Le RCT a passé le cap des huitièmes de finale de Champions Cup dans des conditions spectaculaires. Score final : 28-27 face aux Stormers, avec deux joueurs en moins en fin de partie. Les Varois pensaient avoir fait le plus en menant 28 à 20. Mais une réalisation des visiteurs à la 77e a tout relancé. Sur la dernière action du match, les Sud-Africains ont cru avoir inscrit l'essai de la victoire. L'arbitre a dit non sur le terrain. Le TMO a confirmé. Et Charles Ollivon a été au cœur d'une défense que certains ont contestée.
La décision terrain "pas essai" : le point de départ de tout
Avant d'aller au TMO, l'arbitre a rendu sa décision sur le terrain : pas essai. C'est là que tout commence. Depuis que le protocole TMO entré en vigueur, le rôle de l'assistance vidéo n'est pas de rejouer l'action dans son intégralité. Il est défini par World Rugby comme intervenant uniquement sur du "clair et évident", soit des incidents "peu susceptibles d'être arbitrés autrement". Le texte est explicite : "L'arbitre demeure le principal décideur". L'arbitre garde la main. Le TMO assiste, il ne substitue pas.
Sans image décisive, la décision terrain reste
Concrètement, si les images ne permettent pas de dire avec certitude que le ballon a été aplati, la décision initiale de l'arbitre ne bouge pas. C'est exactement ce qui s'est passé. Le TMO peut intervenir sur l'aplatissement du ballon dans l'en-but ou sur une infraction liée à l'essai, car cela entre dans le champ de la loi 6.15/6.16.
Mais sans preuve nette et indiscutable, il ne peut pas renverser une décision terrain sur la base d'une impression. Pas d'image claire, pas d'essai. La logique est froide mais elle est cohérente. C'est pourquoi l'essai des Stormers n'a pas été accordé ce samedi à Mayol.
Ollivon dans l'en-but : une défense légale
Le deuxième point de débat, c'est la défense de Charles Ollivon sur cette dernière action. Les Stormers ont estimé qu'il n'était pas sur ses appuis et ne pouvait donc pas défendre. C'est une lecture incomplète de la règle. La loi 13.3, qui concerne les joueurs au sol sans ballon, précise clairement qu'elle s'applique "in the field of play", soit dans le champ de jeu. Pas dans l'en-but.
World Rugby l'a même explicitement clarifié lors de la révision des lois de juillet 2022 : cette restriction ne couvre pas "l'in-goal". Dans son en-but, un défenseur peut légalement se placer sous le porteur pour empêcher l'aplatissement. C'est ce qu'Ollivon a (très bien) fait. Une gestuelle qui n'a également pas permis au TMO de "déjuger" l'arbitre après que celui-ci a décidé intinialement qu'il n'y avait pas essai.
"Held up" : quand le ballon est mort
Troisième angle, la loi 21.16. Si le porteur du ballon est tenu dans l'en-but et ne peut ni aplatir ni jouer le ballon, le ballon est déclaré mort. Pas d'essai. C'est le scénario qui s'est présenté. La loi 21.10 précise aussi que les défenseurs peuvent arracher le ballon ou le frapper vers l'arrière lorsqu'un joueur tend les bras pour aplatir. Ils ne peuvent pas le botter, mais ils peuvent bloquer. Ollivon était dans ce cadre légal.
La contestation sud-africaine, aussi compréhensible humainement qu'elle soit, ne tient pas sur le plan réglementaire. Toulon a gagné dans la douleur, à 13 contre 15 en fin de match. Mais sur l'action finale, l'arbitre et le règlement disent la même chose.
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