées du Tournoi. Il gagne en crédibilité dans le rôle de titulaire indiscutable.
Pour le XV de France, disposer d’un deuxième ligne capable d’avancer ballon en main, de sécuriser les rucks et de défendre sur la durée change la physionomie d’un match. Cela offre des options tactiques supplémentaires, notamment dans le jeu d’occupation et dans la gestion des temps faibles. Dans un Tournoi où chaque détail compte, ce type de performance individuelle au service du collectif peut peser dans la balance.
Pourquoi tout le monde parle déjà du sacre des Bleus avant le match en Écosse ?Si d'aucuns s'étaient interrogé sur le pourquoi du changement de deuxième ligne après les deux victoires initiales, cette performance, couplée à celle de Flament, est une très bonne nouvelle. Avec ce dernier, Ollivon, Guillard et Meafou, l'équipe de France dispose de deux associations de très haut niveau. Deux attelages qui peuvent faire le boulot aussi bien comme titulaire que finisseur. Imaginez les défenseurs qui doivent se coltiner une première paire pendant 50 minutes, avant de voir entrer la seconde pour terminer le boulot. La preuve une fois de plus du formidable vivier tricolore.
Une confirmation plus qu’une révélation
« Je vais bien dormir », a glissé Meafou avec le sourire. Les « bobos » sont là, mais le message est passé. Dimanche, face à l’Italie, le Toulousain n’a pas seulement marqué son premier essai international. Il a surtout prouvé qu’il pouvait être un leader d’impact sur 80 minutes. Si ce n’est pas encore son sommet en bleu, cela ressemble fortement à un cap franchi. Et dans un pack français en quête de constance, ce genre de soirée compte double.
Bravo et merci pour ce match énorme !
Il n’a pas un frère jumeau ?
Eh bien, qu’on en crée un autre !
Ça permettrait de mettre Guillard en 8 si besoin, face à d’autres équipes, comme les Sud-Africains par exemple.
match référence je sais pas, mais enfin un bon math en tous cas.
à confirmer mais on avait besoin de solidité devant et il a répondu présent.