Après une défaite en ouverture du Tournoi, puis un succès pas vraiment convaincant, l’Irlande semblait en manque de repères, notamment à l’ouverture. Sam Prendergast, titulaire lors des deux premières rencontres, n’a pas réussi à imposer son tempo ni à peser sur le jeu offensif. Face à l’équipe de France, Prendergast avait inscrit seulement 4 petits points. Avant d'être remplacé le match suivant tôt dans la rencontre dû à sa contre performance.
Le choix de titulariser Jack Crowley contre l’Angleterre a marqué un tournant. Bien sûr, tout ne peut être attribué uniquement au numéro 10, mais son influence sur les intentions collectives a été flagrante. L’Irlande a remporté ce match avec autorité, proposant un rugby bien plus ambitieux.
21-42 : l'Irlande humilie l'Angleterre et livre le « mode d'emploi » au XV de FranceDes chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Face à l’Angleterre, Crowley affiche une feuille de statistiques solide : 3 pénalités, 4 transformations, 17 points inscrits (avec deux échecs au pied). Une occupation offensive bien mieux exploitée que lors des précédentes rencontres. Au pied, la comparaison territoriale est révélatrice. L’Irlande a gagné 851 mètres contre seulement 373 pour l’Angleterre, avec notamment un George Ford à côté de ses baskets.
Un écart considérable, qui souligne la domination irlandaise dans l’animation offensive. Le compère de Crowley à la charnière l’a fortement aidé dans cette performance collective. Gibson Park, que l’on peinait à voir retrouver son niveau, a fait taire tout le monde ce samedi, en sortant une copie de haut vol.
Un jeu plus inspiré et plus connecté
Au-delà des statistiques, c’est surtout dans le contenu que l’impact de Crowley s’est fait sentir. L’ouvreur irlandais s’est montré plus impliqué dans l’attaque de ligne, n’hésitant pas à jouer au contact et à s’engager physiquement. Dans le jeu au pied de pression, il a également été précieux avec des chandelles parfaitement dosées pour son triangle arrière, excellent dans les airs cet aprèsmidi là.
Dès la 4ᵉ minute, on observe une action symbolique : après un départ autour du ruck du numéro 9, Crowley se porte à hauteur, reçoit le ballon et délivre un offload parfaitement dosé. Quelques instants plus tard, une simple redoublée puis une prise d’intervalles initie la séquence qui mènera au premier essai inscrit par Gibson-Park. Ces enchaînements illustrent un jeu plus fluide, plus naturel, et surtout mieux connecté entre les lignes.
Une Irlande plus ambitieuse
Si l’apport de Crowley est évident, il s’inscrit aussi dans une dynamique collective retrouvée. Les Irlandais ont affiché une volonté claire de jouer davantage, notamment dans leurs 30 mètres. Là où le jeu restait parfois stérile lors des deux premières rencontres, l’Irlande a cette fois mieux alterné le jeu à la main et au pied, mettant ainsi parfaitement les partenaires de Pollock sous pression.
Cette évolution contraste fortement avec le match contre la France, où le rendement au pied et la créativité offensive avaient cruellement manqué. La différence ne réside pas uniquement dans le score, mais dans l’attitude : plus de prises d’initiatives, plus de passes après contact (10 contre 6 face aux Français), et une occupation offensive réellement dangereuse.
Crowley, un chef d’orchestre crédible pour la suite
Il serait excessif d’expliquer ce succès uniquement par la présence de Jack Crowley à l’ouverture. Cependant, son profil semble mieux correspondre aux besoins actuels de l’Irlande : un joueur capable d’animer, de jouer dans la ligne et de dynamiser ses partenaires. Face à l’Angleterre, l’Irlande a retrouvé un rugby conquérant, fait de mouvement, de pression au pied et de continuité. Crowley en a été l’un des principaux catalyseurs.
Dans un tournoi où chaque détail compte, ce match pourrait bien marquer un tournant. Plus qu’un simple changement d’ouvreur, il s’agit peut-être du début d’un nouveau souffle offensif pour une équipe irlandaise qui avait besoin de retrouver confiance et créativité.
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