À Tbilissi, le 1er octobre, Abdelatif Benazzi, vice-président de la FFR, et Davit Kacharava, président de la fédération géorgienne, ont signé un protocole de coopération. Présenté côté français le 5 octobre, l'accord concerne aussi bien la formation que l'arbitrage, le rugby féminin, la haute performance ou la gouvernance. Les deux nations souhaitent désormais partager leurs savoir-faire dans les deux sens. Mais pour l'heure, aucun programme d'actions ni engagement financier automatique n'accompagne cette signature.
Une histoire commune qui dépasse la mêlée
Ce rapprochement possède déjà de solides fondations. Depuis plusieurs décennies, les joueurs géorgiens garnissent les effectifs français, du Top 14 aux divisions inférieures. Lors du Mondial 2023, 12 des 23 Géorgiens alignés face à l'Australie évoluaient dans des clubs hexagonaux, selon World Rugby. Une proximité qui dépasse largement les relations entre deux fédérations.
Des piliers comme Davit Zirakashvili aux trois-quarts comme Davit Niniashvili, désormais rochelais, les Lelos ont aussi enrichi notre championnat. Et cette circulation des talents pourrait désormais profiter aux éducateurs, préparateurs physiques ou arbitres, sans nécessairement passer par les contrats professionnels.
La France a aussi des choses à apprendre
Car la réciprocité constitue précisément l'originalité affichée du protocole. Observer les méthodes géorgiennes de formation des premières lignes aurait du sens pour les techniciens français. À l'inverse, des échanges autour des écoles de rugby, de la filière féminine ou de l'analyse de la performance pourraient intéresser leurs homologues caucasiens. Ces exemples restent toutefois des pistes, et non des projets annoncés.
La fédération géorgienne affiche d'ailleurs une certaine impatience. Dans son communiqué du 1er octobre, Davit Kacharava évoque une mise en action dès le lendemain de la signature. Une volonté politique manifeste, qui ne s'accompagne néanmoins d'aucun calendrier détaillé dans la communication française.
Un partenariat à l'épreuve des actes
Le contexte mérite également l'attention. Fin septembre, la Géorgie s'est associée au Portugal, à la Roumanie et à l'Espagne dans une alliance destinée à renforcer leur développement et leur influence internationale. Le rapprochement avec Paris s'inscrit donc dans une période d'activité diplomatique importante pour le rugby géorgien.
Reste à connaître les premières réalisations. Combien de stages seront organisés ? Quels entraîneurs, arbitres ou dirigeants pourront réellement en bénéficier ? Sans dates, responsables désignés ni moyens annoncés, difficile encore de mesurer la portée de ce rapprochement. L'histoire commune est déjà bien réelle. Aux deux fédérations, désormais, de lui donner de nouveaux chapitres.
Aucun commentaire pour le moment...