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Jalibert, Murley, un seul ballon : la règle implacable qui a enterré l'essai français

À la 22e minute, un essai s'est évaporé sous les yeux du Stade de France. La règle du "simultaneous grounding" s'est invitée dans le débat.

Thibault Perrin 20/03/2026 à 14h00
Le "simultaneous grounding", vous connaissez ? C'est la règle qui a effacé l'essai français. On vous la détaille. Crédit image : Screenshot France 2
Le "simultaneous grounding", vous connaissez ? C'est la règle qui a effacé l'essai français. On vous la détaille. Crédit image : Screenshot France 2

Presque une semaine après la victoire du XV de France sur l'Angleterre synonyme de sacre pour les Bleus. Ce match continue d'alimenter les débats. En partie à cause de son dénouement incroyable. Mais aussi en raison de plusieurs actions qui ont soulevé des questions chez les fans et les spécialistes.

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À la 22e minute, et alors que les Tricolores mènent 14 à 10, Matthieu Jalibert joue au pied pour lui-même pour ce qui semble être l'essai du break. Mais il n'est pas le seul sur le ballon. Le corps arbitral ne peut pas prendre une décision sans utiliser la vidéo.

La raison ? Un aplatissement simultané avec l'Anglais Cadan Murley, qui avait lui aussi la main sur le ballon au moment où celui-ci touche l'en-but. Le Bordelais pense avoir fait ce qu'il fallait. Mais les images, et la règle, ne seront pas en sa faveur.

Ce que dit World Rugby sur le double aplatissement

La loi 8 de World Rugby est précise sur ce point : pour qu'un essai soit accordé, un joueur doit exercer une pression vers le bas sur le ballon dans l'en-but adverse, en ayant le contrôle du ballon. Si deux joueurs des deux équipes aplatissent simultanément, aucun essai ne peut être accordé — ni dans un sens, ni dans l'autre.

C'est ce qu'on appelle le "simultaneous grounding". L'arbitre ne peut pas favoriser l'une ou l'autre équipe lorsque la possession du ballon n'est clairement attribuable à personne.

La nuance qui change tout

Dans son analyse hebdomadaire, l'ancien officiel gallois Nigel Owens a apporté une précision fondamentale sur ce cas. Selon lui, la notion de simultanéité ne s'applique pas de la même façon selon que le ballon est libre ou en possession. Si un joueur a clairement le ballon en main et qu'un adversaire pose simplement la sienne dessus au moment de l'aplatissement, c'est le possesseur qui doit être reconnu.

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Mais dans le cas Jalibert-Murley, l'ancien arbitre internationnal rappelle que les deux joueurs semblaient emmêlés sur le ballon, rendant la possession trop ambiguë pour trancher. Impossible, donc, de désigner un vainqueur de cet affrontement à l'en-but.

Dans cette situation, il me semble que le joueur anglais a initialement le contrôle ou la possession du ballon. Ensuite, Jalibert touche également le ballon, et lorsque celui-ci tombe, les deux joueurs sont en possession du ballon, ou du moins le contrôlent. Par conséquent, un aplatissement simultané signifie qu'on ne peut pas attribuer la possession à l'un ou à l'autre.

Pourquoi la TMO ne pouvait pas aller plus loin

La vidéo n'a pas suffi à lever le doute, et c'est précisément là que réside l'enjeu. La technologie permet de ralentir, recadrer, analyser. Mais elle ne peut pas créer de certitude là où il n'y en a pas. Si l'image ne montre pas clairement qui contrôlait le ballon au moment du contact avec le sol, le principe du bénéfice du doute ne joue pas en faveur de l'attaquant : il joue en faveur de la défense, conformément à l'esprit du règlement. En l'absence de preuve, pas d'essai.

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Sur le plan sportif, ce refus a privé le XV de France d'un essai dans un match très tendu qui s'est finalement joué à une poignée de points. Cet épisode remet en lumière un des angles morts de l'interprétation du jeu en bout de ligne.

Les situations d'aplatissement simultané restent parmi les plus délicates à arbitrer, même avec la technologie vidéo. Cela illustre une réalité souvent oubliée : certaines décisions ne sont pas discutables, elles sont simplement indécidables selon les règles en vigueur. Un "essai fantôme", un règlement clair, mais une image qui ne l'était pas assez. Le rugby, dans toute sa complexité.

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