Au coup de sifflet final du Crunch, une injustice a été réparée. Lors de ce 120ᵉ anniversaire de cette rivalité, ce samedi 14 mars, le XV de France a décroché un nouveau sacre européen sous l’ère Fabien Galthié, après sa victoire contre le XV de la Rose (48-46) au Stade de France.
Ce troisième trophée en sept années agrandit le palmarès de certains et crée celui d’autres Bleus, souvent plus jeunes. Parmi eux, une anomalie se présente aux yeux du rugby français : le premier trophée international de Charles Ollivon, ainsi que son premier titre majeur en carrière.
« Irrespirable » : le XV de France signe un doublé mémorable au terme d'un Crunch chaotiqueLe Grand Charles, maudit du XV de France
Aussi fou que cela puisse paraître, l’avant le plus prolifique de l’histoire du XV de France n’avait pas été des épopées victorieuses de 2022 et 2025. International français depuis le 8 novembre 2014, il lui a fallu plus de 11 années de représentation en sélection pour brandir une breloque vers le ciel. Par le passé, cette échéance inéluctable avait été retardée par une rupture du ligament croisé du genou gauche, en juin 2021, puis de la même blessure, mais à l’articulation droite, en janvier 2025.
Malheureux, Charles Ollivon a souvent été victime d’importantes blessures. Il y a quelques années, une retraite anticipée avait même été évoquée à l’international tricolore, en 2017. En 2020, il était même parvenu à obtenir le capitanat du XV de France, avant que ses absences et la qualité d’Antoine Dupont ne l’en délestent. “Ça a été très difficile, mais voilà… Peu importe finalement, parce qu’on a juste envie de savourer ces moments rares, qu’il faut savoir apprécier”, confiait le joueur du RCT à Rugbyrama, après le Crunch.
Discret dans les mots, colossal dans les chiffres : Charles Ollivon, un capitaine sans brassardToutefois, avec une force de caractère remarquable, le troisième ligne est toujours revenu plus fort. Pour montrer sa valeur, il a même accepté de jouer plus régulièrement en deuxième ligne. Dans la cage, ce poste valorise ses qualités de sauteur, mais bride sa capacité à faire parler son explosivité en sortie de mêlée. Pourtant cette utilisation ne l’a pas empêché d’inscrire deux essais, avec le numéro 4 dans le dos, l’un contre l’Irlande et l’autre face au pays de Galles.
À l’issue de la rencontre, le troisième ligne polyvalent a dédié une grosse partie de son discours à l’effort collectif qui se trouve derrière ce titre. Travailleur acharné, il s’est tout de même permis quelques mots personnels, recueillis par nos confrères : “Ça m’est arrivé si souvent de me demander pourquoi ci, pourquoi ça, pourquoi je me suis blessé, pourquoi je n’ai pas pu participer, pourquoi ça m’arrive à moi, qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça… Là, je n’avais qu’une envie, c’était de profiter avec mon fils sur le terrain. Ce sont des moments rares et je me dis qu’au final, c’est mon parcours, et que je n’y changerais rien, pour rien au monde. On n’est que de passage, il faut savoir savourer les bons moments quand ils se présentent.”
‘‘Le meilleur 6 Nations de l’histoire’’ : la presse étrangère enivrée par le XV de France sacré contre l’AngleterreOllivon tient son 6 Nations
S’il voulait profiter avec sa famille, le natif de Saint-Pée-sur-Nivelle a aussi été aperçu en train de célébrer avec certains de ses coéquipiers de club et de sélection. Il a notamment porté le trophée du Tournoi des 6 Nations avec Baptiste Serin. Pour cause, les deux Varois sont les joueurs les plus expérimentés, dont le palmarès avec le XV de France était encore vierge avant le sacre de cet hiver. Le troisième ligne et le demi de mêlée comptent tous les deux 52 sélections avec les Bleus. Rescapés d’une des époques les plus sombres du rugby français, ils ont dû fêter dignement cette reconnaissance bien méritée.
Pour l’ancien de l’Aviron Bayonnais, ce titre semble encore plus gratifiant. Sous l’ère Galthié, le colosse (1,99 m pour 114 kg) a toujours été une pierre angulaire du jeu de son sélectionneur. Avant ultra-mobile, il possède des qualités de vitesse et d’explosivité remarquables. Lors des phases de contre-attaque, il bénéficie aussi d’une excellente lecture du jeu et des espaces à exploiter. Ces forces lui ont permis de devenir le joueur du pack ayant marqué le plus d’essais de l’histoire du XV de France.
En défense, Charles Ollivon est, là aussi, un exemple à suivre pour ses coéquipiers. Régulièrement, le Toulonnais figure parmi les meilleurs plaqueurs des rencontres internationales jouées par les Tricolores. Cet hiver, il a délivré un plaquage toutes les 5 minutes, pour une moyenne supérieure à 10 étreintes réussies par rencontres. “Il est titulaire, cela veut dire beaucoup de choses pour nous. Il a fait des performances de très haut niveau depuis le début du Tournoi. Notre équipe a besoin d’un Grand Charles”, confiait Fabien Galthié avant le déplacement en Écosse, d’après Rugbypass.
"C'est un putain d'athlète" : en 4, 7 ou 8, pourquoi Charles Ollivon est-il indispensable au XV de France ?
Bien content pour lui (et pour Serin aussi). Je regrette qu'on l'ai fait jouer autant dans la cage.
On parle beaucoup de ce match comme un match
héroïque etc ... Certes, il y avait du suspens
et du jeu mais j'ai surtout trouvé les anglais
complètement décomplexé avec un jeu
vraiment intéressant. Je les avais mal jugés.
Mais en ce qui concerne l'edf, je trouve ce
match plutôt inquiétant ... Ouf ... J'ai écrit
plus de 5 lignes ...
Les Anglais c'est un mystère sur ce tournoi.