L'association Stanislas Sevens fait cap vers le Cambodge

L'association Stanislas Sevens fait cap vers le Cambodge
L'association Stanislas Sevens va réaliser un projet humanitaire au Cambodge du 14 au 24 avril.
Basée autour du rugby à 7, l'association Stanislas Sevens s'engage pour un projet humanitaire au Cambodge dans quelques jours.

Que d'expériences enrichissantes pour Stanislas Sevens. Après être partie à Singapour au mois de novembre, l'association se dirige désormais vers le Cambodge pour un projet culturel, sportif et humanitaire avec des élèves du collège Saint-Pierre Chanel de Thionville. Un projet que mène d'une main de maître leur professeur d'EPS Maxime Génique, co-fondateur de l'association Stanislas Sevens avec Sylvain Mottet :

Dans un premier temps, le développement de notre association s'accordait en priorité autour du rugby à 7 de haut niveau masculin. Puis, avec Sylvain Mottet, étant tous les deux professeurs d'EPS, on a eu comme possibilité de mener un projet qui nous permettait également de faire de l'humanitaire en Asie, ce qui était plutôt intéressant. On a ainsi ouvert une nouvelle porte de l'association que l'on a appelée MyStan7Family. On a donc déjà œuvré au Cambodge pour notre première action il y a 15 mois avec Fanny Horta (capitaine de l'équipe de France 7 Féminines) et Jérémy Aicardi (joueur de France 7 à ce moment-là). Nous sommes partis 15 jours là-bas. Cela a en quelque sorte anticipé le projet que j'avais en tête, à savoir emmener des scolaires sur le terrain.

L'association Stanislas Sevens avait connu un précieux succès lors de sa première expérience au Cambodge.


Une ambition synonyme de rêve pour Maxime à l'époque, mais qui va aujourd'hui pouvoir se réaliser, puisqu'il partira avec ses élèves du 14 au 24 avril au Cambodge. Un programme chargé, mais très enrichissant qu'il a organisé avec précaution :

J'ai déjà noué pas mal de liens sur place avec le rugby, car il y avait une ONG qui utilisait ce sport comme vecteur éducatif pour des enfants en orphelinat et dans les bidonvilles, Kampuchea Balopp, qui est gérée par un Français Jean-Baptiste Suberbie. C'est avec lui que l'on a hissé ce premier projet. J'avais comme volonté de proposer à mes élèves des moments culturels et de découvrir les villes cambodgiennes. J'avais vraiment envie de leur faire rencontrer la population locale. Le projet va donc finalement se mettre en place prochainement ! On va faire 2 jours sur une île, lors du nouvel an cambodgien, ce qui veut dire quatre jours de fête. Nous arriverons sur les deux derniers jours. On va ensuite retourner à la capitale pour découvrir l'univers sportif cambodgien, où nous allons notamment être initiés à la boxe cambodgienne. Plusieurs visites culturelles sont également au programme, mais elles se feront toujours de manière sportive, soit en randonnée ou à vélo. On finira la semaine par un tournoi de rugby à toucher avec l'ONG et on ira ensuite dans une école pour filles : Happy Chandara. Là-bas, nous proposerons aux élèves de faire des activités manuelles pour donner un coup de main. Comme construire des abris, faire de la peinture ou de la cuisine. On sera ainsi directement en lien avec les actions humanitaires. Je voulais aussi que mes élèves soient en contact avec les personnes qui gèrent l'aspect social, psychologique et médical, notamment, car j'ai beaucoup d'élèves qui veulent s'orienter vers la médecine, donc je trouvais ça intéressant pour eux d'être plongés directement dans ce genre d'actions et qu'ils s'ouvrent, pourquoi pas, à des stages.

Un projet scolaire abouti

Développer le rugby à Thionville, ce n'est pas une mince affaire. Se souciant de la formation rugbystique dans la région, notamment du rugby féminin où elle est quasiment absente, Maxime Génique a lancé la Stan7Académie à la rentrée 2018. Un centre d'entraînement où il forme chaque semaine des filles dans la pratique du rugby à 7, ce qui lui permet aujourd'hui d'avoir des résultats plus que satisfaisants, puisque l'ensemble de ses élèves se sont qualifiés pour les finales des différents championnats de France :

On a fait toutes les compétitions UNSS et UGSEL qu'on pouvait faire.  Les filles se sont qualifiées pour les championnats de France UNSS de rugby à 7 à la Teste-de-Buch du 26 au 28 mars. Mon équipe junior garçon que j'entraîne également à Thionville s'est également qualifiée pour la finale nationale UGSEL de rugby à 7 qui se déroulera à Nantes du 27 au 29 mars. C'est notre première participation dans ces deux compétitions. Nous effectuons également des formations à l'arbitrage au sein de l'établissement. On s'est présenté 6 fois aux championnats nationaux des écoles d'arbitrage et on a fait 4 finales dont deux podiums sur les six années.

Après leurs finales, les élèves entraînés par Maxime Génique auront donc la chance de parcourir le Cambodge. Un voyage scolaire inédit, qui fait suite à un projet initié par leur professeur en 2015 :

Ce projet intervient suite à deux projets que j'avais montés dans l'établissement. En 2015, on a gagné un concours qui s'appelait « Rugby School » organisé par l'UGSEL. Mes élèves ont ainsi remporté 50 places pour la Coupe du Monde. C'était pour le match Nouvelle-Zélande-Namibie en Angleterre. On a fait une semaine à Londres pour découvrir les activités physiques et sportives de l'Angleterre. Les enfants étaient en immersion dans les familles d'accueil. On a fait du cricket, du golf, de l'aviron et bien sûr, du rugby. Ils étaient tous très contents ! À l'époque, j'avais proposé un séjour à moins de 500 euros. Je me suis dit l'année d'après que j'essayerais de me lancer dans ce genre de projets tous les deux ans. On a de ce fait réalisé un deuxième voyage en Irlande sur le même format, à savoir la découverte des sports locaux comme le football gaélique, le hurling, le surf ou le paddle. Ça avait également très bien marché, donc désormais, tous les deux ans, les élèves attendent que quelque chose se mette en place. Je me suis donc dit que cette année, par rapport aux contacts que l'on avait avec l'association et ce qu'on avait fait au Cambodge, il y avait moyen de réaliser quelque chose de très sympathique ! Tous les deux ans, les familles prévoient ainsi de mettre un budget sur le déplacement des élèves. Car je n'ai pas d'aide financière, l'établissement apporte son soutien uniquement sur le plan administratif et dans la gestion du projet.

Mais la Stan7Academy va aujourd'hui au-delà du projet scolaire, puisque l'équipe féminine U15 a participé il y a quinze jours au Challenge Orange de la FFR. Une compétition qu'elle a remportée haut la main. « Ce challenge s'est déroulé avec 4 filles par club. De notre côté, on a choisi de réunir deux clubs à savoir Stanislas Sevens et Metz. On a ainsi présenté 6 filles et Metz 2, mais sans faire de groupe de niveaux », explique Maxime. « On y est allé sans s'attendre à grand chose et on a été surpris, car elles se sont qualifiées pour les finales nationales le 15 juin à Marcoussis ! Notre première équipe se classe en tête de la Ligue Grand-Est et la seconde équipe troisième, ce qui est plutôt honorable. »

Les féminines entraînées par Maxime Génique ont brillé lors du Challenge Orange.

L'association Stanislas Sevens en mode globe-trotter

Le Cambodge, Singapour et bientôt le Kenya ? Ce qu'on peut dire, c'est que, grâce aux nombreux contacts qu'il a accumulés au fil des années, Maxime Génique ne manque pas de choix. Ce qui le satisfait amplement aujourd'hui, le rugby à 7 étant pour lui « un sport ayant besoin de bouger pour vivre ». La première étape ayant ainsi été Singapour, un tournoi que l'association a disputé en novembre 2018 avec une équipe composée de plusieurs joueurs spécialisés dans le rugby à 7 et notamment des anciens membres de l'équipe de France Universitaire :

Le bilan est très positif car c'était notre premier tournoi à l'étranger, et il s'est déroulé sur un des quatre plus gros tournois amateurs internationaux (Dubaï, Las Vegas, Hong Kong et Singapour). Même si aujourd'hui, le niveau est moins élevé là-bas, car la compétition est décalée par rapport à l'étape du circuit mondial. Le nombre de partenaires a également baissé. Malgré tout, le dernier carré était tout de même d'un sacré niveau. Il y avait une équipe fidjienne qui composait le réservoir de la sélection nationale et qui était notamment coachée par un ancien international All Blacks. Malheureusement, nous n'avons pas eu de chance, le plus beau match qu'ils aient fait, c'était contre nous ! Au niveau logistique, on a également rencontré quelques problèmes, puisque deux joueurs se sont blessés lors du premier match, donc les autres étaient un peu cramés le deuxième jour. Mais humainement, c'était une superbe expérience. Tout était très bien encadré par ailleurs, car je voulais que ça soit une équipe de France Développement qui parte. On avait donc un médecin et des kinés. Sur place, tout était bien organisé aussi ce qui nous a permis de faire pas mal de choses, notamment en termes de visites. Pour moi, c'était un sacré challenge, car c'était ma première expérience à l'étranger hors-scolaire.

Les joueurs de l'association Stanislas Sevens à Singapour.

Après Singapour et le Cambodge donc, Maxime souhaite aujourd'hui s'orienter vers de nouveaux horizons :

On attend de remettre ça en place cette année sur le rugby féminin. Nous avons un contact en Afrique du Sud à Pretoria qui pourrait nous permettre de participer au Pretoria Sevens, un tournoi qui vient de se monter. Il se déroule fin août avec beaucoup de pays africains qui souhaitent relancer leur projet à 7. Il a été créé l'année dernière grâce notamment à l'appui des Tuks Ladies, une équipe qui vient sur le Stanislas Sevens depuis 5 ans. On a donc un très bon rapport avec le coach des Tuks, Ryan, et on attend de savoir si on sera invités cette année. On est dans l'idée de partir sur ce tournoi avec une dream team européenne composée de 6 Françaises, 2 Anglaises, 2 Espagnoles et 2 Belges. Mais ça ne reste qu'un projet. Néanmoins, cette année, on veut vraiment faire quelque chose pour les filles, pour remercier entre autres Joanna Sainlo (ancienne joueuse de France 7) qui nous accompagne depuis des années. Ça coïnciderait également avec la Stan7Académie et le développement du rugby féminin.

Pour ce qui est des scolaires, le nouveau projet dans deux ans devrait se dérouler à Nairobi, au Kenya. J'ai la chance d'avoir le contact d'une ONG sur place, Shamas Fondation, montée par un ancien international italien (Eduardo de Paoli) il y a cinq-six ans. Il reçoit des aides financières diverses qui lui ont servies à monter un système collège-lycée avec une vingtaine de Kényans. Il reçoit ainsi des bourses qui permettent aux jeunes de rester à Nairobi pour rentrer dans l'académie rugby et scolaire. Il veut créer désormais un partenariat avec les pays européens pour que ces jeunes puissent continuer leurs études par la suite au niveau universitaire en Europe. J'ai eu ce contact grâce à un ancien élève que j'avais eu à Sciences-Po. Il est désormais revenu en France après avoir passé six mois là-bas. Maintenant, un de mes anciens élèves de Saint-Pierre Chanel qui a fait Sciences-po Paris est également parti au Kenya. On risque donc de faire deux ou trois années sur le continent africain.

Si cela ne suffisait pas, Maxime doit également gérer avec son acolyte Sylvain Mottet le traditionnel Stanislas Sevens, un tournoi qu'ils organisent depuis onze ans à Nancy et qui représente aujourd'hui la première étape du Circuit Élite masculin :

Pour l'instant, nous allons avoir 16 formations présentes sur ce tournoi. Les associations du Circuit Élite, plus quatre équipes invitées : Israël, les Ramblin Jesters, l'Allemagne et l'équipe Stanislas Sevens. Cependant, si certaines équipes venaient à retirer leur participation, nous pourrions nous orienter vers d'autres séléctions comme l'Italie par exemple. Au niveau des filles, on est également très bien. Cette année, on part sur un tournoi type « Rugby Europe ». Le Stanislas Sevens aura d'ailleurs lieu quelques jours avant la compétition officielle (Seven's Grand Prix Series). Il devrait donc y avoir un très gros niveau chez les féminines. On aura également la chance cette année de recevoir deux arbitres japonais et un arbitre russe, en plus de nos arbitres habituels !

L'association Stanislas Sevens ne ménage donc pas ses efforts et montre de belles ambitions pour l'avenir du rugby à 7 en France et à l'étranger. Un projet à Las Vegas est également étudié actuellement par les entraîneurs lorrains...

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