Le RCT a reçu 3 offres sérieuses de reprise… mais les repreneurs ne savent pas dans quoi ils s'embarquent
Mayol a forgé la légende du RCT, mais pourrait freiner son avenir. Bernard Lemaître le dit sans détour : le changement est désormais inévitable. Crédit image : Screenshot Youtube beIN Sport/François TRILLO
Trois offres de reprise, toutes recalées. En toile de fond, un problème central : Mayol. Bernard Lemaître détaille les coulisses du dossier.

Un constat sans détour : Mayol ne suffit plus

Le message est clair, assumé, et surtout répété sans détour par Bernard Lemaître. Dans un entretien accordé à L'Équipe, le président du RC Toulon a posé les bases de l’avenir du club : pour survivre et se développer durablement en Top 14, Toulon devra passer par la construction d’un nouveau stade.

Un projet à cinq ans, pensé comme un “Mayol 2”, plus moderne, plus rentable, et surtout indispensable pour équilibrer les comptes d’un club historique mais structurellement désavantagé.

Un projet assumé, presque programmé

Bernard Lemaître ne parle pas au conditionnel. Pour lui, la construction d’une nouvelle enceinte est « inéluctable ». L’actuel Stade Mayol, inauguré en 1920, plafonne aujourd’hui autour de 16 500 à 17 000 places, avec des possibilités d’évolution jugées quasi nulles.

Le patron du RCT explique travailler activement sur des dossiers à destination des futurs candidats à la municipalité, épaulé par des sociétés spécialisées ayant déjà construit des stades en France et à l’étranger.Le Munster à Mayol, souvenir amer, match charnière : Toulon prêt à changer le scénario ?Le Munster à Mayol, souvenir amer, match charnière : Toulon prêt à changer le scénario ?Objectif affiché : une enceinte moderne de 20 000 places, idéalement située non loin de Mayol. Mais sans en dire davantage pour l’instant.

Pourquoi Mayol bloque le RCT (et ce n’est pas qu’une question de sièges)

Le problème n’est pas l’âme de Mayol. Elle est intacte, unique, irremplaçable. Le problème, c’est l’exploitation.

À Toulon, le stade ne peut accueillir qu’un match tous les quinze jours, sans concerts, sans événements annexes, sans vraie vie économique en dehors du rugby. Résultat : entre 5 et 10 millions d’euros de manque à gagner annuel sur les hospitalités et les revenus périphériques.

Exactement, selon Lemaître, le trou qu’il manque pour équilibrer les comptes. À ce niveau du rugby pro, ce n’est pas un détail, c’est un handicap structurel majeur face aux clubs mieux armés.

Un club attractif, ça se construit aussi en béton

Le président toulonnais va plus loin. Il parle transmission, anticipation, responsabilité. Il a même tout prévu pour l’après-Lemaître. En cas de décès ou d’indisponibilité, Frédéric Bir, ancien directeur général, aura pour mission de trouver un repreneur « quasiment sans condition ».

Mais là encore, le stade entre en jeu. Un club, c’est un gâteau dans une vitrine. S’il est appétissant, sa valeur grimpe. Sinon, elle stagne. Lemaître confie avoir reçu trois offres sérieuses, finalement écartées car elles « n’allaient pas faire la maille ». Pas seulement financièrement.

Un stade moderne, multifonction, est aujourd’hui un prérequis pour séduire des investisseurs solides. Surtout des Français, préférence clairement assumée par le patron du RCT.

Mayol dans le cœur, Mayol 2 dans les cartons

Sportivement, un nouveau stade ne garantit pas des titres. Mais il donne des armes. Plus de revenus, plus de stabilité, plus de capacité à retenir ou attirer des joueurs majeurs.

Structurellement, c’est aussi une assurance-vie pour le club. Dans un Top 14 toujours plus exigeant économiquement, rester figé dans un outil du siècle dernier expose à un décrochage progressif.

Politiquement enfin, le dossier du stade va devenir un sujet central des prochaines municipales à Toulon. Le rugby, encore une fois, dépasse largement les lignes du terrain.

Personne à Toulon n’a envie de tourner la page de Mayol. Mais Bernard Lemaître le sait mieux que quiconque : l’histoire ne suffit plus à faire tourner un club professionnel. Pour que le RCT reste debout, ambitieux et transmissible, il faudra sans doute accepter de bâtir ailleurs… sans jamais renier d’où il vient.

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  • Uther
    5814 points
  • il y a 11 heures

Hum...

Monsieur Lemaître devrait regarder ce qui s'est passé côté Wasps. Adams Park, trop petit, pas assez rentable car le stade n'appartenait pas au club et une délocalisation à Coventry (Ce ne serait pas le cas pour le RCT, ce qui est quand même une grande différence).



Le projet à l'époque n'est pas autour de l'équipe de rugby mais bien de générer des revenus annexes via la Ricoh Arena qui peut accueillir plein d'évènements (Concerts, salon...) car Richardson a bien compris que le Rugby seul ne sera jamais rentable surtout à High Wycombe. Hors, s'il a bien renfloué l'équipe sur ses deniers propres, il espère à terme gagner de l'argent. Ce n'est pas un mécène à la sauce Wray (Ex propriétaire des Saracens) ou Bruce Craig.

Alors, il restructure la dette du club qui est abyssale, investit dans la Ricoh Arena et le résultat est juste Wahou !!!

De plus, la fréquentation augmente nettement. Adams Park avec 10.000 spectateurs était plein à craquer, la Ricoh Arena avec 14.500 spectateurs paraît vide mais au final, il y bien eu une hausse de plus de 40% du nombre de spectateurs payant.



Et pourtant, le projet n'a jamais généré un euro (Ou une Livre) de bénéfice. Jamais et pour une simple raison : Un stade moderne coûte très cher à entretenir et les revenus "annexes" sont aléatoires et loin d'être garantis là où les charges tombent tous les mois. Coventry n'est pas Londres ou Manchester surtout avec Birmingham juste à côté, comme Toulon n'est pas Bordeaux ou Lyon surtout avec Marseille juste à côté.

Alors, certes le COVID a achevé le club mais même sans ça, la situation financière était très difficile.



Alors, je dis prudence sur ces revenus "potentiels" qui font très bien sur un Business Plan et une feuille Excel mais qui sont bien difficile à aller chercher.

Après, il y a une différence de taille : Les Anglais sont des libéraux. En France, on sait tous que si le RCT devait boire la tasse, la ville, la région, l'état viendrait à son secours.

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