Le XV de France s’est incliné dans un match spectaculaire face à l’Écosse (50-40), mais certaines séquences continuent de faire parler. L’une d’elles est intervenue très tôt dans la rencontre, à la 7e minute, alors que les Bleus étaient déjà menés 7 à 0 après l’essai rapide de Darcy Graham (4e).
Louis Bielle-Biarrey récupère le ballon en bord de touche et tape un petit jeu au pied pour contourner la montée défensive de Finn Russell. L’ouvreur écossais saute pour tenter le contre, puis entre en contact avec l’ailier tricolore, ce qui empêche ce dernier de poursuivre sa course vers un espace pourtant ouvert derrière la défense.
L’arbitre et son équipe vidéo ne sanctionnent pas l’action. Le jeu se poursuit. Quelques minutes plus tard, les Bleus réagiront en inscrivant deux essais aux 17e et 21e minutes. Mais pour certains observateurs, l’action méritait au minimum une pénalité.
Au milieu du marasme, cet "athlète" de 112kg qui a émergé du XV de France en Écosse !Cardona : « Une faute cynique »
Ancien arbitre international et aujourd’hui consultant, Laurent Cardona a livré une analyse très claire de la situation via ses réseaux sociaux. Selon lui, l’action de Finn Russell correspond à une obstruction manifeste : « À la 7e minute, Louis Bielle-Biarrey récupère le ballon, met un jeu au pied pour éviter la montée de travers de Finn Russell. Et là, Finn Russell, qui tente en sautant de contrer Louis Bielle-Biarrey, met son corps en opposition pour arrêter illégalement Louis Bielle-Biarrey. »
L’ancien officiel va même plus loin dans son analyse. « Cette situation est une faute cynique au vu de l'espace derrière Finn Russell, qui était totalement libre avec un Ecossais que l'on voit revenir en urgence. Cette situation aurait mérité une pénalité et un carton jaune. » Autrement dit : pour Cardona, la notion de faute délibérée empêchant une action potentiellement dangereuse est clairement caractérisée.
Ce que dit réellement la règle
Dans les lois du jeu de World Rugby, l’obstruction est définie comme toute action visant à empêcher un adversaire de poursuivre sa course vers le ballon ou vers un espace de jeu. Deux éléments sont généralement observés par les arbitres. D’abord la trajectoire des joueurs. Si un défenseur modifie volontairement sa course pour bloquer l’attaquant sans jouer le ballon, la faute peut être retenue.
Ensuite l’intention et la conséquence de l’action. Si l’action empêche une situation potentiellement dangereuse, l’arbitre peut considérer qu’il s’agit d’une faute cynique. C’est précisément ce point que souligne notre officiel maison Dédé Puiledébut : « La trajectoire est un observable fort. On ne doit pas obstruer volontairement la course de l'adversaire. Pour moi Russell fait un geste qui laisse croire que c'est volontaire. » Le détail qui compte ici : après sa tentative de contre, Russell reste sur la trajectoire de Bielle-Biarrey et entre en opposition corporelle, ce qui freine la poursuite de l’action.
Ce que ça change (ou pas)
Malgré ces éléments, l’équipe arbitrale a estimé qu’il n’y avait pas matière à sanction. On peut entendre l'arbitre du match demander si Russell a changé sa trajectoire. Mais également s'il a modifié sa "body shape", comprenez, la forme de son corps. D'aucuns estiment que c'est le cas. On peut penser qu'une simple pénalité n'aurait pas changé le cours de la rencontre. Puisque les Bleus seraient sans doute allés chercher la touche à 5 mètres. Or, ils avaient déjà la possession à cet endroit après la sortie de Kinghorn avec le ballon devant sa ligne.
Inarrêtable dans le 6 Nations, si ce colosse de 120 kg rejoignait le Top 14 ?On ne refait pas le match. Un éventuel carton jaune à la 7e minute n’aurait pas forcément changé l’issue d’une rencontre où 90 points ont été inscrits. Mais ce type d’action rappelle à quel point l’interprétation des trajectoires et de l’intention reste l’un des points les plus sensibles de l’arbitrage moderne. Dans un rugby toujours plus rapide, ces décisions prises en une fraction de seconde peuvent parfois faire basculer le momentum d’un début de match. Et dans ce France–Écosse totalement débridé, chaque détail comptait.
Comparé à ce que laisse passer l'arbitre avec le geste de Jegou dans le visage voire les yeux d'un joueur écossais, c'est une petite anecdote. Si on finissait à 14 (et sans doute pas avec 40 points ni avec le bonus offensif), il n'y avait pas scandale.
En dehors du fait que la victoire écossaise ne se discute pas.
L'arbitrage a été mauvais sur ce match (y compris l'arbitre video) ! et dans ce domaine L'arbitrage des touches écossaises (aucun lancer dans l'axe du couloir), les mêlées, le gaucher écossais poussait pas dans l'axe ! le grand n'importe quoi dans les rucks (j'ai une action en tête ou Cros prend une pénalité car il rentre sur le côté sur un ruck français) alors que du cote écossais j'en ai vu plein, pas de vidéo sur l'action de Jegou qu'il lui vaut sa citation !
C'est un arbitre du sud qui laisse tout faire comme dans le Super Rugby