Borthwick joue sa tête, la France son titre
À la veille du choc France-Angleterre au Stade de France, la presse anglo-saxonne est sans pitié pour le XV de la Rose. Entre prédictions catastrophiques, remise en cause du sélectionneur et analyses tactiques cinglantes, la revue de presse de cette dernière journée du Tournoi vire au réquisitoire. Les Bleus, pourtant largement battus en Écosse, font figure de favoris.
France – Angleterre : à quelle heure et sur quelle chaîne regarder le Crunch du Tournoi 2026 ?Pour Planet Rugby, l'ancienne star australienne Jeremy Paul ne mâche pas ses mots. Il prédit que la France très largement battre l'Angleterre et que Steve Borthwick sera limogé dès dimanche soir. "Je sais que les Français vont les écraser. On ne parle pas d'une petite correction, ils vont humilier les Anglais", assène l'ancien talonneur des Wallabies. Seule une victoire pourrait sauver le sélectionneur anglais, selon Paul, qui suggère John Mitchell, vainqueur de la Coupe du monde féminine avec les Red Roses, comme remplaçant idéal.
"Il a perdu le vestiaire" : l'Angleterre au bord du gouffre
L'analyse de Paul est implacable. Les trois défaites consécutives (Écosse, Irlande, Italie) ne relèvent pas du hasard tactique : "Pour moi, les défaites suggèrent qu'il a perdu le vestiaire. C'est leur attitude sur le terrain qui le montre. On ne parle même plus de faire les bases correctement."
Planet Rugby pointe l'effondrement défensif. "Où est passée leur défense ? Ils étaient très agressifs, montaient vite. Tout est question d'attitude", martèle Paul. Une défaite à Paris ne serait pas qu'un revers : la preuve que Borthwick a perdu son groupe.
D'autant plus cruel après douze victoires consécutives. Comment passer d'une telle série à trois défaites, dont une historique contre l'Italie ? La presse britannique répond : mentalité. Quand elle flanche, le sélectionneur trinque.
Le XV de France remanié (en urgence) pour décrocher le titre lors du Crunch face à l'Angleterre"La France garde l'avantage"
Le média sud-africain Daily Maverick scrute ce Super Saturday avec l'œil des Springboks, futurs adversaires de ces équipes en lors de la Coupe des Nations. Jon Cardinelli note que la France conserve l'avantage pour le titre grâce à son match en dernier : "Les Bleus sauront exactement ce qu'il faut faire avant le coup d'envoi. Qu'ils aient besoin d'une victoire d'un point ou d'un bonus offensif, les probabilités sont en leur faveur."
Le journaliste relève l'étonnante volatilité du Tournoi : "Peu auraient prédit la défaite 50-40 à Murrayfield après la domination totale de la France sur l'Irlande, le pays de Galles et l'Italie." Cardinelli insiste aussi sur les enjeux pour Borthwick : "L'Angleterre a déjà écrit l'histoire pour de mauvaises raisons. Si elle échoue contre la France et lors des trois premiers matchs de Nations Championship (Springboks, Fidji, Argentine), Borthwick pourrait être remercié." Pour les Boks qui affronteront la France en novembre, la question reste : "À quel point la France est-elle bonne, et à quel point l'Angleterre est-elle mauvaise ?"
Moefana maintenu : Le "pari" risqué de Galthié ?
Planet Rugby s'interroge sur le maintien de Yoram Moefana au centre. Le Bordelais a vécu un calvaire à Murrayfield, où les Écossais ont percé son canal défensif à répétition. "Moefana a réalisé une performance désastreuse. Il ne peut pas ressembler à un tourniquet en défense une deuxième semaine de suite." Galthié privilégie l'expérience pour ce match couperet puisqu'il sera associé à Barassi avec qui il formait la paire de centres française l'an passé. Le jeune Fabien Brau-Boirie (20 ans) avait séduit, mais il est blessé, tout comme l'autre Bordelais Depoortère. Quant à Gailleton, il est sur le banc.
Le sélectionneur renforce surtout son pack avec Flament-Meafou, le duo toulousain costaud. "La France manquait de puissance à Murrayfield. Contre l'Angleterre qui excelle en mêlée, Galthié a besoin de muscles." Le débutant Temo Matiu (10 kilos de plus que Jegou) s'inscrit dans cette logique. Malgré ses failles, l'Angleterre reste "une nation majeure" sur les phases statiques. Les Bleus devront gagner la bataille physique.
Relever la tête ou s'enfoncer
The Analyst enfonce le clou avec des chiffres impitoyables sur l'Angleterre. Seule la France (50) compte plus d'entrées dans les 22 mètres que les Anglais (48) dans ce Tournoi. Mais les protégés de Borthwick ne convertissent qu'à 2,0 points par entrée — seulement l'Italie fait pire (1,4). À l'inverse, l'Angleterre concède le moins d'incursions adverses (29), mais encaisse un nombre record de points (3,2) par entrée subie. Plus cinglant encore : 44% des plaquages manqués anglais débouchent sur une percée ou un essai adverse.
Pour l'Angleterre, c'est simple : perdre lourdement à Paris pourrait coûter son poste à Borthwick à un an de la Coupe du monde. Jeremy Paul est cash : "Vous allez à une Coupe du monde pour gagner ou juste pour faire des résultats ? Si vous perdez contre la France de manière humiliante, vous devez changer de coach." Le parallèle avec le limogeage de Scott Robertson chez les All Blacks est évoqué : même une belle série de victoires ne protège pas si la trajectoire s'inverse brutalement.
Un Crunch sous haute tension
Pour la France, l'enjeu est double. Sur le plan sportif, il faut l'emporter pour terminer sur une très bonne note et un titre. Et ce qu'importe le résultat d'Irlande/Ecosse. Une victoire dans le Tournoi malgré une défaite (c'est notamment possible avec un double bonus), ferait tâche. Et les médias s'en donneraient à coeur joie.
Sur le plan tactique, Planet Rugby rappelle que les Bleus doivent régler deux problèmes majeurs : la mêlée (11 pénalités concédées, seulement trois gagnées malgré un taux de réussite de 91%) et la défense dans la zone du 12. "Si Moefana rejoue comme à Murrayfield, même une attaque anglaise désarticulée l'exploitera", prévient le média britannique. Rendez-vous samedi au Stade de France. Entre une Angleterre au bord de l'implosion et une France blessée dans son orgueil, le Crunch s'annonce explosif.
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