News

Hanté mais soulagé, le témoignage poignant d’O’Gara après l'incident cardiaque d'Atonio

La fin brutale d’une carrière, mais surtout un immense soulagement : Uini Atonio est vivant. Ronan O’Gara raconte l’émotion de La Rochelle.

Thibault Perrin 30/01/2026 à 16h05
Uini Atonio hospitalisé : l’image qui hantera longtemps Ronan O’Gara. Crédit : RMC
Uini Atonio hospitalisé : l’image qui hantera longtemps Ronan O’Gara. Crédit : RMC

L’annonce a glacé le rugby français et bien au-delà. Victime d’un grave accident cardiaque, Uini Atonio a dû mettre un terme à sa carrière de joueur professionnel. Hospitalisé après des examens approfondis, le pilier du XV de France et du Stade Rochelais va bien aujourd’hui. Mais la situation a provoqué une vague d'émotions dans le monde du rugby.

Très vite, les messages de soutien ont afflué, des clubs français aux géants européens, comme le Leinster, jusqu’aux sélections étrangères, à l’image de l’Angleterre.

L’émotion brute de Ronan O’Gara

Au centre de la tempête émotionnelle, son entraîneur Ronan O'Gara n’a pas cherché à masquer son bouleversement. Sur RMC, l’Irlandais a livré un témoignage poignant : « On avait vraiment peur quand on a vu Uini. On ne savait pas grand-chose sur la gravité de la situation. Donc, on était un peu tous pris par l'émotion et par le scénario. C'était horrible. » Avant d’avouer être « un peu dans un nuage » cette semaine, tant l’image de son pilier, « dans un petit lit avec des fils partout », l’a marqué.

Quand le colosse devient vulnérable

Ce que raconte O’Gara dépasse le simple fait divers médical. « Le plus important, c'est qu'il est vivant », insiste-t-il, en pensant à Annabelle, sa femme, et à ses enfants. « C'est la première fois que je vois Uini un peu sans solution. » Dans un sport où la robustesse est presque un prérequis identitaire, voir un pilier de ce calibre autant affaibli est un électrochoc.

O’Gara parle d’un « champion » qu’il espère revoir dans le staff. Mais il ne peut pas s'empêcher de penser à ce qui aurait pu se passer s'il avait joué le week-end dernier contre Clermont en TOP 14.

Je suis le manager. Imagine si je fais jouer Uini à Clermont. Il se passe quoi ? J'étais proche de faire ça donc... Ce n'est pas facile de digérer ça. J'ai une énorme responsabilité envers mes joueurs. (Source : L'Equipe)

Un écho douloureux : le souvenir d’Anthony Foley

Impossible, pour O’Gara, de ne pas faire le lien avec octobre 2016. Dans sa chronique pour The Irish Examiner, il écrit : « L'image de cet homme imposant, à l'âme indestructible, alité dans un hôpital, restera gravée dans ma mémoire. » Ancien coéquipier d’Anthony Foley, décédé à Paris avant un match du Munster face au Racing 92, O’Gara confie : « Ce qui est arrivé à Anthony Foley aurait tout aussi bien pu arriver à Uini Atonio. » À l’époque, l’autopsie évoquait déjà un trouble du rythme cardiaque. Le parallèle est glaçant.

J'avais le même sentiment avec Anthony Foley, quand j'étais dans le staff du Racing. Malheureusement, il n'est plus là. C'est pour ça que ma femme et moi, on a très peur. (Source : L'Equipe)

Le portrait d’un géant, sur et hors du terrain

Dans cette chronique, O’Gara dresse aussi un portrait rare d’Atonio. « Lorsqu’on utilise des expressions faciles comme “fait d'un bois différent”, Uini Atonio en est l’exemple parfait. L’incarnation même. » Il raconte la scène irréelle de ce colosse branché à des appareils, mais aussi l’homme du quotidien, celui qui payait les sandwichs des jeunes à chaque arrêt, réglait les additions au restaurant. « Je ne connais personne, dans aucun club du monde, qui ait eu l’impact et l’influence d’Atonio à La Rochelle. » Des mots lourds de sens, qui expliquent l’onde de choc ressentie au club.

C'est un homme exceptionnel. Il a une relation spéciale avec chaque joueur, chaque membre du staff. C'est pourquoi tout le monde est vraiment touché.

Une priorité : l’homme avant le joueur

Sportivement, La Rochelle perd un pilier au sens propre comme au figuré. Humainement, le vestiaire est touché en plein cœur. Pour le joueur, l’enjeu est désormais clair : « respecter les consignes du cardiologue et faire un plan pour qu'il ait une bonne vie », comme l’a martelé O’Gara. Plus largement, cette situation rappelle l’importance du suivi médical et la fragilité, même au plus haut niveau. Le rugby moderne, plus exigeant que jamais, ne peut pas ignorer ces signaux.

Au-delà des résultats et des feuilles de match, le rugby se resserre autour des siens. Et aujourd’hui, une seule victoire compte vraiment : voir Uini Atonio rentrer chez lui, entouré des siens, vivant.

On aimerait gagner demain pour Uini, faire un grand match, mais on sait que le sport ne marche pas comme ça. On a besoin d'être professionnel, de se vider la tête. On a aussi besoin de comprendre que c'est une fin de carrière monstrueuse, pas une fin de vie, heureusement. Je suis convaincu qu'après la tempête, on va avoir de beaux jours.

Jak3192.2
Jak3192.2

Quand même stupéfiant que ces gars suivis au plus haut niveau aient des soucis de la sorte...
Le corps reste au delà la médecine de haut niveau actuelle... 🤔


Yonolan
Yonolan

ROG est capable de nous irriter tellement il semble avoir les doigts dans la prise de temps à autre


Mais là il est tellement sincére et poignant dans son temoignage qu'il force le respect


Surement une des plus belles declarations de respect et d'amour à Uini


Et en arriere-plan toutes les interrogations et la responsabilité d'un manager et d'un homme


Fort et touchant


👍 1